Jeff Roland Outsider Art

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jeudi 26 février 2009

A la Rencontre de Vitali Zelinski

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Vitali Zelinski est un peintre abstrait résidant actuellement à Toronto au Canada. Il est né en Russie en 1981. sa particularité dans son œuvre artistiques est l'attention extrême aux détails ainsi que l'utilisation d'une palette riche en couleurs. Dans son travail, il passe de l'huile à l'acrylique , en utilisant occasionnellement des couleurs Uv fluorescentes. Dans ses tableaux, on observe des motifs récurrents et des formes presque biologiques, chacun de ces tableaux mettant en scène des éléments suggérant des coquillages, des tentacules, des graines et une diffuse abstraction qui évoque un monde organique marin.

Son travail puise son inspiration dans le courant continu de nos vies, et Vitali, lui, s'inspire volontiers de l'œuvre de Dali, Desmond Morris ou Wassily Kandinsky.

En tant qu'artiste , il s'est fixé comme objectif d'atteindre un flux constant d'inspiration, d'expression et d'évolution.

Quand et comment avez-vous commencé à peindre ?

 Je dessine et je peins depuis l'enfance, tout ce qui est autour de moi. Au début, mes créations représentaient des objets, des scènes, ce qui , d'une certaine façon, restreignait mon imagination. Petit à petit, ces objets me sont apparus de l'intérieur, l'inspiration s'est faite plus interne qu'externe, parfois, j'avais l'impression qu'elle venait de nulle part . Plus tard, je me suis inscrit à une école artistique à Moscou, en 1992, et j'ai passé plusieurs années à suivre un enseignement académique.je passais mon temps à apprendre à dresser des croquis, peindre des natures mortes, les thèmes classiques du réalisme : des fruits, des paysages, etc... . A cette époque mes créations visuelles plus « en dehors » de la réalité n'avaient pas fait leur apparition. Je suis parti au Canada en 2001 et après une période d'adaptation, j'ai repris mon crayon. J'étais plus en phase avec mes sentiments intérieurs, mes propres idées, et cela s'est vu dans mon travail, mes croquis se transformaient en peintures plus facilement, plus rapidement, en utilisant surtout des toiles, des huiles, de l'acrylique et quelques médiums expérimentaux.

Qu'est-ce qui vous a motivé pour en faire votre activité principale ?

 Je suis né ambitieux et inspiré, il me fallait juste du temps pour laisser tout ceci se manifester lorsque j'ai trouvé le médium qui me correspondait.

Aussi brièvement que possible, pouvez-vous expliquer ce que vous tentez de faire ?

 Je laisse tout sortir, je m'exprime, mais je suis sur que c'est ce que dit tout le monde. Je donne ma perception distordue de l'univers, et je mêle tout cela à son tissu infiniment coloré.

Est-ce raisonnable d'être un artiste ?

 Peut-être. Probablement. Dans mon cas, c'est plus que probable.je peux simplement dire qu'il est raisonnable de faire ce que vous aimez, et de vous y mettre à 100% sans regarder en arrière. C'est ce que je fais, bien que je sois bien en deçà de la Raison.

Quels autres artistes vivants aimez-vous ?

Veronika Belianina est une collègue, et il se trouve que c'est une excellente réalisatrice de films, en plus de son talent de photographe. Voici une de ses œuvres.


                                          Anatomy of spring - yellow # 3

Nikon D80    May 2008, Toronto

Je suis absorbé par quelques pièces de sa série de photos, parce qu'elles possèdent les qualités d'une œuvre abstraite. Elle représente toujours la nature, des fleurs, des arbres, de l'eau. Lorsque vous vous concentrez sur les détails, il y a toujours des éléments de la nature qui sont parfaitement rendus, pourtant il y a aussi quelque chose d'indéfini et de flou, qui laisse l'esprit vagabonder.

Comment voudriez vous que les gens perçoivent votre travail ? Est-ce que les réactions du public l'influencent ?

 Je préférerais que le public considère mon travail comme de l'abstraction pure, comme un ensemble de formes indéfinies – ce sont des symboles, mais nécessairement symboliques. Parfois , les spectateurs me pointent un élément réaliste dans mes peintures, souvent un animal ou un objet . La plupart du temps, et devrais-je dire jamais, ce qu'ils voient n'est pas du tout ce que j'ai essayé de représenter. Il s'agit davantage de reflets de ma personne en interaction avec ce qu'ils pensent voir, et qui s'est retrouvé sur la toile. C'est toujours objectif, jamais direct.

Dans quelle sorte d'environnement aimez vous travailler ?

 J'ai besoin d'espace, beaucoup d'espace. La musique m'aide à me concentrer et augmente ma productivité également. On peut le plus souvent me trouver en train de peindre seul, même si un peu de compagnie ne me dérange pas occasionnellement. Je n'ai pas encore eu l'occasion de peindre à l'extérieur, mais je cherche une occasion de le faire à l'avenir, dans un champ ou une forêt. J'attends ça avec impatience car pour l'instant je me calfeutre à l'intérieur, en attendant la fin d'un autre long hiver Canadien.

Est-il nécessaire d'avoir suivi un enseignement artistique ? Et quelles sont les qualités qu'il faut à un artiste ?

 Je crois qu'il est nécessaire de posséder quelques bases, que ça soit en suivant un cours ou en passant un diplôme. Cela permettra de donner force à votre talent et de l'étendre. Cela dit, cela devrait être associé à l'expérimentation, l'intuition et un peu de spontanéité. Je pense reprendre des cours à l'avenir, mais j'ai des raisons personnelles pour ceci.

Laquelle de vos œuvres voulez-vous présenter à nos lecteurs ?


Symbiosis 3

Medium : Huile, Acrylique , latex sur toile

Taille : 76cm x 76cm

Année : 2009

 C'est la première peinture d'une nouvelle série. J'ai réalisé quelques peintures sur ce thème ici et là, et à présent je désire l'explorer dans un série complète.

A Quoi travaillez-vous en ce moment ? Avez-vous des projets ?

 J'ai toujours des projets ! En ce moment, j'organise une exposition qui aura lieu le mois prochain et je travaille également à d'autres séries pour les prochaines expositions. L'œuvre que je vous ai présenté plus haut fait partie de l'une d 'entre elles .

mercredi 7 janvier 2009

A la Rencontre de Rebeka Rodosek

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Lorsque j'ai découvert la peinture de Rebeka Rodosek, je me suis demandé dans quel musée j'avais déjà vu ces tableaux-là, et la réponse était ... dans aucun musée, puisque j'avais devant moi des œuvres originales de type surréaliste, montrant une imagination exubérante et un talent exceptionnel pour la représenter. I l s'agissait de compositions complexes sur de très grands formats, ainsi que des travaux très originaux en trois dimensions, véritables sculptures sur toile, je n'arrivais pas à comprendre comment un pareil talent était resté dans l'ombre de cette façon. Ainsi, j'ai décidé de la contacter afin d'en savoir davantage et ce qui est plus important, pour que vous puissiez apprécier ses magnifiques peintures....

Quand avez vous commencé à peindre, Rebeka ?

J'étais une enfant très turbulente, pleine d'énergie et je n'écoutais jamais ce que ma mère me disait. Je ne me souviens plus quel age je pouvais avoir lorsqu'elle m'a donné des crayons de couleur et du papier pour la première fois et m'a demandé de dessiner. Elle avait trouvé là la formule magique pour me calmer. Je pouvais dessiner des heures durant et m'amuser ainsi. A 15 ans, j'ai eu des huiles et des toiles, et j'ai commencé à peindre des portraits, ce que j'aimais par dessus tout. J'ai même vendu quelques portraits d'enfants à l'époque. On peut dire que je me suis réellement investi dans l'art à cette époque-là

Qui vous a transmis la motivation nécessaire à en faire votre activité principale ?

Mon père, disparu aujourd'hui, était ingénieur en mécanique et adorait dessiner. Il avait remarqué mon talent très tôt et disait que j'étais un génie. Il en était fier et j'espérais pouvoir aller dans ce sens. A la maternelle, et plus tard à l'école, j'ai toujours bien réussi dans les classes d'arts plastiques. Je voulais que le désir de Papa se réalise.

Le plus brièvement possible, comment décririez-vous votre démarche ?

J'essaye de peindre les expériences qui se présente sur mon chemin .Je crois que la vie de chacun est unique, que c'est un voyage dans lequel les gens jouent des rôles différents et créent toutes sortes de situations que j'essaye de saisir dans mon travail. La vie nous donne des leçons et nous ouvre les yeux.

Quel est le rôle d'un artiste dans la société d'aujourd'hui ? Quelle est son influence ?

Selon moi, un artiste devrait montrer la société dans toute sa diversité, et de la manière la plus authentique possible, avec un sens profond du beau afin que les gens prennent plaisir à regarder. J'espère que certaines de mes toiles aident les gens à voir les choses et à y réfléchir .

Est-ce bien raisonnable d'être un artiste ?

Si vous avez une âme d'artiste, vous serez probablement malheureux dans une autre profession. Peut-être que l'art n'est pas essentiel à la survie, mais il enrichit nos vies et la rend belle. Sans Art, la vie serait morne et ennuyeuse.

Quels autre artistes admirez vous, actuellement et dans l'histoire de l'art ?

J'aime des tas d'artistes et toutes sortes de styles , mais j'adore tout ce qui demande de gros efforts.J'aime aussi beaucoup les peintures très colorées. Heidi Taillefer m'a captivé. Ses travaux sont superbes.

Parmi ceux du passé , j'en admire beaucoup, Leonard de Vinci, Botticelli, Dali, Klimt, Frida Kahlo....

Heidi Taillefer –Complicated Shadows

Comment voudriez-vous que les gens regardent vos œuvres ? Et quelle influence ont les réactions des gens?

J'aimerais que les gens puissent voir l'histoire qui se cache derrière la peinture, parfois cela permettrait d'éviter certaines situations. Cela me choque toujours de voir quelqu'un s'énerver à prouver Qu'une peinture n'est pas assez bonne.

Une critique négative me touche à coup sur. Pour cette raison, j'ai même abandonné la peinture pendant six mois à une époque, mais l'impulsion intérieure est toujours la plus forte au final.

 Dans quel environnement aimez-vous travailler ?

J'aime travailler dans une ambiance de calme.

Est-ce qu'il est nécessaire , selon vous, d'avoir suivi un enseignement académique, et quelles sont les qualités qu'un artiste devrait posséder ,

Je pense que l'art est un don du ciel et vient du cœur. Il est donné à ceux qui savent comment l'apprécier. Il vous suffit d'écouter votre voix intérieure. Un artistes doit posséder des qualités humaines, en particulier l'amour de la création. Et il n'a pas d'école pour cela.

Quel œuvre avez vous choisi de nous présenter ?

Material World :  J'ai choisi cette toile, parce qu'elle est la plus appropriée pour répondre à notre monde de gloire, de réputations, de luxe, dans lequel l'argent gouverne tout, alors que le bonheur se trouve dans une vie simple et modeste.


A quoi travaillez-vous en ce moment ?

Je travaille à des petits formats. J'avais perdu pas mal de motivation en raison de la situation des marchés, c'est pourquoi mes grandes toiles restent inachevées .

Je voudrais créer davantage et tester d'autres techniques, et bien sur, exposer ici et à l'étranger. Jusqu'ici, les gens peuvent voir mon travail sur les sites

http://beckartline.deviantart.com/  et http://artshouston.ning.com/profile/RebekaRodosek

Quel message destinez vous aux gens qui n('ont jamais été dans un musée ou une exposition ?

Dans notre vie moderne précipitée, il vous suffit de vous arrêter un instant et de vous ouvrir à la beauté qui se vous attend dans les musées et les galeries. Ainsi , vous élargirez votre horizon et contribuerez à votre développement personnel ainsi qu'au développement de la société toute entière.

Et qu'avez-vous à dire aux lecteurs de ce blog ?

Je pense qu'un artiste doit suivre sa vocation. Un écrivain slovène expliquait : “ L'Art est un flux merveilleux. Il peut surmonter tous les obstacles sur votre chemin pour pouvoir transmettre son message.”

Je remercie vivement Rebeka Rodosek de nous avoir fait l'honneur de venir ici, et je voudrais signaler à nos lecteurs que je recevrai Rebeka Rodosek à l'automne 2009, à Liverdun, au Château Corbin, pour une exposition de son travail, mais je vous en reparlerai, ainsi que du reste du programme de cette année 2009 pendant laquelle la ville de Liverdun et moi-même auront le plaisir d'accueillir de nombreux artistes.

j'en parlerai bientôt ici, ainsi que des excellents manifestations qui se préparent du coté de chez mes amis de la Maison du Béal.

Si vous m'avez retrouvé ici sans me trouver sur facebook, sachez que je me suis fait "éliminer" ou "effacer", je ne sais pas quel est le terme, mais que je compte revenir bientôt.

jeudi 18 décembre 2008

A la Rencontre de Sophie Dunér

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Pour la première fois, j'ai choisi de vous présenter une artiste qui s'exprime par la musique: Sophie Dunér est une artiste suédoise de grand talent, et sa voix nous emmène loin des sentiers battus, exprimant en toute liberté son originalité et sa créativité. Ses compositions passionnées sont résolument vivantes et vivifiantes, sensibles et explosives. Entrez vite dans son univers, et laissez vous porter par sa voix unique . C'est assurément une artiste à suivre de prêt que je vous propose de découvrir dès maintenant.

Quand avez vous commencé à faire de la musique ?

J'ai commencé à jouer du piano à l'age de 6 ans avec comme professeur Carl Tillius et j'ai commencé à chanter à l'age de 14 ans à la Stage school, dans les deux cas à Gothenburg en Suède. Puis j'ai poursuivi mes études musicales autour de 19 ans au Berklee College de Boston, aux Etats-Unis. Un peu plus tard, j'ai participé au cours d'été de musique de Stockhausen à deux reprises en Allemagne.

Qui ou qu'est-ce qui vous a motivé pour en faire votre principale activité ?

Personne. Je ne me souviens pas pour quelle raison, peut-être simplement parce que je ressentais le besoin de créer. Je peins également depuis que je suis petite.

Aussi brièvement que possible, pouvez-vous nous expliquer ce que vous essayez de faire ?

J'essaye de créer et de jouer qui exprime les formes d'énergie et de sentiments qui me traversent et que je ne peut faire ressortir dans la vie de tous les jours, la vie réelle. L'énergie, les contrastes, la rébellion, le beau , le vicieux; la rêverie, la tension, l'explosion, et ainsi de suite. Des paroles qui sont à la fois laides et magnifiques. En tant que personne, je suis assez « double », j'ai toujours deux faces à chaque chose et cela ressort dans la musique aussi. Cela peut paraître très orienté sur l 'égo, de vouloir exprimer quelque chose de très personnel mais je suppose que tous les artistes le font, non ? Ou peut-être que les plus 'classiques' sont moins tournés vers l'égo, jouant ce que les gens veulent entendre. Mais , si tout va bien, je pense que je peux toucher certaines personnes... certains de mes morceaux ne sont pas réellement 'classiques' et plus 'partis', et on pourrait les étiqueter comme 'mentaux' ou 'intellectuels', et lorsque ça arrive , j'essaye toujours d'être aussi expressive, folle et passionnée que je le peux, car je pense que lorsque vous entrez dans ce type de musique, il est très important d'être expressif et primitif, sinon tout cela reste froid et ennuyeux.

Quel est le rôle d'un artiste dans la société d'aujourd'hui à votre avis ?

Voilà une chose à laquelle j'ai beaucoup réfléchi ces derniers temps, à quoi sert un artiste ? Est-ce qu'on contribue à aider le monde ? Est-ce que moi, j'y contribue ? Je ne peux pas vraiment répondre. Je pense que je peux un peu influencer les choses avec mes paroles, lesquels sont volontiers polémiques et ironiques lorsqu'il s'agit de l'égalité entre l'homme et la femme. Je me moque du comportement des hommes, et dans certaines chansons , je suis assez critique, comme dans « Jack the Ripper », ou « Captain Crunch »

Est-ce que c'est raisonnable d'être une artiste ?

Et bien, si ça a une quelconque influence sur le monde, si les gens apprécient la beauté, ou ressentent n'importe quel sentiment fort, alors oui, mais, je pense qu'il y a beaucoup de musique ou d'art qui n'est pas vraiment nécessaire sur le marché, et qui nous est imposé partout autour de nous. Je pense qu'il y a un gros malentendu sue ce qui est beau. Enfin, qui peut juger ce qui est bon ou pas ? Ce n'est que mon opinion.

Quels autre artistes aimez-vous ? Dans tous les arts ?

J'aime Stravinsky, Schoenberg, Alban Berg, Bartok, Le Kronos Quartet, Frank Zappa, David Bowie, Björk, Kurt Weill, Hans Eisler. Et pour les peintres ; Egon Schiele, Sigrid Hjertén, Edward Munch

Les lecteurs peuvent écouter par exemple un morceau du Kronos Quartet sur leur page

 http://www.myspace.com/kronosquartet


Comment aimeriez-vous que les gens réagissent à votre musique ?

Les gens me disent souvent que c'est original, et j'aime assez ça. Ils disent également que c'est rempli de passion, de sang et de vie, et ça me plait aussi. Les gens qui aiment quelque chose de plus attendu semble être dérangé par ma musique parce qu'il n'arrivent pas à la mettre dans une case, mais ça ne me dérange pas.

Est-ce qu'il faut avoir suivi des cours académiques pour faire de la musique ? Quelles qualités sont nécessaires à un artiste selon vous ?

J'ai reçu une éducation de ce type mais je ne pense pas que cela soit nécessaire, les deux se valent. Je pense qu'il faut être sensible, intuitif, polémique, en colère, créatif et un peu enfantin. Aussi, je pense qu'il faut bien comprendre ce que signifie le verbe « jouer » - comme l'a dit le musicien Sun Ra, on ne devrait pas oublier que jouer d'un instrument devrait être comme jouer, dans le sens où l 'on joue ensemble pendant l'enfance.

Quel morceau voulez vous présenter à nos lecteurs ?

http://www.myspace.com/sophiedunerstringquartet


A quoi travaillez vous en ce moment ? Quels sont vos projets ? Et où peut-on trouver vos albums ?

En ce moment , je termine le pressage d'un album que j'ai enregistré cet été, sur lequel figurent mes chansons avec voix et quatuor à cordes, et il s'intitule «  The City of my dreams"

Pour l'instant, il n'est disponible qu 'en me contactant mais bientôt vous pourrez entendre l'album sur Myspace et bientôt l'acheter sur amazon.com ou CD Baby

Avez vous un message pour ceux qui vont rarement à une exposition ou un concert ?

Soyez ouverts sans trop critiquer au départ. Parfois, ce qui nous paraît laid au début peut se révéler être très beau.

Et pour les lecteurs de ce blog ?

Soyez ouverts et gardez un esprit d'enfant.

Voilà, vous voyez ce qu'il vous reste à faire,

allez vite écouter Sophie Dunér  http://www.sophieduner.com/

et n'oubliez pas de la contacter pour obtenir son tout dernier album, et moi, je vous retrouve demain.

jeudi 11 décembre 2008

A la Rencontre de Chor Boogie

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La magie de Chor Boogie se déploie dans des univers flamboyants, à travers de puissantes ondes de couleurs. Son imagination débordante nous entraine vers ce que nous avons de meilleur : notre capacité à nous émerveiller. Il s'exprime d'une manière aussi convaincante au pinceau qu'à la bombe, sur des surfaces allant de la toile à de grands bâtiments , et c'est à chaque fois une nouvelle surprise tant son oeuvre artistique épouse les formes et les environnement. Demandé aux quatre coins de la planète, Chor Boogie j'en suis sûr , va vous charmer, vous faire voyager, vous soigner, vous accueillir. Un peintre à ne pas manquer assurément, qui nous fait le plaisir de répondre à quelques questions ici.

Quand et Comment avez-vous commencé à peindre, dessiner, sculpter etc...?

J'ai entamé mon parcours artistique à l'age de cinq ans, c'est à ce moment-là que mon professeur de maternelle m'a confié un pinceau, un énorme bloc de papier et un chevalet, alors j'ai commencé à peindre.... je l'ai regardée et je lui ai annoncé : « quand je serai grand, je vais être un artiste ! ». En ce qui concerne la peinture en bombe, je m'y suis mis vers l'age de 10 ou 11 ans : je voyais partout les oeuvres peintes sur les aqueducs, ainsi que dans des livres que je trouvais à la bibliothèque, alors j'attrapais une bombe de peinture et c'était parti ...

       Qu'est-ce qui ou Qui a motivé votre décision d'en faire votre principale activité ?

 Je dirais que c'est l'immense sentiment d'Amour : lorsque j'ai bien compris ce que c'était et que c'était le lien entre les oeuvres que je crée et moi, donc c'est bien l'Amour qui est la plus forte motivation. Pour ce qui est de ce qui ou qui m'a décidé, c'est principalement, enfin, j'ai mes influences...inspirées par des artistes de référence dans l'histoire de l'art ... Michel-Ange...Dali...Gustav Klimt. Et les artistes qui travaillent à la bombe de peinture comme apex, vulcan, phase2, pose2, coma, libre ou encore sake ...

Le plus brièvement possible, comment décrivez vous ce vous faites ( ou essayez de faire) ?

J'essaye de peindre pour créer de belles œuvres d'art et inspirer le monde à travers la thérapie des couleurs.

Quelle est la place d'un artiste dans la société d'aujourd'hui à votre avis ?

 Le rôle de l'artiste est ce qu'il est en fonction de l'artiste, c'est donc à l'artiste de définir son rôle... mon influence va grandissante.

  Être un artiste, est-ce bien sérieux ?

 je le pense, même si cela dépend de vos intentions en tant qu'artiste.

Quels autres artistes aimez vous ? Pouvez vous commenter votre choix?

 J'aime tous les artistes, vivants et disparus ... celui que j'admire, c'est Gustav Klimt, c'est l'un des Grands maitres qui a influencé ma vie artistique.



Comment aimeriez vous que l'on regarde vos œuvres ? Quelle réaction vous a le plus marqué ?

 Mon public est d'une importance vitale mais si l'on veut parler de leur perception de mon travail, c'est quelque chose qui les regarde ...c'est une sorte d 'équilibre réalisé, ce n'est ni bon, ni mauvais, en comprenant bien qu'inconsciemment cela a des effets thérapeutiques, que le sentiment ait été positif ou négatif, vous avez tout de même un sentiment, et c'est ce qui a le plus d'influence sur l'inspiration.

Dans quel environnement aimez vous travailler ?

 Je m'adapte à l'environnement, j'en ai testé de très différents, mais à chaque fois, c'est l'artiste qui donne sa cohérence à l'environnement.

Est-ce que le fait d'avoir une formation académique est nécessaire ?

Je suis l'exemple parfait de quelqu'un qui n'a pas suivi d'enseignement académique, j'ai décidé d'étudier par moi-même et apprendre les arts, avec la méthode d'essai et erreur aussi...mais si vous en avez la possibilité...faites le...je pense que vos qualités se verront dans vos créations, ainsi que dans la signification et la compréhension de celles-ci , ainsi vous saurez si vous êtes réellement un artiste.

Pouvez vous commenter l'œuvre choisie ?

 je vous présente ma dernière œuvre tirée de la série Romantisme ... une série à l'intérieur d'une série que je vais créer, et cette oeuvre en particulier est la première sur quatre, et pour moi, elle exprime la force de nos reines, grâce à un imaginaire fait d'expressions puissantes et immémoriales mélangé à la magnifique férocité du tigre, on voit apparaître la belle force de la femme, liée à des perspectives abstraites de formes géométriques, à l'imagination, l 'émotion, la thérapie des couleurs, sa nature est romantique.



Sur quoi travaillez vous en ce moment ? Avez vous des projets ?

 Vous pouvez voir mon travail sur mon site web www.chorboogie.com , quelles que soient vos demandes, contactez moi, j'ai des idées, je travaille avec d'autres pays à un projet de land art avecsharjah, je suis également impliqué dans une création collective nommée ALBUS CAVUS consistant à créer l'installation de land art la plus grande au monde, encore à l'état de projets pour le moment.

Avez vous un message à faire passer aux lecteurs (nombreux on l'espère ) de ce blog ?

Si votre objectif est de figurer dans les galeries et les musées, n'abandonnez jamais, croyez simplement au fait que vous y serez, et vous attirerez les événements ... et à tous les lecteurs, croyez en ce que vous faites, quoi que vous fassiez !



jeudi 20 novembre 2008

A la Rencontre de Chrystèle Saint-Amaux

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J'ai fait la connaissance de Chrystèle Saint-Amaux en voguant sur les mers de l'imaginaire, c'est là qu'on peut la trouver. Dans ses univers, tout semble là pour vous accueillir, vous réconforter : les personnages naïfs qui s'amusent entre eux, les couleurs , si harmonieuses et apaisantes, c'est l'univers d'un rêve. Mais ne vous y trompez pas, lorsqu'on se penche sur les détails, on voit apparaître mille surprises, les fonds eux-mêmes sont autant d'univers parallèles. Il y a un coté Petit Prince dans son œuvre, sauf que le petit prince serait ici nourri de couleurs, pétri de références artistiques et de sens esthétique. Assurément, c'est bien de talent qu'on parle ici, celui de nous entraîner précisément là où elle veut qu'on se rende : vers l'insouciance des rêveries enfantines. Mais accueillons plutôt l'artiste ...

Quand et Comment avez-vous commencé à peindre, dessiner, sculpter etc?

J’ai toujours tenu un crayon, du plus loin que je me souvienne en tout cas. Cette activité ne m’a jamais quittée, comme un compagnon fidèle ! Mes premiers cours de dessin ont été pris vers l’âge de 8 ou 9 ans à Douala au Cameroun où ma petite enfance s’est déroulée. Parallèlement à l’expression par le dessin, je suis aussi absolument fascinée par l’image. J’ai passé des heures à feuilleter les mêmes livres illustrés dont je garde énormément de flash en tête aujourd’hui encore. Petite fille, on m’a rapporté, que j’avais découpé dans une grosse encyclopédie un magnifique papillon. Je me suis souvenue qu’il était bleu récemment ! Une belle bêtise à l’époque ! Je me sert du dessin et des images pour exprimer mes sentiments et surmonter mon tempérament un peu angoissé. Je suis un peu touche à tout et le dessin a évolué en aquarelle, puis en collage, puis en acrylique et je prends aussi souvent des chemins détournés en créant des colliers ou d’autres oeuvres à base de couture... Une maman passionnée, en son temps, de patchwork, un papa bricoleur de génie et accumulateur, un papy un peu artiste au fond doivent être la cause de ce besoin incroyable d’exister en créant, en donnant vie à de nouvelles choses encore et encore !?

Qu'est-ce qui ou qui a motivé votre décision d'en faire votre principale activité ?

Tout d’abord, ça n’est pas vraiment mon activité principale aujourd’hui et je le déplore car mon but est de pouvoir en vivre. Concernant la décision d’en faire une partie intégrante de ma vie, là, c’est un peu long à expliquer ! Je n’exprime mon art et n’en suis fière vraiment que depuis peu de temps en fait (2006). Cette capacité à montrer mes travaux m’est venue et finalement devenue nécessaire grâce à la combinaison de deux facteurs qui ont permis à ma vie de changer totalement :

      - d’une part la fin d’un travail d’introspection entreprit suite à de fortes crises d’angoisse incontrôlables et invivables... Je ne m’autorisais pas à être ce que je suis au fond, je n’acceptais pas d’être constamment en quête de créativité, je n’assumais pas mon addiction profonde pour la création.

      - d’autre part les encouragements et le soutien de mes proches, famille ou amis, qui ont cru en moi et poussé à exprimer mon travail un peu singulier en dehors des murs de ma maison.

Petit à petit la confiance en soi naît et j’avoue qu’aujourd’hui mon univers me permet d’exister et de m’épanouir harmonieusement.

Le plus brièvement possible, comment décrivez vous ce vous faites ( ou essayez de faire) ?

J’essaie de transmettre ce que je ressens ou l’idéal auquel j’aspire en ne quittant jamais des yeux l’enfant que j’ai été. Je veux pouvoir offrir à tout ceux qui découvrent ma peinture l’INSOUCIANCE et la SPONTANEITE, ma quête, cette capacité extraordinaire à n’être pas toujours conscient de la réalité qui nous entoure : comme celle des enfants souvent. C’est d’ailleurs les dessins d’enfants avant 5ans qui m’inspirent le plus et dont j’essaie de retrouver les tracés maladroits. Bien que remplis de déséquilibres, de maladresses, d’incongruités et d’associations de couleurs improbables, les dessins d’enfants sont toujours harmonieux.

Quelle est la place d'un artiste dans la société d'aujourd'hui à votre avis ?

Je crois que les artistes d’aujourd’hui comme ceux de toujours d’ailleurs sont des miroirs, des gardes-fous, des alertes, des témoins, des provocateurs... bref, les artistes sont le reflet d’une époque et à mon sens apportent à chaque fois du renouveau. Ils sont des empêcheurs de tourner en rond et évitent à autrui de devenir comme un poisson rouge dans son bocal !

Être un artiste est-ce bien sérieux ?

Justement, cette question a longtemps été mon gros problème ! Ce qui est sûr c’est qu’il faut être artiste ou tenter de l’être lorsque le besoin est là. Pour être plus terre-à-terre, j’ai tendance à dire que ‘Oui’, c’est très sérieux. Surtout lorsque l’on voit l’énergie qu’il faut avoir pour développer son travail... recherches d’expo, de galeries, accrochages et décrochages, vernissages, présence web... outre l’aspect créatif qui est pourtant le propre de l’artiste, il doit également être comme un véritable entrepreneur et se battre pour exister !

Quels autres artistes vivants aimez vous ? Pouvez vous commenter votre choix?

Paradoxalement les peintres que je retiens et qui me fascinent totalement sont viennois tous les deux et plus là malheureusement. Le premier est Gustav Klimt, incroyablement moderne pour son temps : ce qui me plait dans sa peinture est le mélange des portraits traités de façon très impressionniste à mon sens et les détails décoratifs de ses œuvres, toujours très graphiques avec des formes et des couleurs vraiment actuels. Ce qui m’impressionne chez lui, outre l’association magnifique des couleurs notamment des ors, ce sont les thèmes de sa peinture et sa capacité à représenter les liens entre naissance et mort, entre mère et enfant... Le second est Hundertwasser, un contemporain pour ainsi dire car il est mort en 2000. Lui-même influencé par Klimt me semble t-il, sa peinture ressemble à ce que je veux faire passer, elle est insouciante, les traits et les couleurs sont enfantins… Il y a un pont entre son travail et ce que je cherche à transmettre à travers le mien.

Une contemporaine qui me fascine vraiment et que j’ai découverte à travers les interviews de votre blog, Cristine Cambrea. Très impressionnante dans sa façon de travailler et de parler de son art. Très belle découverte pour moi avec ce côté un peu hallucinatoire. Merci Jeff.

       

Comment aimeriez vous que l'on regarde vos œuvres ? Quelle réaction vous a le plus marqué ?

J’aime voir les gens regarder mon travail, l’observer de prés, prendre leur temps pour tout distinguer ; mes œuvres sont souvent remplies de détails que l’on découvre au fur et à mesure que l’on observe le tableau notamment par l’apport des collages qui constituent souvent mes fonds. J’aime que l’on regarde un de mes tableaux et que cette découverte amène un sourire, une gaieté ou une nostalgie. Mon pari est réussi lorsque cela arrive car je sais alors que j’ai touché en offrant ce petit moment de bonheur insouciant et spontané.

Quant aux réactions, elles sont le plus souvent positives mais deux personnes m’ont vraiment surprise. La première fut une réaction très expressive, très volubile, me disant que le bonheur et la joie de vivre lui explosaient à la figure à travers l’oeuvre ! C’est fort quand même ?! On aurait dit un vrai coup de foudre entre elle et l’oeuvre, comme une attirance irrépressible. La seconde réaction que j’ai rencontrée fut celle des larmes, très touchante car très touchée par mon travail, cette personne fut émue à ce point. C’est un souvenir ineffaçable.

 Dans quel environnement aimez vous travailler ?

J’aime, le plus souvent, être accompagnée par la télé, la radio, les enfants qui vivent leur vie à côté en jetant un oeil de temps en temps et en m’aidant de leurs avis. Mais la solitude peut m’aider à travailler sur des œuvres de grandes tailles, plus difficiles à produire pour moi car j’aime le détail et les petites choses. L’inspiration est une chose vraiment spéciale et mon besoin d’être seule ou accompagnée dépend vraiment d’elle.

 Est-ce que le fait d'avoir une formation académique est nécessaire ?

Tout dépend de l’art que l’on exerce ! Mais je dirai plutôt ‘non’, étant parfaitement autodidacte moi-même. Le besoin de création est parfois si fort que la compétence ou l’apprentissage de techniques n’est plus vraiment la chose essentielle.

Pouvez vous commenter l'œuvre que vous avez choisi ?


C’est une de mes œuvres les plus récentes. Mon travail oscille entre des aquarelles simples sur papier de coton et des collages plus denses. Ici, il s’agit de techniques mixtes sur collage, le tout sur toile. Cette œuvre s’intitule “Le Pêcheur d'enfants” (80x80cm), caché en tout petit, en haut à droite dans les cieux. Personnage discret mais pourtant bien là. Bien que le titre soit effrayant (on me l’a fait remarquer), j’ai tenu à le conserver car il évoque le monde des contes de notre enfance comme Barbe Bleue ou Le Petit Chaperon Rouge... des histoires terrifiantes mais constructrices pour grandir... et puis, le monde dans lequel on vit, nous délivre, avec l’omniprésence médiatique, tout plein d’histoires  horribles et cruelles autour des enfants (aujourd’hui encore). Une œuvre traitée comme un contre sens à mon message de fond habituel, l’insouciance.

Sur quoi travaillez vous en ce moment ? Avez vous des projets ?

Je poursuis mon chemin de la création en m’attaquant à de grands formats et en variant les plaisirs en bricolant tout plein de trucs différents. Ma maison est mon cocon et j’avoue que je suis un peu bricol’woman ! ...quant le temps me le permet !

Vous pouvez bien entendu venir voir mon travail sur mon site  www.latelierdezebulon.com

                                                      

    Avez vous un message à faire passer aux lecteurs (nombreux on l'espère ) de ce blog ?

Oui, celui d’aller de l’avant, de toujours chercher dans tout, la petite étincelle qui brille et réchauffe. Mon message est celui du positivisme coûte que coûte. Mon message est celui de s’autoriser à vivre nos envies même si elles sont loin des conventions. Mon message : existez en donnant le meilleur de vous-même.

vendredi 31 octobre 2008

A la rencontre de James Dillon Wright

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James Dillon est de ceux qui croient fortement que c'est à nous de prendre notre destin en main, et sa peinture l'exprime avec force. Dans un style flamboyant et percutant, il réinvente l'art du portrait en s'appropriant ce que la peinture de ces 30 dernières années a produit de meilleur : pop art, abstraction, graph, ce peintre ultra doué invente toujours un peu plus loin. Et si c'est à Las Vegas qu'il a passé une grande partie de son temps, il s'est installé en Italie, ou l'influence des grands maitres n'a pas tardé à transparaitre dans son travail toujours plus fouillé et subtil. A coup sur, James Dillon Wright vous surprendra par son inventivité, ne passez pas à coté !

Quand avez-vous commencé à peindre et dessiner ?

Je crois bien que mes dispositions artistiques dérivent de ma capacité à tracer des cursives avant même d'avoir mis les pieds à l'école. Et ça, je le dois à ma belle mère . Je lui ai demandé de me montrer comment écrire lorsque j'ai vu que mon frère allait à l 'école.Puis j'ai commencé à faire des bandes dessinées. Vers l'age de 12 ans, j'ai écrit à Marvel Comics pour leur demander conseil sur la façon de devenir un auteur de bandes dessinées. Et ils m'ont vraiment répondu, ce qui m'a donné le courage pour continuer à gribouiller. Bien sur, d'autres choses m'ont influencé, comme le fait que ma mère ait été graphiste, et que mon père me fasse suivre des cours privés par le prof de dessin de l'école.

 Et comment en êtes-vous arrivé à en faire votre activité principale ?

En suivant l'exemple d'un ensemble de gens. D'abord et surtout mes idoles, des gens comme Salvador Dali, Walt Disney, Picasso , Temara de Lempicka, la liste est longue. Mais les grands artistes n'ont pas été les seuls à me rapprocher de la toile. J'admirais aussi beaucoup d'acteurs et de musiciens. Pour en citer quelques uns , James Dean, Marlon Brando, Marilyn Monroe, Clint Eastwood ou Kurt Cobain. Ils m'ont surtout insufflé l'envie d'être très bon dans ce que je ferais. Et puis il y a aussi mes proches ( ceux qui croyaient en moi). Ceux qui étaient là pour me donner une de ces tapes dans le dos qui fait toujours autant de bien. Et pour dire vrai, un peu de foi en moi-même. Ce qui constitue la motivation standard lorsque personne ne croit en vous, non ?

 Tout à fait, alors si vous deviez résumer brièvement ce que vous tentez de faire, que diriez-vous ?

J'essaye de laisser une trace.

 Quelle est le rôle d'un artiste aujourd'hui, croyez-vous avoir une influence sur le monde ?

Nous n'avons de valeur qu'en fonction des risques que l'on prend. En tant qu'artistes, nous avons assurément un impact sur cette Terre. Nous sommes les révélateurs de notre Époque, et les interprètes du monde dans lequel on vit. Certains d'entre nous ont même la chance de pouvoir lui donner forme. Ce sont ceux qu'il nous faut bien regarder. C'est le type d'artiste que j'essaye de devenir.

 Alors, être un artiste, c'est quelque chose de raisonnable ?

Si je répondais non, ce serait me dénier en tant qu'artiste. Je crois que quelque soit la situation dans laquelle on est, qui que l'on soit, tout est une affaire de circonstances. Si la vie vous tend une orange, peignez des cerises. Faites toujours de votre mieux avec ce que vous avez, et si l'occasion se présente, faites encore mieux.

 Quels autres artistes vivants aimez-vous et qu 'en est-il des artistes du passé ?

En ce moment, certaines choses que font Shepard Fairey et Bansky. Il me semble qu'ils transmettent un message puissant.Et pour un artiste du passé, je dois absolument citer Temara de Lempicka. Bien que mon style n'ait rien à voir avec le sien, elle m'a beaucoup influencé. Depuis l'enfance, dès que j'avais l'occasion de voir une de ses œuvres dans un livre ou un magasin, je m'arrêtais immédiatement pour observer. J'aimais son art avant même de savoir ce qu'était l'art. Peut-être que c'est le cubisme qui m'attirait, ou cet aspect classique du à la rencontre du modernisme et de l'art 1900, je ne suis pas sur, mais je crois avoir voulu peindre parce que j'avais vu un de ses portraits quelque part.

 Comment aimeriez-vous que les gens voient votre travail ?

Je ne m'attends pas à ce que tout le monde admire mon travail et je sais bien que mon style ne convient pas à tous.Cela dit, j'apprécie simplement le fait de fournir à mes fans et ceux qui me suivent fidèlement, un art qu'ils désirent.Ce sont eux qui m'inspirent et c'est par eux principalement que j'existe en tant qu'artiste. J'adore recevoir leurs impressions, qu'elles soient positives ou négatives. Leurs réactions à mon travail ont une vraie influence sur mes projets futurs.

 Dans quel type d'environnement aimez-vous travailler ?

Ici, en Italie, j'apprécie le fait de me lever tôt pour me diriger vers le centre ville. Je prends un cappuccino et je me balade dans les rues de Pordenone tout en absorbant la culture locale. J'écoute les habitants discuter sans fin. J'observe les gens sur leurs vélos dans les rues, j'admire les vieux bâtiments , les murs, les routes pavées et le paysage qui défile.J'assimile tout ce que je peux, et lorsque j'ai accumulé plus qu'il n'en faut d'inspiration, j'ouvre les fenêtres de mon atelier et je me mets à créer. Je dirais que le meilleur environnement pour moi, c'est le changement.

 Est-ce qu'il est nécessaire d'avoir suivi un enseignement académique pour être artiste ?

Je pense que l'origine principale de toute forme d'entrainement est la passion. De manière évidente, plus on aura eu d'expériences ou d'enseignements, plus ça affectera notre façon de voir le monde.Plus on est capable d'utiliser des outils que l'on a jamais utilisé. Plus notre esprit est affuté lorsque l'on prend des décisions. Plus large est la palette de couleurs que l'on peut utiliser. Mais la seule véritable qualité primordiale pour un artiste, c'est l'ouverture d'esprit.

 Laquelle de vos œuvres avez-vous choisi de présenter à nos lecteurs ?

J'ai choisi cette œuvre-ci parce que j'ai pensé que c'était la peinture la plus récente que j'ai réalisé , et qui donne à penser. J'ai eu beaucoup de retours très différents à propos de ce tableau, et j'ai apprécié les commentaires.



 Sur quoi travaillez-vous en ce moment ?

Je viens de terminer d'écrire mon premier livre, remplis de belles images de l'Italie avec un soupçon de descriptions et de citations motivantes. Ce dont je suis très fier. On peut l'acheter en passant par mon site web. Je travaille aussi sur un projet de très grande taille que je montrerai bientôt. Il m'a fallu presque trois ans pour le terminer ! Vous pouvez voir mon travail à l'adresse

www.hollyworx.com .

Je tiens le site à jour et régulièrement apparaissent de nouvelles choses alors restez à l'écoute.

 Avez-vous un message à faire passer à ceux qui n'ont jamais vu d'expositions ou visité un musée ?

Oui, essayez de sortir de votre caverne plus souvent.

 Avez vous un message à transmettre aux lecteurs de ce blog ?

Je vais laisser nos lecteurs avec ceci :
Nous sommes seulement aussi libres que l'est notre voisin...En exprimant ma liberté je prends la responsabilité d'énoncer la vérité. La vérité de mon opinion personnelle. La vérité de ma propre perspective. Créer cette vérité est mon obligation. Pas seulement dans le but de créer de l'art de ou d e m'exprimer. Mais afin d'être libre de faire ce choix. C'est une liberté qui vaut la peine d'être répandue.C'est là que réside la beauté de l'art. C'est la que la beauté de tout art sera toujours. L'art est la forme de liberté la plus authentique que l'homme connaisse pour l'instant.
Souvenez-vous, si vous voulez être entendus, il faut que vous écoutiez. C'est pourquoi j'apprécie le temps que vous prenez pour lire ceci. C'est pourquoi j'apprécie chacun de mes admirateurs. N'hésitez pas à me faire part de vos sentiments, ou vos commentaires Merci.

Et bien, de rien, c'est bien entendu avec un grand plaisir que j'encourage nos lecteurs à se rendre sans plus tarder sur votre très beau site afin de déguster les oeuvres présentées, et quant à moi, je vous retrouve bientôt pour vous montrer les oeuvres en cours et quelques autres terminées.

vendredi 10 octobre 2008

A la Rencontre de Jerzy Ruszczynski

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Je suis absolument ravi de pouvoir vous présenter ici un artiste que j'aime tout particulièrement tant son œuvre est riche et originale, j'envie ceux qui ne le connaissent pas et vont seulement le découvrir. Jerzy Ruszczynski est un artiste polonais qui s'est lancé dans une exploration de nos univers mentaux à travers une œuvre qui rappelle les moments les plus créatifs du surréalisme des débuts. Il allie à cet quête intellectuelle un travail graphique expressif et généreux. Chacun de ses tableaux est un petit monde à visiter, où il fait bon se perdre et desquels on ressort transformés, ragaillardis et plus que jamais prêtes à défendre l'art , si précieux, si essentiel. Je vous invite à le découvrir ici :

Dites-nous, à quel âge avez-vous commencé la peinture ?

J'ai commencé à peindre dès l'age de 8 ans.

Qu'est-ce qui vous a encouragé à en faire un métier ?

C'est pour répondre à un besoin de création viscéral que j'ai débuté la peinture, mon monde était complètement inscrit dans cette activité. Je voulais comprendre le monde par les transformations plastiques.Et mon premier professeur a été Rubens à travers l'étude de son oeuvre.

Comment décririez vous votre méthode de travail ?

Je m'attache à la réalisation d'un plan en recréant ce qui m'entoure, puis je me lance dans une psychanalyse de celui-ci, c'est la phase recherche. Je crée une esquisse et je m'y plonge en examinant ma psyché et par ce biais, ma réaction à l'ensemble des réalités.

Quelle est la place de l'artiste aujourd'hui, à votre avis ?

Je pense qu'à notre époque, un artiste devrait examiner son monde intérieur en fonction des réalités extérieures. Et parallèlement à cela, à cette auto-analyse, il devrait toujours se poser des questions et essayer d'y répondre.

Et donc, c'est raisonnable d'être un artiste ?

Oui, je le pense, il est raisonnable d'être un artiste car en créant, nous livrons des connaissances sur nous-mêmes, sur l'homme en général, à un moment où il examine la relation entre son esprit et les réalités.

Quels autres artistes aimez-vous ?

J'aime tous les artistes chez qui je constate un pouvoir de transfert – et c'est difficile pour moi de vous donner une liste précise – l'estimation de la valeur d'un artiste est subjective. Mais si je dois absolument citer quelqu'un alors, je vous dirais que dans cette catégorie je place les peintres du Moyen-age. J'aime les compositions de Bosch, Dürer, Rembrandt; j'admire beaucoup l'art espagnol, Goya, Velazquez. J'aime Delacroix, les Impressionnistes, l'école Monahium, Miro, Klee, Kandinsky et je pourrais en rajouter beaucoup d'autres. En fait, j'aime toute oeuvre d'art pourvu qu'elle soit authentique et sincère.

J'ai choisi de présenter une œuvre du passé, qui m'a fait une grande impression tout récemment. J'attends d'un artiste qu'il introduise le maximum de valeurs différentes à l'art et il est difficile de classer lesquels sont les plus créatifs, tout dépend de l'époque dans laquelle on nait.

Comment aimeriez-vous que les gens voient votre travail ?

Si on parle du spectateur, alors la réaction est un élément essentiel dans mes créations.

Lorsque l'on s'exprime, on attend de savoir, on attend de savoir ce qui va advenir de cette expression.La lecture d'une œuvre change avec le temps qui passe, et des contenus qui signifient quelque chose au moment où ils sont exprimés peuvent très bien disparaitre de votre esprit avec le temps. Le spectateur doit alors aussi décoder le contexte historique qui accompagne l'image. La forme, la couleur et le contenu de l'image deviennent notre ici et maintenant. L'expression de ces codes de manière fidèle , authentique et consciente, est tout à fait connectée avec le créateur, et c'est seulement à cette condition qu'il sera possible de rentrer en contact avec le spectateur.Je cherche à transmettre les sentiments qui me traversent pendant la création de l'œuvre au spectateur, de manière à ce qu'il puisse à son tour ressentir ma réalité à ce moment là, ce qui l'a causé et pourquoi.

En travaillant sur l'image avec le mouvement, la forme, les formes et les couleurs, j'essaye sincèrement de décrire un contenu, j'effectue une description psychanalytique de l'action de la réalité sur mon esprit et des réactions engendrées.

Je transforme des impressions optiques ou autres en entités intellectuelles et psychiques, puis je les retranspose dans la langue plastique de l'art Je montre simultanément ce qui agit sur l'esprit, les formes qu'il accepte et les formes qu'il rejette, les raisons et les résultats etc...

Mon objectif est de me comprendre moi-même pour l'autre, et à travers l'autre, continuer à trouver des questions pour moi-même mais aussi pour les autres, ainsi, nous atteignons un état où l'autre et moi sommes équivalents.

Dans quelle atmosphère aimez-vous créer ?

Je crée principalement dans la solitude, bien que je travaille en groupe avec plaisir, c'est même sur que travailler en groupe est pour moi encore plus créatif.

Est-ce que l'étude académique des arts est essentielle ?

Je pense que les écoles académiques ne fournissent pas toujours un enseignement correct. Il y a des moments où il vaut mieux qu'un artiste suive son propre chemin.A propos de la formation de l'artiste, il est nécessaire que plusieurs facteurs soient réunis et notamment se construire en rencontrant d'autres artistes, qui seront capables de former le jeune créateur sans interférer avec son individualité. C'est très difficile et peu de gens savent le faire. J'ai eu la chance de rencontrer un tel homme, il s'appelait Eugeniusz Kochanowski.

Laquelle de vos œuvres voulez-vous présenter à nos lecteurs ?

Il y a beaucoup de tableaux qui comptent pour moi, je vous présente ici l'un des derniers en date.

A quoi travaillez vous en ce moment et quels sont vos projets ?

A présent, je réalise de nombreuses œuvres dans lesquelles j'essaye de mettre en forme ma théorie mentale, sur laquelle je travaille sans cesse et que je peaufine.Depuis 25 ans , je tiens un journal de mes considérations théoriques, sur lesquelles je travaille, ainsi que des remarques d'ordre plastique.

Ou peut-on voir vos œuvres ?

Je présente mes peintures sur plusieurs sites web :

http://www.artmajeur.com/ruszczynski/

http://www.jerrus2005.republika.pl/

http://www.jerzy-ruszczynski.webpark.pl/

http://jerzyruszczynski.hautetfort.com/

De temps en temps, j'organise des expositions en France et en Pologne, et parfois je vends sur eBay.

Et bien c'est parfait, je suis convaincu que tous, et toutes allez vous précipiter vers les sites en questions, allez y !

Je vous retrouve demain merci

lundi 6 octobre 2008

A la Rencontre de David Padworny

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J'ai découvert le travail de David Padworny sur Internet et je n'ai pas tardé à apprécier de plus en plus son originalité très expressive, la diversité de ses thèmes et techniques ainsi que sa personnalité très attachante. Passionné d'art depuis l'enfance, il présente des travaux généreux à travers lesquelles on peut sentir un engagement total de l'artiste. Les textures et les couleurs de ses œuvres maintienne un intérêt constant qui va et vient du détail à la vue d'ensemble, créant une cohésion dans la diversité de son œuvre. Plus particulièrement intéressé par le portrait, qui stimule son appétit de matière et d'expression, ce jeune peintre américain de Baltimore est à ajouter à la liste des artistes à surveiller de près. Assurément il m'a conquis. Écoutons le ...

Dites moi, comment avez vous commencé la peinture ?

Aux alentours de mes six ans, à l'age où j'entrais à l'école, un de mes voisins travaillait comme illustrateur de livres pour enfants. Il possédait un atelier chez lui, et je lui rendait souvent visite puisque j'adorais le regarder travailler. Il illustrait les livres d'images tirés de mes dessins animés préférés, et je trouvait magique la façon dont il donnait vie à ces personnages familiers, juste sous mes yeux. Vers l'age de huit ans , en Ce2, j'ai remporté mon premier concours artistique pour une série de dessins de robots. J'ai continué à travailler le coté artistique de manière passive jusqu'à l'age de douze ans ou j'ai commencé à travailler avec un illustrateur connu de Highlights Magazine, Sidney Quinn. C'est à peu près à cette époque que j'ai commencé à travailler à des peintures de grande dimension. Comme cela me revenait très cher pour acheter le matériel artistique, c'est vers l'âge de 12 ans que j'ai investi dans un aérographe et un compresseur, et que j'ai commencé à vendre des travaux sur commande. J'achetais le meilleur matériel disponible, et à l'heure actuelle, il m'en reste encore beaucoup. Chaque certificat d'authenticité que j'envoie avec une toile, est signé avec un pinceau Winsor and Newton série 7 en poil de martre que j'ai acheté à cette époque.

Et qu'est-ce qui vous a décidé à en faire votre activité principale ?

La peinture m'aide à mieux me comprendre, ainsi qu'à comprendre le monde extérieur. J'adore l'acte de création, et je trouve cela très gratifiant. Ainsi, dans les moments les plus difficiles, c'est toujours vers l'art que je me tourne, et c'est une grande aide pour dépasser et comprendre les choses. Lorsque je regarde en arrière, que je regarde ma vie, je regrette à quelle vitesse le temps passe, mais si je passe ce temps à créer des œuvres d'art, j'éprouve un sentiment de satisfaction substantiel.

 Si vous deviez définir très rapidement ce que vous tentez de faire, que diriez-vous ?

J'aimerais représenter à la fois mon époque ici et maintenant et moi-même, sachant que je me considère comme un produit de la nature et de des acquis de mon éducation et mon environnement coïncidents.

 Quelle est la position de l'artiste dans la société d'aujourd'hui ?

L'artiste reconnaît la valeur de sa propre perspective, unique, et réalise des œuvres d'art en guise de moyen de communication, une façon de représenter un moment de l'histoire, et d'en proposer un commentaire individuel.

 Est-ce bien raisonnable d'être un artiste ?

Je pense que je dirais qu'il est raisonnable d'être ce que l'on veut. Certaines choses s'avèrent plus difficiles que les autres, voire impossibles. Mais le seul moyen de le savoir est d'essayer. Je préfère du coup faire de mon mieux et tenter, que de me demander que serait-il arrivé si ... sur mon lit de mort.

 Quels autres artistes vivants admirez-vous ?

Je suis complètement plongé dans un monde d'images. Je suis entouré de centaines de livres d'art, mes murs sont couverts de reproductions de grandes œuvres et j'ai deux cadres numériques qui font tourner un ensemble de mille grandes peintures chaque jour. En conséquence de quoi il est difficile pour moi de choisir quelques noms d'artistes puisque je suis constamment inspiré par tant de gens. Ceux qui me viennent à l'esprit immédiatement sont Chaim Soutine, Pablo Picasso, Frank Aurbach et Edward Keinholz.

Parmi les artistes vivants que vous admirez, lequel recommandez vous à nos lecteurs ?

Je pense que je vais dire Susan Rothenberg, pour qui j'ai le plus grand respect.

Vous pouvez voir un exemple de son travail en cliquant sur ce lien

http://www.art45.ca/oeuvres/rothenberg/rothenberg1_full.jpg

Quelle réaction attendez-vous des spectateurs de votre œuvre ?

Quand je travaille, je me plonge dans la peinture, et j'essaye de ne pas la juger d'une perspective extérieure. L'œuvre exprime une chose que je veux dire , quelque chose que je veux montrer et à laquelle les gens peuvent réagir comme bon leur semble. J'aime que cela produise une réaction, je ne m'occupe pas de savoir si elle est positive ou négative.

Dans quel sorte d'environnement aimez-vous travailler ?

Là où il n'y a aucune distraction. Lorsque je travaille cela peut durer des heures et des heures, mais une simple distraction peut couper mon élan complètement travaille souvent toute la nuit pour cette raison : si la peinture avance bien, je travaille de minuit au lever du jour.

Est-il nécessaire selon vous d'avoir suivi une formation académique?

Je ne le pense pas, mais ça peut aider. Les critiques, en particulier, peuvent être précieuses.

Quelle œuvre avez vous choisi de présenter à nos lecteurs ?


DAVID PADW0RNY, SANDSTORM PASSAGES, Huile sur Toile,
16 x 20 x 3/4 in., signé devant et derrière.

A quoi travaillez-vous en ce moment ? Quels sont vos projets ? Et où peut-on voir votre travail ou acheter une œuvre ?

Il y a des milliers d'images de mon travail, et cela comprend des agrandissements détaillés, permettant de voir les coups de pinceau et les textures. Vous pouvez les voir sur mon site web www.padworny.com .

Si une œuvre vous intéresse, envoyez un email à l'adresse David@Padworny.com . Je vends des œuvres régulièrement et je dispose de peintures à tous les prix.

Que diriez-vous à ceux qui n'ont jamais été voir une expo ou ne sont jamais entré dans un musée ?

Lors des vernissages, j'aime le côté stimulant et vie sociale lié à la rencontre d'autres artistes et d'amateurs d'art, mais j'aime aussi le calme d'un musée. Ce sont deux activités que je recommande.

Quel message voulez vous transmettre aux futurs lecteurs de cette interview ?

Merci de vous intéresser à l'art et merci pour l'intérêt que vous portez à mon travail.

Et c'est à mon tour de VOUS remercier, et de vous souhaiter une longue carrière. Encore une fois, je vous encourage à faire un tour sur son site, et je quant à nous , nous nous retrouvons demain pour une autre interview, d'un artiste polonais cette fois.

vendredi 19 septembre 2008

A la Rencontre d' Atek

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J'ai découvert le travail d'Atek il y a un petit moment déjà, juste avant qu'elle fasse progressivement entrer les couleurs dans son univers passionnant, intriguant et méticuleux. J'ai immédiatement reconnu là une artiste de tout premier plan, tant la précision du trait et la force des images était présente. Les corps se déforment, se décomposent, en une poésie subtile qui nous tient bien éveillés. Gracieuses, Légères et monstrueuses à la fois, telles sont les créatures d'Atek. Mais ce qui domine , c'est l'imagination, la création pure. Le sentiment d'une grande maîtrise aussi, grandissante maîtrise. Sans plus tarder je vous laisse écouter Atek.

Pour ceux et celles qui n'ont jamais eu le bonheur d'admirer ton travail, pourrais-tu te présenter et préciser ce que tu aimes surtout en tant que créatrice ?

Je m'appelle ATEK et je suis Artiste Plasticienne, j'ai une formation plurielle, École d'Arts Plastiques à Monaco, École de Graphisme à Rouen et pour finir Beaux-Arts à Nice.Mais mon véritable apprentissage s'est fait au sortir de ce Cursus, dans la vraie vie car il me fallait à tout prix trouver mon créneau parmi tout ce que j'avais ingurgité.Mon goût prononcé pour le Dessin n'a pas toujours été bien vu mais je m'y suis attardé et m'en suis emparé car tel est mon médium et mon fil conducteur artistique.Il me semble que j'ai toujours dessiné car pour moi c'est comme écrire ou penser et manger, ça coule de source et c'est vital. L'Art s'est imposé à moi, créer est ma nature et je ne conçois pas la vie sans Art. C'est mon activité principale et je m'acharne à trouver ma place dans le milieu Contemporain, les boulots de la vraie vie se sont enchaînés car l'Art ne nourrit pas son homme, disons qu'il faut un certain temps pour y arriver alors la motiv est là et on apprend aussi la patience...l'important c'est de ne pas perdre confiance et d'aller au bout de ses passions!

Tout à fait d'accord ! Comment est-ce que ton travail a évolué au cours de ces dernières années ?

Dans un premier temps j'ai eu une approche très primaire du dessin très économique surtout, il me fallait œuvrer avec de faibles moyens, en puriste papier + crayon, et je voulais aussi que mon travail soit transportable, ça a toujours été une volonté chez moi à cause des aléas de la vie...Ce challenge m'a permis de me concentrer sur l'essentiel et d'évoluer dans mon style noir-blanc-gris, parfois épuré ou bien surchargé, en tout cas toujours basé sur la plastique pour retranscrire les pensées les plus profondes de mon cerveau complexe sans tabou et dans une réflexion permanente car pour moi le Dessin est intellectuel et la Peinture sensuelle. Ma figuration d'imaginaire mêlée de corps, de visages, de monstres, de mutants, tantôt clonée à la nature, à l'objet, à l'animal, à tout ce qui me passe par la tête, devient un nouveau langage: mon propre répertoire iconographique baignant dans un univers intemporel mais toujours avec des référents existentiels. Cela fait plus de dix ans que j'expérimente le plomb et la fibre dans des formats que je veux de plus en plus grands, je me suis penchée sur l'étude de la forme puis je l'ai associé au fond, travaillant avec l'espace de la feuille ou saturant l'image à outrance, je n'aurai jamais fini de faire le tour de ce médium!

Cette année j'ai fait des tentatives colorées, des lavis avec de l'encre de chine, ce qui en ressort c'est le Dessin forever, je m'autorise ces entractes vivaces luxuriants où je joue avec les couleurs toujours contenues par l'armature noire de mes formes difformes et horriblement belles. Il y a une jouissance dans l'étrange mocheté, dans le fait de bousculer les Canons de la beauté et d'interroger en frappant les esprits. L'Art doit interloquer et tenter de montrer des visuels inédits qui appellent au questionnement. 2008 est le moment clé dans mon travail d'un va-et-viens entre la couleur et le noir et blanc, le graphisme en fil conducteur.

Comment vois-tu le « monde artistique », et d'ailleurs est-ce qu'il sert à quelque chose d'être artiste ?

En tant qu'Artiste, je me dois de dire qu'il est très difficile de se faire une place parmi ses confrères, le monde de l'Art est très sélect et parfois j'ai l'impression qu'il faut être mort ou octogénaire pour avoir une rétrospective dans le Musée du coin. C'est étrange de voir tant de créateurs et si peu de places pour les exposer. De plus si ce n'est pas peinture ou sculpture vous êtes presque grillé, il faut la rage mais surtout la passion la conviction et le travail, c'est ça la recette.

L'Artiste donne la douce folie, représente parfois son temps ou va à contre courant mais il est toujours source d'émerveillement car il communique son délire et permet l'évasion, il remue les entrailles et fait cogiter le cerveau, en un mot il réveille! Être Artiste c'est donner corps à une utopie, c'est faire vivre un rêve d'enfant, c'est s'évader de la banalité du quotidien et ça permet d'avancer, c'est aussi une bonne thérapie. C'est également un apprentissage et c'est avec la connaissance de l'histoire de l'Art que l'on avance plastiquement et esthétiquement et que l'on peut se situer dans son travail et dans le temps: Toute forme d'Art m'intéresse il faut être curieux: Dans tous les styles et les courants il y a le talent et la nouvelleté, je pourrais parler de Bosch, de Klimt, de Magritte, de Picasso ou de Brancusi par exemple mais je vais m'attarder tout particulièrement sur un Artiste que j'ai découvert lors de ma récente visite à la Galerie du Conseil Général d'Aix-en-Provence: il s'agissait d'une exposition collective intitulée 'Le Cabinet des Merveilles', j'y ai découvert entre autres l'œuvre de Thomas Grünfeld.

 C'est donc Thomas Grünfeld que tu as choisi de présenter à nos lecteurs avec « Misfit », quelques mots sur sa démarche ?

Il effectue un travail plastique en 3 dimensions où l'artiste nous propose des animaux clonés, des hybrides si réels et pourtant improbables, ce jeu de taxidermiste nous renvoie à la problématique du 'qu'est ce qui est montrable dans l'Art', ses créations sont déroutantes car en même temps qu'elles dérangent, elles fascinent tout autant. Il y a du beau par l'esthétique, du surprenant par le cloning, de l'effrayant par le rendu réalistique, et une paisible froideur dans la statuaire du bestiaire étrange qu'il porte à notre regard...

Pour ma part, je donne des titres souvent poétiques à mes œuvres, des noms de chansons aussi, je crée des mots étranges car l'écriture est un Art tout comme le Dessin, il faut le mettre en forme. ça n'aiguille pas forcément les gens sur le sens de l'image mais ça apporte une couleur, une tonalité en plus, ça accompagne son travail. Il n'y a pas de règle me semble-t-il pour rentrer dans une œuvre, le déclic se fait ou ne se fait pas, c'est une affaire de goût et c'est complètement subjectif.

A ce propos, comment le public reçoit-il tes œuvres ?

Lors de mes premières expositions, les gens croyaient que ATEK était un homme d'une cinquantaine d'années, et c'était assez drôle quand ils découvraient que c'était moi jeune femme...j'évitais au départ de m'identifier car le monde de l'Art est assez machiste, de plus un âge certain renforce la crédibilité.

Et maintenant, tu assumes ?

Je suis une créatrice de 36 ans et j'assume! je n'ai pas d'environnement particulier pour créer, j'ai souvent déménagé dans ma vie et je me suis adaptée aux espaces plus ou moins grands, dessinant sur les murs, dans la cuisine, par terre, sur le lit, mais ce que j'ai toujours à portée de main c'est un cahier ou une feuille avec un stylo pour pouvoir noter mes idées ou faire de brèves esquisses, la peur d'oublier sans doute, il y a tellement de choses qui circulent dans une tête!
En école d'Art, l'espace ne manque pas, une formation académique est un plus car vous touchez à la connaissance artistique, pratique, plastique et esthétique. ça permet de trouver sa propre voie, d'avoir accès à la technique et de rencontrer des enseignants Artistes confirmés. Mais il y a beaucoup d'autodidactes, l'Art c'est dans les tripes, dans l'apprentissage au jour le jour, il faut faire ses propres expériences et s'il on est motivé et passionné on s'accroche et on tente d'embrasser une carrière.

Peux-tu nous présenter ton travail en cours et dire quelques mots de tes projets ?

En ce moment je jongle entre petites oeuvres colorées supradétaillées et grands dessins mine de plomb sobres et épurés. Par exemple dans 'Supoditoire'  Dessin mine de plomb sur papier 100x70cm août 2008

je joue entre figuration réalistique et décomposition du corps, l'écorché en position de discours sur un fessier non-finito. Le personnage est détaillé découpé, déclamant dans le néant, le support est un arrière-train volumineux symbole du 'je m'en fous'. Cette œuvre évoque la difficulté de l'Artiste à se faire entendre, les paroles sont vaines mais la volonté est là. je n'irai pas plus loin dans la théorisation de ce dessin, simplement j'utilise la nudité, l'érotisme et les images absurdes tragicomiques ou néo romantiques pour donner à l'œuvre plus de résonance dans une atmosphère sombre et lumineuse à la fois par la facture employée, c'est le paradoxe de l'Artiste...
Dans mon actualité, il y a en préparation une exposition collective sur le 'Portrait' en octobre à l'Atelier du 6bis à Aix-en-Provence, une exposition plus personnelle en novembre Galerie Alter Ego, toujours à Aix, et en septembre sort l'édition philosophique 'Le Grognard' n°7 pour laquelle je participe en tant qu'illustrateur et j'ai dessiné la couverture de ce numéro.
Vous pouvez retrouver mon travail et mes news sur mon Blog: 

http://annesophieatek.canalblog.com 


Merci à toi, Jeff, pour cette interview et pour l'intérêt porté aux artistes de la nouvelle génération.

Et bien, tout le plaisir était évidemment pour moi, j'espère que de nombreux lecteurs de ce blog vont se ruer sur ton blog, ou encore mieux venir te voir en chair et en os à la galerie du 6bis à Aix-en-Provence, je vous y encourage toutes et tous, car il y a dans l'œuvre d'Atek un parfum unique que vous ne retrouverez pas ailleurs, toujours surprenante, toujours élégante dans le trait, non, sérieusement, faites vous plaisir !

Et moi, c'est avec plaisir aussi que je vous retrouve dès demain....

lundi 8 septembre 2008

A la Rencontre d' Ümit Özkanlı

umitozkanli (INTERVIEW ENGLISH VERSION ).pdf

J'ai découvert Umit Özkanli en me baladant sur la toile, à la recherche d'une émotion, d'un flash, d'une étincelle, et le mystère de ce qui nous attire précisément reste entier. Surtout dans le domaine de l'abstraction. Ici, il s'est passé quelque chose, un lyrisme et une énergie particulière se dégage du travail de cet expressionniste abstrait turc. Cela m'a doublement encouragé à le connaitre davantage, d'abord parce que, comme je vous le disais, j'aime essayer de comprendre les mécanismes de l'attraction de l'abstrait, et ensuite, étant assez ignorant sur la peinture turque en général et abstraite turque en particulier, j'ai tout naturellement invité Mr Özkanli a répondre à quelques unes de mes questions. Je vous propose de le rencontrer à votre tour :

Bonjour, pouvez-vous commencer en nous expliquant d'où vous est venu le goût de peindre ?

J'ai démarré ma carrière artistique en dessinant sur des feuilles et les murs de la maison quand j'étais enfant, je devais avoir 4 ou 5 ans. Il y avait pas mal de choses intéressantes là-dedans : parce que c'était de la caricature, je dessinais pour m'amuser avec mes amis, et c'était très drôle pour moi. Le dessin, pour moi, c'était d'abord un jeu et j'adorais ça. J'aimais les dessins animés, et ensuite je dessinais les personnages, je me souviens que je réalisais même des portraits d'acteurs que je voyais dans des films. J'adore peindre et dessiner. Parce qu'il s'agit d'un autre monde que tout le monde ne voit pas directement, alors révéler ce monde , le faire remonter à la surface à travers le papier ou la toile ou autre, c'est vraiment intéressant, ça demande une aptitude particulière, et ça , je sais le faire. Et je veux le faire. J'ai abordé plusieurs autres formes d'art, mais c'est vraiment la peinture qui me permet le mieux d'exprimer mes rêves et mes pensées. La peinture inclut les couleurs, les formes, et elle est bidimensionnelle.

Et votre peinture , en particulier, comment la décririez-vous ?


Mon travail relève surtout de l'expressionnisme abstrait. Je réalise des portraits qui présentent la disposition psychologique de chacun.

Comment voyez-vous le rôle de l'artiste à notre époque ?


Les artistes ne doivent pas seulement montrer leurs oeuvres , dans la société d'aujourd'hui, ils doivent aussi l'éduquer à travers leur travail, pas uniquement une éducation informative mais une éducation esthétique. Aujourd'hui tant de gens ne sont préoccupés que de gagner de l'argent, pour résoudre leurs problèmes économiques, alors il sont aveugles à l'art. Les artistes doivent leur enseigner que la vie, ce n'est pas que l'argent, c'est ouvrir les yeux et regarder autour de soi, pour constater qu'il y a des choses bien plus belles que l'argent : ressentir cela, vivre cela, c'est sentir la Beauté. Je trouve que c'est très sérieux.

Quels autres artistes, vivants ou pas, admirez-vous ?


J'aime les œuvres du peintre turc Tomur Atagök, lequel est toujours vivant, et j'admire énormément Willem De Kooning, un des pionnier de l'expressionnisme abstrait. Ses œuvres sont pleines de rythme, de tons, verticaux, horizontaux, diagonaux. Il a travaillé en toute liberté et son travail est unique. Mon travail est proche de celui de De Kooning, mais il y a des différences bien sur, par exemple, il traite tous les sujets alors que je me concentre principalement sur le portrait. J'ai choisi de vous présenter "Door to the River" un tableau qu'il a réalisé en 1960.

Comment aimeriez-vous que les gens voient votre travail ?


J'aimerais voir mes œuvres dans des galeries, des expositions, mais la technologie se développant, il y a de multiples moyens d'amener les gens à l'art. Internet est une de ces voies. Tous peuvent voir mes œuvres sur Internet. Mais je préfère que l'on puisse regarder mes œuvres dans des magasines d'art ou des livres, c'est davantage un document que n'importe qui peut consulter, que n'importe qui peut lire chez lui, dans sa bibliothèque. C'est cette façon qui a le plus d'influence sur les gens. Et ils ont de l'influence sur ma peinture également. Je peux analyser ma peinture avec ce qu'en pensent les gens, et je serai au courant de ce qu'ils aiment et n'aiment pas. Et ainsi, je pourrai m'améliorer.

Où préférez-vous travailler ?


J'aime travailler dans des endroits où se trouvent d'autres artistes, des gens qui apprécient l'art, ainsi je peux travailler dans de bonnes conditions. Je dois voir d'autres artistes travailler, pouvoir trouver des réponses à mes interrogations, et bien sur, pour bien travailler il faut des bonnes conditions sociales et économiques.

Est-il nécessaire d'avoir suivi une formation classique pour être artiste ?


La formation académique est un guide et une façon d'améliorer votre travail. Il est nécessaire de se renseigner sur le théorique et le visuel afin de voir comment l'art se fait. Si vous pouvez y arriver sans formation académique alors, c'est une autre façon d'entreprendre une carrière artistique. Mais la vraie voie pour devenir un véritable artiste, c'est le travail, beaucoup de travail ainsi que la découverte de quelque chose de nouveau.

Dites nous quelle œuvre issue de votre travail vous avez choisi de présenter ici, et si vous voulez, dites nous en quelques mots ...


J'aimerais vous montrer ce portrait que j'ai réalisé. Parce qu'il a des points communs avec l'image que je vous ai proposé plus haut ( De Kooning) et il comprend les caractéristiques que j'ai mentionné tout à l'heure. C'est une acrylique sur toile de 2008 intitulée "Portrait of a sad man".

Cette peinture fait partie de celles que j'aime le plus. Il y a un visage qui regarde vers le bas, et c'est comme une silhouette, il n'a rien de clairement montré mais on peut 'sentir' qu 'il y a un visage et sentir son expression. Mais ce qu'on voit tout d'abord, c'est une zone sombre à l'intérieur d'une zone claire. Cet aspect donne une dynamique à l'abstraction de la peinture. Le rythme peut aussi être perçu à travers les coups de pinceau. Il ne s'agit pas du portrait d'une personne en particulier, mais de la personne qui est en chacun de nous lorsqu'on est triste. L'œuvre procède du cœur et ses sentiments, au visage, puis à la toile et enfin à l'œil du spectateur.

Vous avez des projets en cours ?


Pour l'instant, je continue à enseigner l'art. Je n'ai pas de projet particulier en cours mais ça va se faire, je pense à quelque chose qui sera en relation avec mes peintures. Vous pouvez voir mon travail sur mon site ainsi que dans une galerie online. Vous pouvez également y acheter des œuvres en m'y contactant.

Que diriez-vous à ceux qui hésitent à visiter des musées ou des expositions artistiques ?


Tout le monde devrait se rendre à des expositions. Parce qu'il y a tellement de belles choses et tellement d'univers artistiques différents. Tous devraient réveiller leur curiosité à ce sujet, les artistes ont des messages importants à nous transmettre.

Et pour finir, où peut-on voir vos œuvres ?


Vous pouvez consulter mon site www.freewebs.com/umitozkanliet mes travaux sont également présentés dans la galerie online Saatchi : http://www.saatchi-gallery.co.uk/yourgallery/artist_profile/Ümit+Ozkanlı/95493.html

Vous y trouverez mes coordonnées si vous voulez me contacter.

Et bien je ne saurais que conseiller à nos lecteurs d'aller vite voir ces toiles pleines de passion et d'énergie. Et bien, merci beaucoup, et quant à nous je vous retrouve bientôt pour d'autres aventures artistico-élucubratives, d'autres interviews et la présentation de mon travail en cours.

vendredi 29 août 2008

A la Rencontre de Cristine Cambrea

INTERVIEW ENGLISH VERSION.pdf

Je suis plus que ravi d'accueillir Cristine Cambrea sur ce blog, sa peinture fait partie de celles qui m'ont fortement motivé et inspiré, son originalité est totale, il vous suffit de laisser votre âme dériver le long de ses lignes courbes harmonieuses et ses couleurs changeantes, laissant les toiles vous emplir d'énergie. Cristine était l'une des artistes qui m'a encouragé à montrer mon travail , et ses commentaires sont toujours du plus grand intérêt. Avec une carrière qui décolle vraiment maintenant et de manière tout à fait méritée, elle est appréciée par de nombreux amateurs d'art.Et comme si cela ne suffisait pas, son discours est apaisant, elle est étonnante à écouter parler, parce qu'elle est d'une sincérité à toute épreuve. Vous ne serez pas déçus, je vous assure, mais si vous le voulez bien, faisons place à l'artiste :

Dis-moi, Cristine, tu peins depuis combien de temps ?

J'ai toujours adoré dessiner, d'aussi loin que je m'en souvienne. Petite fille, je passais le plus clair de mon temps à échapper à mes trois jeunes frères en me réfugiant dans ma chambre. A cette époque-là, Internet n'existait pas, et je n'ai pas grandi avec une télé dans ma chambre, ou des jeux vidéos, je n'avais que mon imagination. J'étais fascinée par M.C Esher, je crois que c'était le seul livre d'art que je possédais quand j'étais gamine.Je regardais ses dessins pendant des heures, en essayant de suivre des yeux ses énigmes visuelles, je m'amusais également à les regarder de loin puis de près, alors mes yeux percevait le dessin d'une façon puis complètement différemment, et ses dessins me fascinaient, à mes yeux, c'était de la magie. Comment est-ce qu'il pouvait dessiner quelque chose qui apparaissait différemment selon la façon dont on le regardait ? J'aimais aussi beaucoup les labyrinthes, et au lieu de tracer le chemin de sortie à l'intérieur, je cherchais le bon trajet avec les yeux ? Mes premières créations furent aussi des labyrinthes que je dessinais au crayon de papier et dans lesquels j'incorporais des mots, puis je suis passé à l'encre, ce que j'ai trouvé plus compliqué puisque je n'avais plus droit à l'erreur, une fois que l'encre était là, je ne pouvais plus gommer. Et c'est là que j'ai commencé à utiliser mes erreurs pour créer des images. Le trait n'était plus une erreur mais un nez, et en ajoutant un œil et une bouche , j'obtenais un visage. Mais si je continuais mon labyrinthe de lignes, alors le visage était caché et cet enchevêtrement de visages dissimulés et de mots se mêlait à l'ensemble. Puis j'ai commencé à dessiner des petits mondes à l'intérieur d'autres mondes, en dessinant de manière obsessionnelle sur chaque centimètre carré du papier. Pendant des années, je n'ai dessiné qu'en noir et blanc, pour aboutir à une certaine maitrise de la technique de l'encre sur papier, dans ce style-là. En gros, c'était des gribouillis évolués . Ce qui m'amusait, c'était lorsque les gens ne voyaient pas les dessins cachés et que je devais leur montrer. C'était là, mais moi seule pouvait les voir. C'est devenu une façon pour moi de conserver des secrets et un peu d'intimité. Je dessinais tout un tas de symboles, lesquels, une fois découverts, permettaient de lire une sorte de journal. Tous mes secrets les plus sombres,mes sentiments les plus profonds, mes expériences, étaient cachés à l'intérieur de ces dessins. Ils sont devenus mon journal intime et je pouvais les laisser en évidence sans que mes parents, ou mes frères puissent y comprendre quoi que ce soit. A l'époque, je travaillais sur une seule et même page pendant des mois. Il ne s'agissait pas de terminer une œuvre, mais de me perdre, et j'ai appris à résoudre mes problèmes de cette façon.Mes dessins pouvaient éloigner la souffrance, de la même manière que l'écriture pour certains. C'était en somme des symboles et des histoires emballés dans les lignes et les motifs.Je ne voulais pas que le dessin soit terminé parce que ce n'était pas tout, j'avais encore des expériences à raconter et à des choses à faire sortir. Je détestais que la page soit remplie et que je sois obligée de recommencer sur une autre.Je les emportais partout où j'allais, je les utilisais pour mettre une barrière entre moi et le monde. Au lycée, c'est dans la classe de dessin que je passais le plus clair de mon temps libre. J'y prenais mon repas, j'y restais aux pauses, et j'ai eu la bénédiction de tomber sur un professeurincroyable qui m'a encouragé à explorer le style que j'étais en train de créer. C'était mon endroit, je n'aimais pas le sport ou les clubs, et comme la plupart des artistes j'étais un peu une sorte d'individu à part – la fille bizarre qui vit dans son monde.

Et comment es-tu devenue artiste professionnelle ?

Je n'avais jamais pensé gagner ma vie grâce à mes créations. Je les réalisais parce qu'il fallait que j'échappe à la réalité, pour réfléchir à ma vie, c'était ma forme de méditation. Ce qui m'a motivé pour en faire mon activité principale a sans doute été l'état désastreux de mes finances. J'avais une boutique d'artisanat importé pendant quelques années et j'ai décidé de fermer le magasin pour vendre les objets sur Internet, sur mon site web et les magasins online dont je me servait pour continuer mon business pendant les rigoureux mois d' hiver dans le Vermont. Alors que j'attendais que mon container d'objets artisanaux arrive de Bali, je me suis retrouvé sans rien à vendre et aucun moyen de gagner ma vie. Le container ne devait arriver que trois mois plus tard et c'était vraiment problématique. Comme la situation était assez déprimante, j'ai commencé à peindre plus souvent , puisque c'était mon échappatoire privilégié. J'ai alors commencé à observer le marché artistique online, et j'ai remarqué que, comme pour la vente d'artisanat sur le web, les artistes réussissaient vraiment très bien à vendre leurs œuvres. Afin de réaliser un test, j'ai créé quelques petites œuvres peintes sur papier 10cm par 15 et elles se sont vendues tout de suite.Je suis passé à la toile et j'ai commencé à créer des œuvres plus grandes – elles se sont vendues aussi. Lorsque le container est finalement arrivé, je payais déjà mes factures grâce à mon art. J'ai fait ça pendant environ un an et et j'ai vendu des centaines d'œuvres sur internet avant même que je montre quoi que ce soit en public. Dans ma ville, le bruit s'est répandu comme quoi j'avais fermé ma boutique d'import d'artisanat et que j'avais commencé à vivre de mon art. Une boutique locale a accueilli une de mes expositions en 2005 et je me suis bien éclaté en parlant de mes œuvres en public. Après quelques semaines d'expo, une galerie locale m'a contacté pour me proposer de me représenter lorsque mon expo dans la boutique serait fini. Ces trois dernières années ma carrière artistique a décollé. Je suis à présent représenté par 8 galeries différentes qui m'ont repéré on ne sait comment et la liste continue de s'allonger. Je continue à exposer sur le net et à vendre sur mon site web, ainsi que dans quelques galeries virtuelles. J'ai appris que lorsqu'une porte se ferme, une autre s'ouvre. J'ai appris également que les choses se passent EXACTEMENT de la façon dont elles doivent arriver. De plusieurs points de vue, c'est une bénédiction que les événements aient tourné de cette façon. C'était le défi à relever au départ, séparer le processus créatif du redouté mais nécessaire aspect commercial. Avec le temps, j'ai appris à séparer les deux. Heureusement, j'ai conservé la joie que procure la création, même si à présent je compte aussi là dessus pour survivre.

D'accord, alors, le plus brièvement possible, qu'est-ce que tu essaies d'atteindre par l'art?

Mon espoir, c'est que mes œuvres incitent les gens à penser, sentir et regarder vers l'intérieur d'eux-mêmes. Qu'ils établissent un lien entre leur vie, leur propre expérience, et les symboles que j'ai créé, et j'espère aussi qu'ils aient le sentiment que la peinture leur adresse la parole personnellement. Pour chaque peinture que je crée, j'ai confiance en l'univers pour qu'il connecte l'œuvre à la personne qui a besoin de ressentir ou d'entendre son message.

Est-ce bien raisonnable d'être artiste ?

Raisonnable ou pas, c'est tout ce que je connais. Je n'en ai fait ma profession que ces dernières années dans des circonstances particulières. Je n'ai jamais créé en me disant que ce pourrait être une carrière. Je l'ai fait car il le fallait, c'était mon refuge hors du monde, et le moyen pour moi de gérer mes problèmes, le stress, l'anxiété et c'était aussi une façon pour moi de comprendre mon subconscient.Les artistes ne devraient juste être sincères, avec les autres et eux-mêmes, et faire ce qui nourrit leur âme. L'énergie que l'on crée en procédant ainsi infuse la peinture et bénit chaque personne qui la regarde. Peignez avec l'esprit clair, lumineux et ouvert et faites passer.

Quels autres artistes vivants admies-tu ? Et peux-tu expliquer pourquoi ?

Étrangement, mes artistes favoris en ce moment sont ceux qui tendent le plus vers la simplicité. Les peintures où j'aime poser les yeux sont des œuvres calmes et sereines. J'aime la couleur et les œuvres très travaillées mais puisque c'est le type de peinture qui m'entoure au quotidien, les peintures que j'accrocherais chez moi doivent être reposante pour les yeux et dégager une énergie tranquille. Récemment je me suis mis a apprécier les BELLES peintures. Ce que je décris est à l'opposé de ce que je crée et suis capable de créer. J'ai beau essayer de mon mieux , je n'arrive pas à produire des peintures calmes et belles. Je suis obsessionnelle de nature et pour moi, laisser un visage ou un monde qui est si évidemment présent signifierait que je ne reconnais pas son existence. Je DOIS peindre ce que je vois, ou pour moi, la peinture n'est pas terminée.

Croyez-moi j'ai essayé, mais le truc c'est que ça me travaille tellement que je cède à l'envie de dessiner ce que je vois. Ainsi, mon artiste préférée en ce moment , c'est mon assistante Shawna Cross. Elle travaille sur des grands formats à l'huile. Elle réalise des abstraits plein d'expression et l'énergie qui s'en dégage ,lorsque je me tiens debout devant ses peinture, me procure un profond sentiment de paix. Sa façon de peindre m'inspire beaucoup également. Souvent, je la trouve sur le sol en train d'écrire ( pas en train de faire des croquis, non, en train d'ECRIRE ) parfois, elle fait ça pendant toute une journée et soudain, sans prévenir, elle se lève d'un bond et attaque sa toile.Elle dit que ça l'aide à comprendre ce qu'elle peint. Pour elle, c'est une expérience symbiotique.Les secrets de ses toiles se cachent dans ses livres et c'est, comment, si tentant de vouloir lire tout ça. Bien sur, je ne me permettrais pas un tel viol mais je suis curieuse de savoir.

Laquelle de vos œuvres voudriez-vous présenter à nos lecteurs ?

C'est ma préférée, elle s'intitule «Obatala », elle rassemble en une pièce toutes les techniques mixtes que j'aime, ainsi que ma spiritualité. « Obatala » est un Orisha (divinité) qui vit dans les montagnes et représente la Sagesse, la Paix et la Pureté.

Comment aimeriez-vous que les gens voient votre travail ?

J'aimerais que les gens se disent que la peinture a été créée juste pour eux. J'adore quand les gens établissent un rapport entre leur propre vie et mes symboles et histoires. Lorsque ça arrive, on ne se sent plus tant dans une carrière égoïste , comme si je réalisais des toiles destinées à les aider à comprendre leur propre vie ou à voir leur monde différemment. J'adore aussi lorsque mes toiles suscitent la créativité chez les gens. Quelqu'un que je connais qui s'adonnait jadis aux arts et que la vie et le quotidien a interrompu, s'est remis à peindre en voyant mon travail. Je suis parfois témoin de réactions étranges et pas mal de gens pensent que je prends des drogues hallucinogènes – ce qui n'est pas le cas, pour dire vrai. C'est toi, Jeff, qui m'a fait un des commentaires les plus gratifiants que j'aie reçu. Tu m'as dit que tu sentais qu'il y avait comme un guide spirituel qui communiquait avec toi à travers la peinture. On ne peut guère attendre mieux que ça.

Et bien, c'était sincère et c'est vrai que c'est une peinture qui ne cesse de vous parler, mais revenons à nos moutons, quel environnement de travail préfères-tu ?


Quand je peins, j'aime être complètement seule. Pour que ça soit parfait, il faut qu'il fasse sombre ou nuit dehors, qu'il y ait du silence et que les téléphones soient éteints. J'ai besoin du silence pour être totalement ouvert à l'univers avec absolument aucune distraction. J'ai besoin d'être sûre que je ne devrai pas arrêter à telle heure et que personne ne va m'interrompre. Avant, je créais une atmosphère avec des bougies, de l'encens et des méditations pour éclaircir mes pensées. Je le fais toujours de temps en temps, mais pour le moment, le simple fait d'aller dans mon espace de travail me met dans l'état recherché. Pour le dessin, c'est exactement le contraire. J'aime dessiner dans le bruit, lorsqu'il fait clair, avec plein de monde autour. Je prends mes peintures à des soirées si possible et je communique avec des gens tout en dessinant assise. Si je suis seule dans le studio, je mets un film et je l'écoute en dessinant. Tout ceci est en fait destiné à me sortir de ma tête et à me distraire. Tout le truc, c'est que je ne pense pas à ce que je suis en train de faire. Dès que je commence à réfléchir à ce que je suis en train de dessiner, je n'atteins plus mon but. Mon but, c'est quoi ? De créer sans la pensée, je fais confiance à mon intuition pour me guider. Et dès que les pensées me viennent, je ne suis plus connectée. Cette connexion, c'est ce dont j'ai besoin dans ma vie. Il y en a qui la trouve dans le sport, la musique ou la danse, moi, c'est l'art. J'ai appris que si je me fies à cela, les peintures sont exactement comme elles étaient censées être. Il m'arrive de ne pas trop les aimer, mais le processus et les réponses qui en découlent sont le plus important pour moi.

Est-ce nécessaire d'avoir suivi un enseignement 'classique' ?


Bon, ça, c'est la question piège..... ça dépend de ce que vous faites. Si vous essayez de faire du réaliste photographique alors, oui, c'est sur. Dans mon cas, je pense que ça me conduirait tout droit à l'asile. Je n'ai ni la patience, ni le tempérament pour travailler comme ça. Moi, les photos, ça me va. Ça ne veut pas dire que je ne suis pas en admiration devant ceux qui peuvent faire ça avec talent mais simplement je ne sais pas faire ça. Mon premier cours de peinture à l'université était un cours de maitrise. Les étudiants avaient tous déjà fait quatre ans de peinture et moi, j'avais pris ça en cours supplémentaire, je ne sais même pas si j'ai validé quelque chose, enfin bref, mais comme j'étais en retard aux inscriptions, le cours de peinture débutant était déjà complet. J'ai apporté mon book au prof et je lui ai demandé si je pouvais me joindre à sa classe. J'ai bien aimé, parce qu'on ne se voyait qu'une fois par mois et en fait, on pouvait faire exactement ce qu'on voulait. On pouvait utiliser l'atelier si on voulait ( ce que j'ai évité – j'aime travailler seule) et ensuite on se réunissait et on critiquait nos travaux. Bon, rapidement, j'étais devenu le sujet de plaisanterie de la classe, parce qu'avec absolument aucune formation en peinture, mon travail semblait être celui d'un enfant, comparé aux autres étudiants. Le dernier jour, le prof m'a pris à part et m'a suggéré d'arrêter les cours d'arts plastiques. Il m'a dit que mon travail deviendrait académique et qu'il finirait par ressembler à ce que tout le monde fait. C'est la première fois que j'ai entendu le terme de 'Outsider Art'. Il m'a conseillé de me renseigner. Ce que j'ai fait, et je pensais que j'avais trouvé ma tribu. Après de plus amples recherches, j'ai découvert que je ne pouvais pas m'identifier à cela non plus., Même si mon travail ressemblait beaucoup à celui des artistes outsiders, je n'étais pas un outsider. J'ai vécu dans des grandes villes toute ma vie, je n'ai jamais été dans une quelconque institution, et je ne raffolais pas de l'usage clinique du terme. Donc, ce n'était pas ma tribu, et j'ai décidé d'arrêter de chercher ma tribu ou une boite ou je pourrais me ranger. Tout ça, c'était parfait jusqu'à ce que je montre mon travail à d'autres. Tout le monde réclame une étiquette. C'est quelle sorte de peinture ? Avec l'aide de mon beau-père et d'internet, je me suis trouvé une étiquette : Art Visionnaire. Après avoir lu l'essai de Alex Grey où il explique ce qu'est l'art visionnaire, j'ai senti comme une case qui m'entourait. Mon procédé de peinture est tout à fait en phase avec l'art visionnaire. Utiliser l'énergie divine pour me guider dans mon travail. C'est un processus spirituel par lequel je débranche le monde et je me connecte au monde spirituel. Des mondes surréalistes avec un procédé visionnaire, j'ai donc maintenant l'étiquette Artiste Visionnaire Surréaliste.

A quoi travaille tu en ce moment, est-ce que tu as des projets ?


Et bien, là, je travaille à répondre à tes questions, auxquelles j'ai mis bien longtemps à répondre et je présente mes excuses pour ma procrastination. Aujourd'hui, c'est une journée 'hémisphère gauche' – emails, envoi de colis, impression de reproductions, etc.... C'est considéré comme un jour de travail. Demain je pourrai jouer et peindre et dessiner. J'ai des peintures en route, sur toile et sur bois. Je travaille aussi à des sculptures dans différentes matières parmi lesquelles le bois flotté, l'argile et d'autres choses encore. Il y a aussi un projet que je ne finirai peut-être jamais mais le procédé m'amuse et je ne suis pas du tout pressée de le voir terminé.

Et bien merci beaucoup pour cette interview passionnante, n'oubliez pas d'aller visiter son site www.ccambrea.com , découvrez l'étendue de son talent, quant à nous on se retrouve bientôt pour de nouvelles aventures artistico-élucubratives.

jeudi 21 août 2008

A la Rencontre de Mu

Mu interview ( englishversion ).pdf

Il est temps pour moi de vous présenter une artiste à laquelle je tiens particulièrement, et qui fait déjà partie du petit musée de l'imaginaire : il s'agit de Muriel Yapo, dite Mu. Ses toiles sont pleines d'une grâce toute en rondeur, de douces formes féminines dansantes, de couleurs pleines et envoûtantes. Une toile de Mu se reconnaît au premier coup d'œil, tant avec évidence, elle produit une œuvre personnelle et originale, en constant développement. Mais faites-vous votre propre idée en découvrant cette artiste ici, ou je la reçois afin de nous éclairer sur sa démarche et vous donner envie de vous perdre dans les univers courbes et sensuels de Mu.

Chère Mu, pouvez-vous raconter à nos lecteurs comment vous avez commencé le dessin ?

Comme tout le monde, je pense ! J’ai commencé à dessiner dès que j’ai pu prendre un crayon dans les mains et à « sculpter» dès que j’ai touché ma première pâte à modeler. Je n’ai jamais pu arrêter depuis.
Durant ma première année de maternelle j’ai même été jusqu’à tailler mon index avec un taille crayon pour voir si en sortait une mine de couleur !!! Le hurlement de l’institutrice à la vue du sang et la douleur ressentie lors de cette expérience m’ont laissé un souvenir mémorable !

Et qu'est-ce qui a motivé votre décision d'en faire votre principale activité ?

Beaucoup de paramètres ont motivés cette décision. Les principaux ont été : ma forte sensibilité que j’ai apprise à apaiser en m’exprimant artistiquement, le talent de mes parents pour tous ce qui concerne les travaux manuels, mon malaise et mon ennui à l’école et enfin La sensation de liberté que cela me procure.
Mais en tout état de cause, c’est une vocation qui est née très jeune.

Comment expliqueriez-vous votre travail, que voulez-vous faire ?

Je raconte tout simplement mon histoire. Une danse d’émotions que j’exprime par le langage des formes et des couleurs. Le destin n’a pas voulu que je puisse procréer et des douleurs physiques sont associées à cela. Optimiste de nature, j’ai décidé d’utiliser mes pinceaux comme un exutoire pour en faire ma force.

Dans le monde de  2008, quelle peut être la place de l'artiste à votre avis ?

Je pense que la place de l’artiste dans la société est proportionnelle à celle qu’il veut bien s’accorder à lui-même. D’ailleurs je suis certaine que pour chaque être humain il existe une place de choix. Il suffit de la trouver…

Mais réellement, être une artiste ,est-ce bien sérieux ?

C’est certain que si l’on décide d’être banquier, architecte, comptable ou autre, on dira nécessairement que ce sont des métiers plus « sérieux ». En fin de compte, ce sont surtout des codes bien rassurants. Le plus important, c’est d’être en accord avec soi-même en faisant dans la vie ce qui nous vient du cœur. ça, c’est très sérieux je trouve!

Quels autres artistes vivants aimez vous ?

Robert Combas par exemple. Je trouve sa peinture puissante et pleine de liberté. Ces toiles sont bien chargées, les couleurs sont bien utilisées. J’adore !
Sa peinture s’inspire de la culture populaire et j’aime particulièrement quand l’art est accessible à tout le monde.
Pour illustrer mon choix, je vous propose d'admirer «  La signature Combas devenue à moitié bleue à moitié verte. » , une acrylique sur toile de 215cm x 145cm.

Comment aimeriez vous que l'on regarde vos œuvres ?

Je suis toujours touchée lorsque mon travail suscite de l’émotion. Quelle qu’elle soit d’ailleurs. J’aime aussi que les personnes aient la liberté d’y trouver ce qu’ils veulent voir.

Quelle réaction vous a le plus marqué ?

Voir les larmes coulées de quelques uns…

Dans quel environnement aimez vous travailler ?

En y réfléchissant bien, l’endroit où je me sens le mieux pour lancer mes premières idées sur papier est tout simplement mon lit et dans le silence.
Pour le reste, je peux m’installer partout mais j’ai besoin de solitude et de lumière.
Le silence fait place à la radio qui m’accompagne ainsi que mon chien « Jazz » qui ronfle pendant ce temps-là ! Ah, c’est dur la vie de chien…

Est-ce que le fait d'avoir une formation académique est nécessaire ?

L’expression artistique fait partie de chacun de nous depuis la nuit des temps. Elle est intrinsèque à la nature humaine. Libre donc à celui qui veut s’adonner aux Arts de le faire sans filet.

Laquelle de vos œuvres avez-vous choisi de présenter à nos lecteurs ? Pouvez-vous en dire quelques mots ?

Elle s'intitule « Vers un autre jour » (60x120)

Il s’agit d’une acrylique sur toile qui date de 2005. Elle décrit par la forme et l’élan que prend cette femme ainsi que tout ce qui l’entoure ; les épreuves qu’elle a du surmonter et l’avenir qui s’annonce radieux (en haut à droite du tableau).
Justement, on peut y voir des couleurs plus claires, des soleils qui rayonnent, une main tendue vers elle, un oiseau qui vole en ombre chinoise (certains d’ailleurs y voient une tête d’éléphant).
Les corps qui s’entassent et se tordent sous le personnage principal montrent toutes les souffrances physiques et psychologiques endurées. Elle les enjambe comme si elle passait au-dessus de tout ça.
Le personnage à gauche, couleur or, représente toutes les forces positives qui l’a font avancer.
Des tous petits personnages apparaissent en haut à gauche. Ce sont les « autres » qui font dorénavant partie du passé et qui ont peut-être marqué sa vie.
Voilà, j’espère que ces quelques indices vous permettront d’éclaircir un peu la lecture de cette toile.

Sur quoi travaillez vous en ce moment ? Avez vous des projets ?

Je tente de trouver la matière idéale pour sculpter sans faire de bruit dans un petit espace. Je suis en train d’essayer plusieurs matières. Je prépare aussi une surprise sur E-bay pour septembre !

Avez vous un message à faire passer aux lecteurs (nombreux on l’espère) de ce blog ?

Et bien, n’hésitez surtout pas à m’envoyer vos commentaires via mon site mu.peintre.free.fr.

Et je vous convie, chers lecteurs et lectrices à vous précipiter vers ce site pour faire encore mieux connaissance avec Mu, que je remercie de sa disponibilité, et de sa patience, car j'ai été un peu longuet à publier cette interview, mais voilà qui est fait, et d'ailleurs dans les jours qui viennent une autre artiste sera présente sur le blog pour présenter son travail, il s'agit de Cristine Cambrea, une peintre américaine qui a ,elle aussi, un style absolument unique et réalise des tableaux aux formats surprenants. Voilà, sinon, c'est toujours pareil, j'avance petit à petit mais je n'oublierai pas non plus de parler de Bann'Art 2008, en vous invitant à me suivre vers le sommet du village où se situent les célèbres écuries. Je profite de ce moment pour remercier de tout cœur tout ceux et celles qui suivent à la fois mon travail et mes rencontres d'artistes, et je vous encourage à laisser davantage vos impressions à l'aide du lien contact, afin de mieux se connaitre et de mieux répondre aux attentes de tous et toutes. Voili voilou, en ce mois d'aout grisaillou, continuons à vivre entouré d'art sous toutes ses formes, pour être pleinement là, en vie, emplis, épanouis et joyeux. Amen. Pardon, j'étais enfant de chœur dans une autre vie , malheureusement pas à Florence, dont je vous reparlerai aussi. Allez Jeff, tais-toi et raconte carrément ou va te coucher, comme me disais ma grand-mère en faisant irruption dans ma piaule d'ado, c'est pas une heure pour faire de la musique, mais mais, y a pas d'heure pour ce qui est bon.




lundi 4 août 2008

A la rencontre de Jesse Parrotti

jesseparrotti.pdf( english version )



Me voilà enfin de retour après un périple mouvementé qui m'a mené jusqu'en Italie, sur les bords de l'Arno, et je pensais bien qu'à Firenze, je pourrais tenir mon blog à jour très facilement, malheureusement, ou plutôt heureusement, on est vite emporté par la beauté omniprésente de la ville, de ses œuvres de grands maitres et par les gelati à la terrasse des cafés, alors pardonnez moi, mais j'ai pris un peu de vacances . et ce n'est que pour reprendre de plus belle mon cycle d'interviews, avant de lancer une page consacrée à Banne et ses singuliers artistes, son fantastiques festival, et les petites histoires florentines et provençale de mon mois de juillet.

Il m’est apparu intéressant de réaliser l’interview d’un artiste que j’aime beaucoup, et qui donne un exemple de l’intelligence et de la souplesse du monde de l’art, en effet, à l’heure où de nombreux artistes peinent à montrer leurs œuvres, Jesse Parrotti, de San Francisco, est aussi un designer, il réalise des t-shirts ainsi que toutes sortes d’œuvres graphiques à plus large public, ce qui lui permet de dessiner et de peindre comme il l’entend, et cela, parallèlement. De cette manière, son public est international, et ses illustrations ne sont que le sommet de l’iceberg, puisque c’est un très grand artiste, très doué, qui se cache derrière l’illustrateur. Je vous propose de le rencontrer :

 Monsieur Parrotti, depuis combien de temps dessinez-vous ?
Et bien, pour dire vrai, aussi loin que remontent mes souvenirs, j’ai toujours dessiné. Mes parents l’avaient remarqué et ils ont toujours tout fait pour que je puisse développer mon irrépressible besoin de dessiner, ainsi ce sont eux qui ont rendu possible la suite de ma carrière.
 

Si vous deviez décrire brièvement votre démarche, que diriez-vous ?
J’adore inventer des histoires, construire des mondes. J’aime également mélanger le fantastique et la pure réalité, j’essaye de le faire à travers mes dessins et mes peintures. Je trouve que l’illustration est le medium rêvé pour raconter les histoires que j’invente, puisque leur cohérence n’est pas toujours assez solide pour les rendre par écrit ou les raconter de vive voix. C’est parfois juste une idée fugitive, qui ne veut parfois rien dire du tout, mais qui est tout de même une bonne accroche.

 Selon vous, quel est le rôle d’un artiste dans la société actuelle ?
A mon avis, l’artiste est là pour remixer, réévaluer, réinterpréter le monde qui les entoure, en prendre des échantillons et le commenter. En plus de cela, le simple fait de créer, d’organiser nos influences en une vision cohérente, est extrêmement gratifiant et même thérapeutique.
Nous influençons tous le monde qui nous entoure, la véritable question étant de savoir jusqu’où va cette influence, comment elle motive et affecte les autres. Qui sait ?

 Est-il raisonnable d’être un artiste ?
Pour moi, il n’est pas raisonnable de ne pas être un artiste, même si je vois bien qu’il est presque impossible de n’être qu’un artiste exclusivement.

 Quels autres artistes aimez-vous ? Parmi les artistes vivants d’abord puis dans toute l’histoire de l’art ?
Je ne prête pas beaucoup attention aux noms,  mais un artiste qui m’a enchanté récemment est Ashley Wood, il réalise beaucoup de bandes dessinées en plus de ses dessins et peintures, ainsi que bien d’autres choses j’en suis sur. Pour ce qui concerne les artistes du passé, je suis un grand admirateur d’Albrecht Dürer. Ses gravures sont vraiment incroyables. J’aime aussi Alphonse Mucha, pour sa précision et son talent d’artisan, grandes sources d’inspiration. Oh, et je ne peux pas omettre John Berkey, qui a peint presque exclusivement des vaisseaux spatiaux et des stations spatiales, elles sont incroyables, certaines sont proche du psychédélique.

 

Les deux pièces que j’ai choisi de présenter n’ont pas forcément grand-chose en commun, si ce n’est qu’il y a un vaisseau spatial dans les deux. Il s’agit simplement d’une œuvre incroyable de Berkey et je suis assez content de l’œuvre que je présente également. Le travail de Berkey m’encourage à aller davantage vers le fluide et l’organique, et un peu moins le graphique et la précision.





Comment aimeriez-vous que les gens voient votre travail ?
Je crois que je veux seulement que les gens voient mon travail et soient intrigués, qu’ils essayent de comprendre ce qui se passe exactement. Ce qui est extraordinaire, c’est qu’un dessin peut raconter une histoire complètement différente pour moi et pour quelqu’un d’autre. Je crois que si des gens apprécient mon travail, veulent en voir davantage, alors c’est cela qui me touche le plus, ce qui m’encourage à fabriquer d’autres images… et de toutes façons, même si personne ne voulait voir mon travail, je continuerais quand même, mais c’est agréable de savoir qu’on a un public.

 Dans quel type d’environnement aimez-vous travailler ?
En ce moment, je n’ai pas d’espace de travail. J’ai déménagé récemment et je travaille ailleurs que chez moi, et j’ai vite compris que ce n’était pas l’idéal pour moi.les loyers sont élevés, ici, à San Francisco, mais un atelier devient vite une priorité. Je dirais, il me faut juste un endroit assez grand avec suffisamment d’intimité ou je puisse laisser du désordre, laisser trainer mon bordel. C’est assez fatigant lorsqu’il faut constamment déballer et remballer à chaque fois que vous voulez faire quelque chose. J’adore aussi écouter de la musique en travaillant. Je suppose que pas mal de gens le font. Et bien sur, si je pouvais avoir un endroit dans les bois quelque part, ce serait l’idéal, mais je dois dire que j’apprécie les bienfaits de la ville. Cela dit, un endroit plus rural occupe mes pensées actuellement.

 Est-il nécessaire d’avoir suivi un enseignement académique ? Et quelles qualités pensez-vous qu’un artiste devrait posséder ?
Je ne pense pas du tout qu’une école traditionnelle soit nécessaire. Je pense que ça peut aider d’une certaine façon, mais il faut dire que dans la plupart des cas, c’est très cher. J’ai pu suivre les cours gratuitement parce que ma mère était professeur, mais si ça n’avait pas été le cas, je n’aurais surement pas été.
Je pense que beaucoup plus qu’un enseignement académique, ce qu’il faut à un artiste c’est de la ténacité et de l’ambition. Il faut vraiment que ça devienne votre priorité, l’art devenant le centre de votre vie, tout ce qui vaut la peine d’être créé va vous demander pas mal d'engagement, de pensée et de sérieux travail. Je me souviens très bien du moment où j’ai décidé de faire ma vie dans le domaine de l’art. Vous devez réellement passer par un choix conscient comme celui-là.
Je n’essaye pas de dire que c’est la seule façon de s’y prendre, on peut tous y mettre une petite quantité de motivation ou beaucoup plus, c’est tout aussi justifié. C’est juste que dans mon cas, le dessin est une véritable passion. J’en éprouve constamment l’envie, et j’ai envie de gagner ma vie comme ça. Donc il est naturel que cela soit une priorité.

 Parlez-nous de l’œuvre que vous avez choisi de montrer à nos lecteurs

C’est une de mes œuvres les plus récentes. Et j’aime assez la direction que je prends avec cette œuvre. Plus fluide, et franchement, plus rapide et plus simple comme illustration, il n’y a plus autant de ‘bruit’. Je suis vraiment satisfait de ce qu’elle a donné. D’un coté, je voudrais que mon travail aille vers plus de détails, et en même temps, je voudrais qu’il soit plus relâché, plus « peinture »

Sur quoi travaillez-vous en ce moment ? Avez-vous des projets ?
Je viens de terminer un ensemble de designs pour Zoo York, et aussi des choses pour Von Zipper. Ces t shirts vont être en vente en magasin ainsi que sur le web. En ce qui concerne mes propres projets, je travaille toujours sur quelque chose de nouveau et, si tout se passe bien , je vais commencer très bientôt à vendre des reproductions sur mon site web. Et je pense produire mes propres t shirts ; il faut juste que je m’organise comme il faut. Le meilleur moyen de voir où j’en suis dans mon travail , c’est de se rendre sur mon site www.jesseparrotti.com.

 Avez-vous un message à faire passer à des gens qui n’ont jamais visité un musée ou été à une expo ?
Ne vous inquiétez pas trop au sujet des galeries et des musées (même si je suis sur que vous pouvez en trouvez des tas là où vous vivez, et même gratuits ). Je ne suis pas opposé à cette vitrine là , il existe des galeries et des espaces d’exposition géniaux.Mais vous pouvez voir des œuvres d’art en train d’être crées et exposées partout. Si vous vivez dans un trou, faites de l’art vous-même !

 Et pour finir, si vous deviez vous adressez aux lecteurs de ce blog, que leur diriez vous ?
Mangez bien, amusez vous et n’ayez pas peur de commencer quelque chose.

 

Et bien, merci beaucoup pour ces excellentissimes conseils, quant à moi, je m’excuse encore pour la publication tardive de cette interview mais je reprends les choses en main, et dès demain je commencerai à vous raconter le festival de Banne.Et cette fois ce qui est dit est dit.(Rien ne vaut une bonne vieille expression à la mord-moi pour conclure)

 

vendredi 11 juillet 2008

A la Rencontre de Jylian Gustlin

Jyliangustlinenglish.pdf (ENGLISH VERSION )


Il y a des jours où tout s 'éclaire soudain, parfois, une rencontre peut déclencher ce sentiment; et lorsque j'ai découvert le travail de Jylian Gustlin, le temps s'est arrêté pendant un instant. Était-ce du à la pure Beauté des compositions, à la subtile juxtaposition de couleurs, à la façon dont les silhouettes se détachent du fond avec grâce, ou encore à son univers de textures et de lumière ? Je ne saurais dire exactement quel est le secret de cette jeune californienne. C'est ainsi que j'ai décidé d'examiner son travail de plus près, et de plonger dans son univers. Aujourd'hui, j'aimerais vous présenter une artiste, qui, à mon avis conjugue talent et originalité. Si vous voulez mon avis, voilà une peintre qui va prendre une grande importance à l'avenir. Je suis ravi de recevoir ici Jylian Gustlin :

C'est un honneur pour moi de vous recevoir sur ce blog, Mrs Gustlin, donc, dites-moi, quand et comment avez vous débuté la peinture et le dessin ?

Mon premier souvenir artistique remonte à mes trois ans, à cette époque, j'ai réalisé une fresque murale sur un mur entier avec des crayons de couleur.

Je vois, et donc après cela, qu'est-ce qui vous a motivé assez pour en faire votre activité principale ?

C'est ma première galerie d'art qui m'a encouragé à peindre à plein temps.

Très rapidement, si vous deviez décrire ce que vous essayez de faire, que diriez-vous ? Quel est l'essence de votre travail ?

Je travaille en combinant diverses techniques artistiques, impression, céramique, sculpture, peinture, dessin, couture, art numérique ou encore collage. Essentiellement, ma méthode de travail est de faire le maximum d'erreurs possibles jusqu'à ce que ça soit fini. Mes sujets changent en fonction de mes intérêts du moment, les personnages ont toujours été au centre de mon travail puisque j'ai toujours été fascinée par la condition humaine :

Un passant anonyme . Un personnage solitaire immobile au coin d'une rue.

Une personne qui passe à toute vitesse. Quelqu'un qui vient, qui va, qui vit dans notre société de l'anonymat.

Une personne dans la foule, un représentant de la majorité silencieuse.

Quiconque crie ou rêve ou chante à l'intérieur de nous.

Une personne qui vit seule au milieu de la foule.

Un monument représente le moment, en musique, où tous les instruments sont en harmonie.

Notre ancienne identité à gauche et la nouvelle à droite.

Un monde résolument surréaliste. La vue de routes et chemins plus longs et plus larges qui se fondent dans le brouillard qui envahit nos esprits.

Et selon votre vision très poétique, quelle est la place de l'artiste dans la société d'aujourd'hui ?


Pour moi, être artiste signifie tenter de créer de la Beauté, à la façon dont le Canon de Pachelbel peut me faire venir les larmes aux yeux . Si l'on peut, amener les gens à ressentir.

Très bien, mais pensez-vous qu'être artiste est une chose raisonnable ?

C'est la seule chose raisonnable que je pense pouvoir faire. Même si j'aime vivre, aimer, être, nous sommes tous des artistes à notre façon. La création est partout, dans le sourire d'un enfant, dans le murmure du vent, dans un brin d'herbe.

 
Quels autres artistes aimez-vous? Parmi les vivants d'abord, puis les autres.

Pour moi, les plus importants sont Nathan Oliveira, Javier Marin, Hildegard of Bingen, Robert Motherwell, David Hockney, Agnes Martin et Egon Schiele

L'oeuvre que j'ai choisi de vous présenter s'intitule "Torso I " par Nathan Oliveira


Comment voudriez-vous que les gens regardent vos œuvres et quel type de réaction attendez-vous ?

J'aime quand les collectionneurs de mes œuvres me disent que même des années après l'achat d'un tableau, ils y trouvent encore des éléments nouveaux, ou alors qu'ils ont redécoré une pièce, juste pour qu'elle aille avec l'une de mes peintures. Avoir des retours sur son travail, je crois, est une aide pour tous les artistes si ils savent écouter suffisamment attentivement. 

Dans quel type d'environnement aimez-vous travailler ?

Je viens de mettre la dernière main à un nouvel atelier magnifique avec de larges baies vitrées et des portes immenses, quelle joie de pouvoir créer dans un tel lieu ! J'aime aussi être entouré de jardins merveilleux.

Est-il nécessaire , selon vous, d'avoir suivi un enseignement académique ? Et quelle qualité un artiste devrait chercher à développer ?

Je ne sais pas si c'est nécessaire d'avoir suivi ce type d'enseignement même si je suis contente de l'avoir fait, ça m'a beaucoup aidé. Si je devais choisir une de qualités importantes pour un artiste, je dirais la faculté d'observation, de faire attention à ce qui nous entoure, à ce qui se passe autour de nous. Le reste est accessoire.

Et quel oeuvre avez-vous choisi de présenter à nos lecteurs ?

C'est une oeuvre intitulée "Bivium 3"


Admirable, dites-moi, où peut on voir vos œuvres récentes, où nos lecteurs peuvent-ils acheter une de vos œuvres ?

 Sur mon site Web, www.jyliangustlin.com ,je propose des œuvres récentes et anciennes, c'est là que vos lecteurs pourront voir davantage et acheter une œuvre.

Que diriez-vous à quelqu'un qui n'a jamais mis les pieds dans un musée ou à une exposition ?

Qu'est-ce que vous attendez ? C'est une des façons la plus agréable de passer un après midi, je vous recommande fortement d'y aller.

Avez-vous un message à faire passer à nos lecteurs, que l'on espère nombreux ?

Que nous ne formons qu'un

Merci beaucoup, Mrs Gustlin, de vous être prêtée au jeu de l'interview, je réitère mon conseil de suivre attentivement cet artiste, très douée et quant à nous, on se retrouve plus tard pour une petite causerie. Et d'autres interviews.

mercredi 2 juillet 2008

A la Rencontre d' Alan Lofsness

lofsnessenglish.pdf (ENGLISH VERSION PDF)


C'est avec un grand plaisir que j'accueille aujourd'hui Mr Alan Lofsness sur ce blog, puisque c'est ma conviction que davantage de gens devraient découvrir cet artiste étonnant, ici en Europe , et ailleurs : Sous les influences partagées du cubisme et de l'Art Deco, il a créé un style et un e atmosphère unique, ses paysages et ses personnages partagent la même force et la même présence. utilisant constamment de nouvelles techniques et de nouvelles gammes de couleur, son œuvre réserve toujours des surprises et reste toujours audacieuse. Voilà un artiste que je vous recommande de regarder de près si vous n'êtes pas déjà tombé sous le charme du monde de Lofsness.

Mr Lofsness, Je suis fier de partager ce petit bout de blog avec vous.Vous êtes ici sur un blog de langue surtout française, et ici, nous sommes très curieux de tout ce qui se passe de l'autre coté de l'Atlantique. Vous êtes né dans le Minnesota , mais la plus grande partie de vos ancêtres sont des européens, si je ne m'abuse ?

Et bien, oui, mon plus lointain ancêtre connu était un Pirate hollandais qui s'est réfugié tout au nord de la Norvège pour échapper à la Justice, aux alentours de 1600. Il s'est installé sur une petite ile avec des descendants de vikings, et a fondé une nouvelle famille. Mon grand-père est né là en 1840 et il a eu 18 enfants, parmi lesquels mon père, en 1908, né sur la même ile, mais qui, lui, a décidé de partir pour l'Amérique à l'age de 16 ans. C'est pourquoi je suis né en 1947 au beau milieu des Grandes Plaines de l'ouest américain. Ma mère, de son coté, venait d'un petit village de Suède.

Ainsi quand avez-vous commencé à peindre ?

J'ai su très tôt que j'étais un peintre. C'était un impératif génétique. Peut-être que cet intérêt pour l'art me vient de l'art populaire Suédois , mais je suis sur que mon gout pour la rébellion vient des Pirates et des Vikings.

Et est-ce que cet élan a suffi pour que vous en fassiez votre métier ?
J'ai toujours trouvé ma motivation en moi-même à travers une obsession de peindre des images, donc oui.

Et cette activité, vous la décririez comment en termes simples ?
Je suis un artisan qui invente et peint des images.

Vu comme cela, quelle peut être le rôle de l'artiste dans la société d'aujourd'hui? Est-ce un rôle d'influence ?
Ce n'est pas une carrière où il s'agit de pouvoir, il s'agit de problèmes privés nécessitant des décisions personnelles .

Donc c'est plutôt raisonnable d'être un artiste ...
Il est tout à fait possible pour un artiste de vivre une vie raisonnable et organisée. C'est du travail, c'est assez délicat, mais c'est possible.

A présent , parlons de vos gouts personnels, quels autres artistes vivants aimez-vous ?
Les artistes populaires du Delta du Mississipi. Et en ce qui concerne les artistes disparus, C'est Picasso que j'admire le plus, c'est pourquoi j'ai choisi de vous montrer une de ses œuvres, "La Femme Fleur" un portrait qu'il a fait de Françoise Gilot. 


Parlons de votre peinture, comment réagissez-vous à la façon dont les gens voient vos œuvres ?
Je suis souvent impressionné de voir à quel point certains collectionneurs aiment mes peintures. Plusieurs d'entre eux possèdent des collections de 50 à 100 œuvres. J'essaie de ne pas être influencé par les ventes, de toutes façons, je ne suis pas maitre de la manière dont ils voient mes tableaux, et je suis trop occupé à peindre pour m'en soucier.

A quoi ressemble votre espace de travail ?
Je me démène pour limiter le désordre, je fais en sorte que tout soit propre, simple et direct.

En tant qu'ancien étudiant en Art, pensez-vous qu'il soit nécessaire d'avoir suivi une formation académique et toujours selon vous, quelles sont les qualités requises pour devenir un artiste ?
L'enseignement artistique a de bons et mauvais cotés. Les professeur d'art font pas mal de dégâts. Ils apprennent aux étudiant à savoir enseigner l'art et à accepter leur souffrance.Les sciences humaines, la philosophie, l'histoire de l'art et le dessin sont des matières importantes. Si un artiste est vraiment pressé il devrait apprendre la technique auprès d'un artiste travaillant à plein temps  et pas auprès d'un professeur. Je ne sais pas vraiment ce qu'il faut pour être un artiste, mais peut-être qu'il suffit de courage.

Laquelle de vos œuvres voulez-vous présenter à nos lecteurs ?
'Garden'  ( le Jardin ), je l'ai terminé hier.


Sur quoi travaillez-vous en ce moment ?
Dans la série de tableaux actuelle il est surtout question de techniques, ça avance bien, dans une bonne direction.

Où est-ce que les lecteurs peuvent voir vos tableaux et les acheter ?
Je suis un artiste à plein temps qui vend sur eBay, il vous suffit d'aller PAR ICI ou de chercher LOFSNESS sur eBayI

Avez-vous un message à faire passer aux gens qui n'ont jamais mis les pieds dans une expo ou un musée ?
Non, ce n'est pas mon travail, il vaut peut-être mieux qu'ils n'y aillent pas (rires)

Quel message voulez vous transmettre aux (nombreux) lecteurs du blog ?
Le son du tam tam Dakota solitaire rsonnant dans l'immense Eden Prairie de l'ouest américain.

Et bien merci beaucoup pour cette dernière image apaisante et poétique, Mr Lofsness, j'espère sincèrement que de nombreux lecteurs iront voir vos œuvres, et commenceront à se passer le mot. C'était un plaisir de vous écouter, vous êtes le bienvenu quand vous voulez. Personnellement je retrouve tout le monde un peu plus tard pour de nouvelles élucubrations sur l'art ou mon travail en cours. Bonsoir.



jeudi 26 juin 2008

A la Rencontre de Virgile Debar

vdebar.pdf (ENGLISH VERSION )

Le monde est empli d'images de toutes sortes et parmi celles-ci, il y a celles qu'on a pas choisi, qui sont destinées à être produites en série pour nous envahir et nous pousser à la consommation. Ce sont ces images -là que Virgile Debar a décidé de déchirer, remodeler, recomposer afin de leur apporter sa touche très personnelle. Les personnages qu'il représente sont libérés, se sont libéré,on sent chez ce peintre une grande énergie, à la fois musicale, impertinente et pleine d'humour. Mais son travail va plus loin, puisque son inspiration vient d'un questionnement artistique et spirituel, Virgile Debar est en perpétuelle recherche, en perpétuelle aventure. Je le reçois aujourd'hui pour vous permettre de découvrir son travail et sa démarche originale.

Quand et Comment avez-vous commencé à peindre, dessiner, sculpter etc?

J’ai commencé très jeune comme tous les gamins je regardais des dessins animés et j’ai commencé à vouloir reproduire ou simplement inventer des histoires en dessin.

Qu'est-ce qui ou qui a motivé votre décision d'en faire votre principale activité ?

Quand j’étais a l’école, je m'ennuyais, je n’aimais pas trop les matières qu’on m’enseignait
Par exemple en français, je devais lire des bouquins qui m'ennuyaient, enfin disons que c’est plutôt les profs qui m'ennuyaient parce que par la suite j’ai lu mais de mon propre gré. Enfin bref j’aimais pas l’école, à part les arts plastiques ou je sentais qu’il pouvait avoir une grande liberté malgré un sujet imposé et comme je me débrouillais bien et que j’étonnais mes camarades et mes profs j’ai continué. Et puis je pense que j’avais beaucoup de chose à dire et que c’était un bon moyen de le faire. Mais je ne savais pas que la peinture pouvait devenir une activité, c’est venu petit à petit.

Le plus brièvement possible, comment décrivez vous ce vous faites (ou essayez de faire) ?

Ça va être compliqué de le faire le plus brièvement.
Mon travail interroge et met en dialogue l’image à grand tirage (publicitaire dans un objectif de consommation) et une écriture personnelle, en l’occurrence ma peinture
J’essaye de faire des images qui ne sont pas communes, car je sais que l’histoire de la peinture existe depuis des millénaires. Par exemple quand je traite le nu, je ne pense pas retomber dans les clichées d’un art désuet, je pense apporter une nouveauté, je ne pense pas être un suiveur pour répondre à certains qui pensent que la peinture n’a plus grand-chose à dire.

Quelle est la place d'un artiste dans la société d'aujourd'hui à votre avis ?

Je ne sais pas trop et pour être franc je m’en moque un peu, j’essaye seulement de me battre du mieux que je peux pour vivre de ma peinture.

Être un artiste est-ce bien sérieux ?

Être Président de la République est-ce bien sérieux ?

Quels autres artistes vivants aimez vous ? Pouvez vous commenter votre choix?

Dans les artistes que je vais citer se sont aussi bien des peintres, que des musiciens ou auteurs de B.D., ou encore écrivains et en plus certains sont morts ou séparés. J’aime bien Jörg Hermle, Robert Crumb, Jean Rustin, Julie Doucet, Nicolas De Crécy, Les Sherrif, Hans Bellmer, Led zeppelin, Iggy Pop, le Velvet Underground, Nirvana, Basquiat, White stripes, les Beruriers Noirs, les Melvins, Zabriskie point, William Burroughs, Rimbaud, Baudelaire ….tous ces gens ont plus ou moins influencé mon travail quand ils m’ont pas rendu sourd à force d’écouter à fond leur musique. (Rires)

Je vous ai demandé de choisir un artiste et l'une de ses oeuvres pour présenter à nos lecteurs ...

J’ai choisi une œuvre de Rustin  qui se nomme femme nue debout, les mains écartées. Parce que c’est un grand peintre qui n’est pas apprécié à sa juste valeur comme par exemple peut l’ être Bacon ; Peut être que ça ne se voit pas au premier coup d’œil mais son travail au delà du fait qu’il m’impressionne m’ a vraiment inspiré

Comment aimeriez vous que l'on regarde vos oeuvres ? Quelle réaction vous a le plus marqué ?

Je n’ai pas a dire comment on doit voir mes œuvres .Dans mes rêves j’espère qu’elle apporte autant d’énergie qu’un bon groupe de musique, vous savez ce genre de groupe qui vous donnent des frissons ou vous font sauter au plafond .Parce que moi, personnellement je n’ai jamais croisé d’œuvre qui m’ait fait cette effet

Dans quel environnement aimez vous travailler ?

Avec des femmes nues (mort de rire)

Est-ce que le fait d'avoir une formation académique est nécessaire ?

Pas vraiment, je pense que ça dépend de ta personnalité, je pense que ce n’est pas un diplôme qui fait de toi un artiste, ça ne fonctionne pas comme un diplôme d’électricien par exemple, J’ai fait un bref passage aux Beaux Arts mais je ne me sentais pas vraiment à l’aise, d’ailleurs dès qu’il y a le mot école, je ne me sens pas vraiment à l’aise. Mais ce qui est bien dans une école d’art, c’est que tu peux profiter des ateliers et éventuellement faire des rencontres.

Laquelle de vos oeuvres avez-vous envie de partager avec nos lecteurs ?

      

Laquelle de vos oeuvres avez-vous envie de partager avec nos lecteurs ?

J’ai choisi Californienne Perspective. Bien que je souhaiterais ne pas trop dévoiler la signification de ce tableau, je vais quand même le faire. On peut percevoir ce tableau comme une fille ouverte sexuellement, non pas comme un objet sexuel mais comme une fille qui assume sa sexualité et avec qui on va passer un bon moment, c’est une Super Woman, le S sur son slip l’indique, ça fait aussi référence à l’origine du monde.

On peut aussi la voir comme une sorte de passage vers le paradis ou l’enfer elle porte une guitare sur le dos comme on peut porter sa croix, elle décidera de si tu atteindra les étoiles ou pas. Ma peinture est bien plus spirituelle et critique qu’on peut le croire .Voila, je n’en dirai pas plus … les gens peuvent y voir ce qu’ils veulent.


Sur quoi travaillez vous en ce moment ? Avez vous des projets ?

Je travaille ma peinture, j’ai des projets d’expos et j’espère pouvoir ne plus me consacrer qu’à cela

Avez vous un message à faire passer aux lecteurs (nombreux on l'espère ) de ce blog ?

Non ! Qu’ils comprennent comme bon leur semble mon travail

Et il me reste à remercier Virgile Debar d'avoir accepté de répondre à mes questions, je vous encourage à découvrir le reste de son travail sur le site de la galerie Serrano

Je vous retrouve un peu plus tard pour d'autres nouvelles nouvelles du front de l'est

lundi 23 juin 2008

A la Rencontre d' Aldéhy

aldehyenglish.pdf (ENGLISH VERSION )


Je tiens aujourd'hui à vous faire partager une émotion forte, celle qui m'a envahi lorsque j'ai découvert la peinture d'Aldéhy, par hasard, au tournant d'un des chemins de l'imaginaire. Profondément humaine et réconfortante, son œuvre nous révèle à nous-même, avec une douceur déconcertante, un humour amical et une technique à toute épreuve. Ses portraits d'enfants sont touchés par la grâce, tandis que son « Odyssée de l'espèce », une série de 25 tableaux, place un trait d'union entre les hommes et leur Histoire. Un enthousiasme communicatif se dégage de chacune de ses œuvres. L 'extraordinaire variété de ses thèmes ne fait que renforcer ce sentiment d'appartenance au monde d'Aldéhy, sa peinture vous accueille, vous adopte tout en finesse. Allez plonger dans ses eaux mélanésiennes, baladez vous dans les ateliers, rencontrez Moïse ou Lucy, rencontrez le meilleur de l'homme qui est en vous. Sans plus attendre, j'ai le plaisir de laisser la parole à l'artiste :

Aldéhy, quand avez-vous commencé à peindre ?

Cela remonte à 1975, j'étais sur une île du Pacifique Sud du nom de Port Vila, dans l'archipel de Vanuatu – que l'on appelait auparavant les Nouvelles Hébrides.

Et qu'est-ce qui vous a donné envie de vous mettre à la peinture pour de bon, là-bas ?

Ce sont les paysages enchanteurs de ces endroits, ainsi que l'observation des rites et des coutumes des mélanésiens, tout ceci m'a encouragé.

Et c'est pour notre plus grand plaisir, est-ce que vous sauriez décrire ce que vous tentez de faire ?

Mon bonheur est de manipuler la couleur et de créer des mélanges.

Et qu'en est-il du rôle de l'artiste, de sa place dans la société d'aujourd'hui ?

L'artiste est un révélateur et recherche en permanence la « Grâce ».

Est-ce si sérieux que ça d'être un artiste ?

Ça dépend pour qui, à chacun sa vision et sa philosophie, j'aime la phrase de mon ami Christian Bobin « Un peintre c'est quelqu'un qui essuie la vitre entre le monde et nous, avec un chiffon de lumière imbibé de silence ».

Ce qui , à mon avis, vous correspond parfaitement, une phrase qui paraît écrite pour vous, et parmi les autres artistes vivants, qui est-ce que vous aimez ?

J'aime beaucoup le sculpteur Ron Mueck. Le Réalisme et l'émotion dégagées par ses œuvres sont sublimes. J'aime également des peintres d'autres époques, les peintres du clair obscur comme Philippe de Champaigne, Caravage, le « Radeau de la Méduse de T. Géricault ».... C'est l'intensité des émotions révélée par ce traitement pictural qui me passionne. Et l'œuvre que j'ai choisi de vous montrer est « La Passion du Christ » de Matthias Grünewald


En ce qui concerne vos propres oeuvres, quelle réaction attendez vous des spectateurs ?

De la joie ... une vielle dame de 91 ans m'a dit que son mari, récemment disparu, aimait tellement ma peinture qu'il serait venue voir mes exposition à genoux ! C'est la réaction qui m'a le plus marqué !

Comment travaillez vous, dans quel environnement ?

Je travaille dans le silence et la solitude.

Et au niveau technique, croyez-vous qu'un enseignement académique, une formation classique soit indispensable à un peintre ?

Ca dépend pour qui ! Certains artistes virtuoses ne sont pas passés par une académie ! Il est plus important à mon avis d'être touché par la grâce que d'aller dans une école.

Absolument d'accord, alors, dites-moi, laquelle de vos oeuvres avez-vous choisi de nous présenter ici ?

«  Lumiére sur un Ange » .

Pouvez-vous commenter cette œuvre ?

L'œuvre se suffit à elle même, non !?

Bien, je voudrais également vous demander sur quels projets vous travaillez en ce moment ?

C'est un nouveau projet et je ne le présenterai qu'en 2011.

Et bien merci, et pour finir, en attendant 2011, avez vous un message à faire passer à nos lecteurs, nombreux, je l'espère, à vous découvrir ou à vous retrouver ?

Je leur souhaite un Bon Voyage !

Ainsi se termine cette entrevue avec Aldéhy, dont je vous conseille de voir et revoir les œuvres sur son site, ou dans des expositions à venir, je remercie encore l'artiste de nous avoir honoré de sa présence ici, et quant à nous , on se retrouve bientôt pour de nouvelles élucubrations.

jeudi 19 juin 2008

A la Rencontre de Lae Haska

haskainterview.pdf English Version

C'est avec une joie toute particulière que je vous présente la première artiste française de cette série d'interviews :Lae Haska . Son univers est absolument unique, je ne le répeterai jamais assez, de drôles de personnages charmants, inquiétants, amusants, peints, repeints, collés, vernis, revernis; tous ces personnages sont mis en scène dans des environnement colorés et ils présente des petites scènes théatrales à deux, trois ou plus. Sa technique très aboutie donne à ses oeuvres une texture que l'on n'oublie pas, l'aspect 'brut' laisse vite apparaître une extreme finesse, et ce n'est qu'en voyant son travail de près, en vrai, pas en photo – désolé par avance, mais procurez-vous un Haska, vous verrez ! - ce n'est que là que la présence extraordinaire de ses compositions se révèlent. Vous l'aurez compris, j'aime beaucoup, c'est pourquoi mes questions seront brèves afin de ne pas monopoliser le discours :


Quand et Comment avez-vous commencé à peindre ou dessiner ?

C’est quelque chose qui est en moi depuis toujours, mais la vie en décide souvent autrement. De par mon éducation familiale, c’était « passe ton bac d’abord, fais des études » après on verra… Je me souviens que toute petite, j’entendais autour de moi, dire que les artistes étaient qualifiés de marginaux, paumés et fauchés. Autant vous dire que cela ne m’a pas poussé à explorer le domaine de l’Art, bien que j’ai toujours eu le crayon dans la main, à griffonner sur n’importe quel support.

Qu'est-ce qui ou Qui a motivé votre décision d'en faire votre principale activité ?

La naissance de mon fils il y a 6 ans liée à une histoire sentimentale assez « torturée » a été je crois le facteur déclenchant. Je n’arrivais plus à mettre de mots sur ce que je vivais, le bonheur de donner la vie, puis retour inconscient sur mon enfance trimbalée, et enfin j’ai découvert qu’une rencontre et une histoire d’amour peut vite se transformer en une descente aux « enfers ». Grâce à ma peinture j’ai pu mettre une couleur, une image, des mots, et exorciser mes peurs profondes. J’ai ainsi apprivoisé mon passé et peut-être compris ce que j’ai vécu. Peindre mon histoire, c’est ma principale activité.

Le plus brièvement possible, comment décrivez vous ce vous faites ( ou essayez de faire) ?

Il y en a qui boivent pour apaiser leurs peines. Il y en a qui roulent à 180 km/h pour se dire qu'ils existent. Moi je peins. Alors Jeff tu vas chercher très loin les questions car là, c’est très dur de répondre. A vrai dire je ne sais pas même pas expliquer ce que je fais, c’est à la fois presque pulsionnel et apaisant.

Quelle est la place d'un artiste dans la société d'aujourd'hui à votre avis ?

Deux places : soit tu entres dans la catégorie « oh là là il/elle est spécial(e) ! » ou soit tu suscites admiration et beaux regards. Mais je m’en fiche littéralement.

Être un artiste est-ce bien sérieux ?

Plus t’es sérieux moins tu explores le fond de ton âme ! Quoique c’est un métier comme un autre ! Rencontrer une galerie et vendre ses œuvres, c’est aborder un aspect commercial bien distinct de la création. Là on ne rigole plus, c’est sérieux !

Quels autres artistes vivants aimez vous ?

J’aime beaucoup Ody Saban pour son « écriture ». Elle raconte sa vie, ses histoires tragiques et belles expériences sur ses bouts de papiers et toiles. Ses œuvres sont d’une féminité exacerbée et d’une rare poésie, parsemées de textes et personnages sortis tout droit de son âme.

Comment aimeriez vous que l'on regarde vos oeuvres ? Quelle réaction vous a le plus marqué ?

Je ne veux pas voir comment on regarde mes œuvres car finalement votre œil regarde mon intérieur. J’aimerais cependant savoir mes défauts techniques. Je suis autodidacte, et j’ai encore tant de chose à apprendre. Récemment j’ai une cliente qui m’a avoué avoir presque pleuré en regardant une de mes œuvre, c’est je crois une des plus belles déclarations.

Dans quel environnement aimez vous travailler ?

Je travaille sur mon petit bureau style antiquaire ( !) et souvent je réalise mes œuvre très vite, sans réfléchir. Je n’aime pas passer des heures sur une œuvre, faut que ce soit spontané. Si je commence à réfléchir, je n’aime pas le résultat obtenu : genre trop net et précis, je jette ! Je ne fais pas d’esquisse avant, je peins direct sur le papier ou la toile. Il m’arrive de laisser l’œuvre dans un coin quand je n’arrive pas à la terminer ou quand je bute sur un détail, ou alors je pose des couches successives de peinture, jusqu’à ce que je sois satisfaite du résultat. J’aime les reliefs, et pour cela je colle des papiers déchirés et encore et encore, puis je peins dessus.

J’aimerais avoir un atelier ou un espace fermé, où je pourrais laisser sécher mes œuvres telles quelles, les étaler, les afficher et les exposer. Là je suis obligée de tout ranger mon bazar dès que j’ai fini de travailler, et ça, c’est le hic !

Est-ce que le fait d'avoir une formation académique est nécessaire ?

Bien au contraire, ne pas avoir de formation académique permet de créer sans influence. C’est trash et spontané, c’est peut-être la plus belle des représentations inconsciente de l’âme de l’artiste. Le pinceau est ainsi le prolongement de l’univers intime de l’artiste. Mais aujourd’hui je souhaite prendre des cours/techniques, car je sens que pour aller plus loin, il me faut quelques astuces…alors je recherche un peintre chevronné, style figuratif pour être son disciple ! Je lance un avis de recherche !

Quelle oeuvre voulez-vous présenter aux lecteurs du blog ?

Je n’arrive pas à choisir…allez au hasard, une des dernières…

Un commentaire sur ce choix ?

Non je peux paaaas ! impossible !

Sur quoi travaillez-vous en ce moment ?

Je travaille sur une toile 80x80cm, que je défais et refais depuis 6 mois, du coup elle pèse très lourd, car il y a de la peinture et de la peinture ! Elle représente près de 50 personnages les uns sur les autres. Elle est hyper chaotique !

Avez-vous des projets ?

Je prépare une visite chez un galeriste pour la première fois de ma vie. Je vais avoir droit à un coup d’œil averti, l’inspection de mon univers en gros…donc je ne suis pas très sereine ! mais bon je m’en fous un peu…cela ne m’empêchera pas de continuer à peindre !

Avez vous un message à faire passer aux lecteurs (nombreux on l'espère ) de ce blog ?

Savoir apprécier une œuvre pour ce qu’elle vous procure et non pas aimer une œuvre parce que l’artiste est renommé !

Et bien, j'espère que cette interview vous aura plu et apporté un peu d'envie de vous tourner davantage vers l'art en général et la peinture en particulier, on se retrouve quant à nous demain pour de nouvelles élucubrations,Merci à tous

mardi 17 juin 2008

A la Rencontre de Robert Dale Williams

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J'ai le plaisir aujourd'hui, juste pour mon anniversaire, de vous présenter, pour ceux et celles qui ne le connaitraient encore pas, Robert Dale Williams. Né en 1972 en Pennsylvanie, R.D Williams est un peintre réaliste américain de tout premier plan, diplomé de l'Académie des Arts de New York, puis élève de Odd Nerdrum. Il nous invite  à partager son experience de la beauté à travers des oeuvres puissantes et revétues d'une certaine aura de mystère. En effet, l'atmosphère toute particulière de ses oeuvres nous interroge, nous emmene ailleurs. Mais pour l'heure, c'est à mon tour d'interroger ce grand artiste promis à un bel avenir (Traduction Jeff Roland)


Cher Monsieur Williams, je suis honoré de vous accueillir sur mon blog, et je pense que vos réflexions vont intéresser pas mal de nos lecteurs, et peut-être déclencher des réactions, mais tout d'abord, pouvez-vous nous dire à quel moment vous avez commencé à dessiner puis à peindre ?

J'ai consacré la plus grande partie de mon énergie créatrice à essayer de devenir illustrateur lorsque j'étais jeune, mais c'est en 1996, alors que j'étudiais le Commerce que j'ai décidé de changer complètement de voie, et ainsi de carrière , en passant à la peinture. Je cherchais un nouveau défi à relever, un domaine dans lequel je pourrais me jeter corps et âme. Ainsi je suis devenu un étudiant en Art dans une autre université. Ce n'était que le début d'un parcours difficile.

Et qu'est-ce qui a fait que vous passiez à la peinture de manière professionnelle ?

Lorsque j'ai entamé mes études, mes peintres préférés étaient les Grands Maîtres et Vincent Van Gogh, Je désirais réaliser des toiles spectaculaires et audacieuses, mais ma technique était trop limitée, et mes professeurs ignoraient les techniques utilisées par les Grands Maitres, Au moment où je suis entré à l'école Supérieure d'art Figuratif de l'académie des Arts de New York, en 2002, mon inspiration venait de  Maitres contemporains comme Odd Nerdrum et Steven Assael.

De votre point de vue,qu'advient-il de l'art et des artistes dans le monde actuel ?

Aujourd'hui, il y a tant d'artistes qui sont des caricatures de ce que la population imagine être des artistes, C'est de la comédie : vous pouvez acheter des reproductions couleur produites en série, lesquelles ont été fabriquées très vite uniquement parce que l'artiste essayait de se constituer un catalogue, Aujourd'hui l'art se moque de lui-même, il est plus que jamais à son propre service.


Dans cette situation, être un artiste a-t-il encore un sens ?

Oui, c'est possible, mais c'est comme dans les autres professions : Si vous ne fournissez pas un travail de valeur, de qualité, aux gens, vous ne faites que votre propre promotion, et cela n'a aucun sens de rendre vos efforts publics, la plupart des artistes ne peuvent dépasser le stade du « Regardez-moi ! » et « Regardez ça ! », Martha Mayer Erlebacher, l'une de mes professeurs de l'académie des Arts de New York, m'a appris à me montrer généreux envers le spectateur, C'est à dire, qu'est-ce que votre peinture apporte à celui qui la regarde ? De la Beauté, de l'émotion, ou ou de l'admiration ? La plupart des artistes recherchent la célébrité à un degré ou un autre. Lorsque j'étais plus jeune, pendant un temps, je me suis confronté à mon propre ego, puis , je l'ai mis de coté et me suis concentré sur ce que mon travail apportait réellement aux spectateurs.


Quels autres artistes aimez-vous alors ?


La plupart de mes artistes favoris sont des élèves d'Odd Nerdrum : Helene Knoop, Jan Ove Tuv, Monika Helgesen. Récemment, j'ai découvert un jeune peintre russe qui s'appelle Alexei Golovin, absolument fantastique. Pour en citer quelques autres, j'aime aussi Steven Assael, Jeremy Lipking, Adam Miller, Daniel Greene, et Nelson Shanks.


Je vous propose de regarder un exemple de la peinture d'Alexei Golovin, " Self Portrait with Grandfather" , (Autoportrait avec Grand-Père)

Et laquelle de vos propres oeuvres avez-vous envie de montrer à nos lecteurs?


Il s'agit d'une huile sur bois de 2005 intitulée «  Man with a Fur Hat » (L'Homme au chapeau en fourrure)


Comment aimeriez-vous que les gens voient votre travail ?

Si j'ai réussi, mes peintures devraient susciter l'empathie chez les spectateurs . J'espère leur procurer une expérience mémorable.


Est-il nécessaire selon vous d'avoir reçu un enseignement académique ?

La réponse dépend beaucoup de la sorte de peinture que vous voulez produire. Dans le cadre de mon propre parcours, la formation académique et l'étude d'aprés nature ont été essentiels. Dans le monde de l'art, toutefois, on peut être « autodidacte » et être considéré comme un « génie ». Si vous voulez être un grand artiste, vous pouvez vous moquer des règles et faire quand même une belle carrière. Si vous voulez être un grand peintre, le défi que vous devez relever est en quelque sorte de capter et canaliser la beauté de la nature


A quoi travaillez-vous en ce moment ?

Je continue une nouvelle série de peintures, j'espère que tous , vous pourrez voir les résultats sur mon site web www.robertdalewilliams.com , dans le courant de cette année.


Et pour conclure ?

J'aimerais remercier Jeff Roland de me donner l'occasion de parler de mon travail, je suis impatient de voir son projet de musée porter ses fruits.


Je tiens encore à remercier monsieur Williams de sa présence ici, j'espère que cette interview vous aura satisfaite, et qu'elle va susciter commentaires et débats, vous êtes les bienvenus pour le faire sur ce blog. N'oubliez pas de visiter www.robertdalewilliams.com

Quant à nous , on se retrouve demain pour de nouvelles elucubrations, et quelques nouvelles de l'avancée de mon travail.


jeudi 12 juin 2008

A la Rencontre de Eileen O'Rourke

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J'ai le plus grand plaisir à vous présenter une artiste aux talents multiples dans cette toute nouvelle rubrique consacrée à la rencontre d'artistes d'aujourd'hui. A la fois peintre, photographe et réalisatrice, Eileen O'Rourke est née en 1973, et réside actuellement à Manchester, où elle a décidé de reprendre le chemin de l'université afin de passer une Maitrise en Arts Appliqués. Elle a bien voulu répondre à mes questions afin de mieux partager sa passion pour l'Art avec le public français.Sans plus attendre voici Miss Eileen O'Rourke :

Pouvez-vous nous dire de quelle manière et à quel moment vous avez commencé à peindre
ou dessiner ?

On m'a dit que je dessinais avant même de savoir parler correctement... j'imagine que c'était mon langage à moi, peut-être est-ce lié aussi au fait que je suis dyslexique, peut-être encore était-ce parce que mon mon cerveau s'était développé comme ça. Ou alors, c'est génétique, puisque mon père était artiste également.

Et l'envie d'en faire votre principale occupation, d'où est-elle venue ?

Je pense très sincèrement que tout est venu de mon père, dans mes souvenirs , je me vois encore dessiner, assis sur ses genoux, tandis qu'il m'expliquait la manière de dessiner, Je me souviens qu'il m'a enseigné la perspective quand je n'avais encore que trois ans, et j'ai compris tout de suite,
Mon père est mort alors qu'il nous conduisait à l'école, ma sœur, mes frères et moi.... on a percuté un arbre, nous sommes sortis de la voiture, il est reparti avec la voiture et juste après, il est mort dans un autre accident. On a eu de la chance.....
C'est pour ça que je passais mes journées à dessiner...,en faisant cela, je me sentais plus proche de lui.


Et maintenant quelle est votre démarche ? Pouvez-vous décrire ce que vous essayez de faire à travers vos œuvres ?

J'essaye de cerner l'idée du Soi, l' âme, qui est si mal comprise dans le climat actuel.

Et dans la société actuelle, quelle est alors la place d'un artiste, selon vous ?

La culture nous apprend qu'il ya des idées préconçues, que les gens ne se soucient pas des artistes, c'est la société dans laquelle on vit,quelle qu'elle soit, qui devrait déterminer le rôle de l'artiste. Nous vivons dans des sociétés où des gens venant d'horizons totalement différents sont des artistes. Tout est bon maintenant.

Donc, être un artiste, c'est bien sérieux

Absolument

Quels artistes actuels admirez-vous et pouvez vous nous dire quelle reproduction vous avez choisi de nous montrer et pourquoi ?

Pour n'en citer que quelques uns, j'aime beaucoup Tracy Emin, dont j'ai choisi une oeuvre, mais aussi Bill Viola et les frères Chapman [Jake et Dino Chapman]


Regardons l'œuvre de Tracy Emin :



J'aime Tracy Emin parce que c'est une fille normale qui a été élevée à la dure, un peu comme je l'ai été.... Elle a beaucoup de cran !!! Et elle dit : je suis une artiste et alors qu'est que vous voulez que j'y fasse !! (rires) J'ai choisi cette image parce qu'elle montre dans quel environnement on vit ... l'argent est la racine du mal.


Parlons de votre propre œuvre, quel type de réaction attendez-vous ?

Je déteste qu'on me range dans une case... Je voudrais que les gens regardent ce que ces œuvres signifient POUR EUX ... parfois les gens trouvent que mes peintures sont dérangeantes...mais c'est justement avec l'idée de perception que je m'amuse....si c'est simplement beau, bon d'accord... (rires) mais ça ne correspond pas au monde dans lequel on vit, non ?


Dans quel environnement préférez-vous travailler ?

Je sais travailler seule, mais j'ai besoin d'être entourée de gens qui sont sur la même longueur d'onde que moi.

Est-il nécessaire selon vous d'avoir une formation académique ?

Venant de quelqu'un qui a longtemps été en dehors de tout ça ??? Je dirais qu'il est nécessaire de s'impliquer dans un groupe de travail, j'ai reçu une formation académique mais c'est l'environnement qui est important, si vous êtes un artiste , sans diplôme, je vous conseillerais de rejoindre un groupe de travail, c'est exactement la même chose que d'aller à l'université.

Regardons l'une de vos œuvres, celle que vous avez choisi de commenter :


C'est Me at 6 [Moi à 6 ans], juste après la mort de mon père, la perception que j'avais du monde dans lequel je vivais a changé pour toujours,

Avez-vous des projets ? Sur quoi travaillez-vous en ce moment ?

Je vais commencer ma Maitrise d'arts Appliqués afin de me consacrer principalement au film, J'ai produit un film racontant ma vie et mes difficultés liées à la perte de mon père, J'ai utilisé des techniques simples et motivantes sur lesquelles je souhaite travailler pendant ma résidence à l'université. Mes mots sont simples mais mon esprit est en ébullition, ce que je ne peux dire avec des mots, je le dis avec mes yeux et le film est un autre langage aisément accessible, Je suis une artiste, université ou pas, mais si je veux atteindre un certain niveau, j'ai besoin de suivre ces études, il est difficile d'être exposé en galerie si vous n'avez aucune formation.

Pour finir, qu'avez-vous envie de dire aux lecteur de cette interview ?

Si l'art est tout pour vous, si vous avez envie de dire quelque chose à un public plus large,

Si vous voulez faire la différence.... alors je vous dirais que peut-être vous devriez aller à l'université.

Mais si vous adorez ça, et l'adorez juste pour vous-même, rejoignez un groupe, et continuez de vous exprimer

Ce qui m'inspire, c'est l'amour, la famille...les sociétés toutes différentes les unes des autres, l'idée que nous vivons dans un monde guidé par l'argent, dans un monde religieux....

Mais imaginez un instant si on était tous identiques....même pour une seule seconde...Quelle vie ce serait!


 Ainsi se termine cette première interview,j'espère qu'elle vous aura passionné autant que moi,

n'oubliez pas de visiter le site web de Miss O'Rourke

Quant à nous, on se retrouve un peu plus tard pour de nouvelles élucubrations sur mon travail en cours