Jeff Roland Outsider Art

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jeudi 18 décembre 2008

A la Rencontre de Sophie Dunér

ENGLISH VERSION.pdf

Pour la première fois, j'ai choisi de vous présenter une artiste qui s'exprime par la musique: Sophie Dunér est une artiste suédoise de grand talent, et sa voix nous emmène loin des sentiers battus, exprimant en toute liberté son originalité et sa créativité. Ses compositions passionnées sont résolument vivantes et vivifiantes, sensibles et explosives. Entrez vite dans son univers, et laissez vous porter par sa voix unique . C'est assurément une artiste à suivre de prêt que je vous propose de découvrir dès maintenant.

Quand avez vous commencé à faire de la musique ?

J'ai commencé à jouer du piano à l'age de 6 ans avec comme professeur Carl Tillius et j'ai commencé à chanter à l'age de 14 ans à la Stage school, dans les deux cas à Gothenburg en Suède. Puis j'ai poursuivi mes études musicales autour de 19 ans au Berklee College de Boston, aux Etats-Unis. Un peu plus tard, j'ai participé au cours d'été de musique de Stockhausen à deux reprises en Allemagne.

Qui ou qu'est-ce qui vous a motivé pour en faire votre principale activité ?

Personne. Je ne me souviens pas pour quelle raison, peut-être simplement parce que je ressentais le besoin de créer. Je peins également depuis que je suis petite.

Aussi brièvement que possible, pouvez-vous nous expliquer ce que vous essayez de faire ?

J'essaye de créer et de jouer qui exprime les formes d'énergie et de sentiments qui me traversent et que je ne peut faire ressortir dans la vie de tous les jours, la vie réelle. L'énergie, les contrastes, la rébellion, le beau , le vicieux; la rêverie, la tension, l'explosion, et ainsi de suite. Des paroles qui sont à la fois laides et magnifiques. En tant que personne, je suis assez « double », j'ai toujours deux faces à chaque chose et cela ressort dans la musique aussi. Cela peut paraître très orienté sur l 'égo, de vouloir exprimer quelque chose de très personnel mais je suppose que tous les artistes le font, non ? Ou peut-être que les plus 'classiques' sont moins tournés vers l'égo, jouant ce que les gens veulent entendre. Mais , si tout va bien, je pense que je peux toucher certaines personnes... certains de mes morceaux ne sont pas réellement 'classiques' et plus 'partis', et on pourrait les étiqueter comme 'mentaux' ou 'intellectuels', et lorsque ça arrive , j'essaye toujours d'être aussi expressive, folle et passionnée que je le peux, car je pense que lorsque vous entrez dans ce type de musique, il est très important d'être expressif et primitif, sinon tout cela reste froid et ennuyeux.

Quel est le rôle d'un artiste dans la société d'aujourd'hui à votre avis ?

Voilà une chose à laquelle j'ai beaucoup réfléchi ces derniers temps, à quoi sert un artiste ? Est-ce qu'on contribue à aider le monde ? Est-ce que moi, j'y contribue ? Je ne peux pas vraiment répondre. Je pense que je peux un peu influencer les choses avec mes paroles, lesquels sont volontiers polémiques et ironiques lorsqu'il s'agit de l'égalité entre l'homme et la femme. Je me moque du comportement des hommes, et dans certaines chansons , je suis assez critique, comme dans « Jack the Ripper », ou « Captain Crunch »

Est-ce que c'est raisonnable d'être une artiste ?

Et bien, si ça a une quelconque influence sur le monde, si les gens apprécient la beauté, ou ressentent n'importe quel sentiment fort, alors oui, mais, je pense qu'il y a beaucoup de musique ou d'art qui n'est pas vraiment nécessaire sur le marché, et qui nous est imposé partout autour de nous. Je pense qu'il y a un gros malentendu sue ce qui est beau. Enfin, qui peut juger ce qui est bon ou pas ? Ce n'est que mon opinion.

Quels autre artistes aimez-vous ? Dans tous les arts ?

J'aime Stravinsky, Schoenberg, Alban Berg, Bartok, Le Kronos Quartet, Frank Zappa, David Bowie, Björk, Kurt Weill, Hans Eisler. Et pour les peintres ; Egon Schiele, Sigrid Hjertén, Edward Munch

Les lecteurs peuvent écouter par exemple un morceau du Kronos Quartet sur leur page

 http://www.myspace.com/kronosquartet


Comment aimeriez-vous que les gens réagissent à votre musique ?

Les gens me disent souvent que c'est original, et j'aime assez ça. Ils disent également que c'est rempli de passion, de sang et de vie, et ça me plait aussi. Les gens qui aiment quelque chose de plus attendu semble être dérangé par ma musique parce qu'il n'arrivent pas à la mettre dans une case, mais ça ne me dérange pas.

Est-ce qu'il faut avoir suivi des cours académiques pour faire de la musique ? Quelles qualités sont nécessaires à un artiste selon vous ?

J'ai reçu une éducation de ce type mais je ne pense pas que cela soit nécessaire, les deux se valent. Je pense qu'il faut être sensible, intuitif, polémique, en colère, créatif et un peu enfantin. Aussi, je pense qu'il faut bien comprendre ce que signifie le verbe « jouer » - comme l'a dit le musicien Sun Ra, on ne devrait pas oublier que jouer d'un instrument devrait être comme jouer, dans le sens où l 'on joue ensemble pendant l'enfance.

Quel morceau voulez vous présenter à nos lecteurs ?

http://www.myspace.com/sophiedunerstringquartet


A quoi travaillez vous en ce moment ? Quels sont vos projets ? Et où peut-on trouver vos albums ?

En ce moment , je termine le pressage d'un album que j'ai enregistré cet été, sur lequel figurent mes chansons avec voix et quatuor à cordes, et il s'intitule «  The City of my dreams"

Pour l'instant, il n'est disponible qu 'en me contactant mais bientôt vous pourrez entendre l'album sur Myspace et bientôt l'acheter sur amazon.com ou CD Baby

Avez vous un message pour ceux qui vont rarement à une exposition ou un concert ?

Soyez ouverts sans trop critiquer au départ. Parfois, ce qui nous paraît laid au début peut se révéler être très beau.

Et pour les lecteurs de ce blog ?

Soyez ouverts et gardez un esprit d'enfant.

Voilà, vous voyez ce qu'il vous reste à faire,

allez vite écouter Sophie Dunér  http://www.sophieduner.com/

et n'oubliez pas de la contacter pour obtenir son tout dernier album, et moi, je vous retrouve demain.

lundi 8 septembre 2008

A la Rencontre d' Ümit Özkanlı

umitozkanli (INTERVIEW ENGLISH VERSION ).pdf

J'ai découvert Umit Özkanli en me baladant sur la toile, à la recherche d'une émotion, d'un flash, d'une étincelle, et le mystère de ce qui nous attire précisément reste entier. Surtout dans le domaine de l'abstraction. Ici, il s'est passé quelque chose, un lyrisme et une énergie particulière se dégage du travail de cet expressionniste abstrait turc. Cela m'a doublement encouragé à le connaitre davantage, d'abord parce que, comme je vous le disais, j'aime essayer de comprendre les mécanismes de l'attraction de l'abstrait, et ensuite, étant assez ignorant sur la peinture turque en général et abstraite turque en particulier, j'ai tout naturellement invité Mr Özkanli a répondre à quelques unes de mes questions. Je vous propose de le rencontrer à votre tour :

Bonjour, pouvez-vous commencer en nous expliquant d'où vous est venu le goût de peindre ?

J'ai démarré ma carrière artistique en dessinant sur des feuilles et les murs de la maison quand j'étais enfant, je devais avoir 4 ou 5 ans. Il y avait pas mal de choses intéressantes là-dedans : parce que c'était de la caricature, je dessinais pour m'amuser avec mes amis, et c'était très drôle pour moi. Le dessin, pour moi, c'était d'abord un jeu et j'adorais ça. J'aimais les dessins animés, et ensuite je dessinais les personnages, je me souviens que je réalisais même des portraits d'acteurs que je voyais dans des films. J'adore peindre et dessiner. Parce qu'il s'agit d'un autre monde que tout le monde ne voit pas directement, alors révéler ce monde , le faire remonter à la surface à travers le papier ou la toile ou autre, c'est vraiment intéressant, ça demande une aptitude particulière, et ça , je sais le faire. Et je veux le faire. J'ai abordé plusieurs autres formes d'art, mais c'est vraiment la peinture qui me permet le mieux d'exprimer mes rêves et mes pensées. La peinture inclut les couleurs, les formes, et elle est bidimensionnelle.

Et votre peinture , en particulier, comment la décririez-vous ?


Mon travail relève surtout de l'expressionnisme abstrait. Je réalise des portraits qui présentent la disposition psychologique de chacun.

Comment voyez-vous le rôle de l'artiste à notre époque ?


Les artistes ne doivent pas seulement montrer leurs oeuvres , dans la société d'aujourd'hui, ils doivent aussi l'éduquer à travers leur travail, pas uniquement une éducation informative mais une éducation esthétique. Aujourd'hui tant de gens ne sont préoccupés que de gagner de l'argent, pour résoudre leurs problèmes économiques, alors il sont aveugles à l'art. Les artistes doivent leur enseigner que la vie, ce n'est pas que l'argent, c'est ouvrir les yeux et regarder autour de soi, pour constater qu'il y a des choses bien plus belles que l'argent : ressentir cela, vivre cela, c'est sentir la Beauté. Je trouve que c'est très sérieux.

Quels autres artistes, vivants ou pas, admirez-vous ?


J'aime les œuvres du peintre turc Tomur Atagök, lequel est toujours vivant, et j'admire énormément Willem De Kooning, un des pionnier de l'expressionnisme abstrait. Ses œuvres sont pleines de rythme, de tons, verticaux, horizontaux, diagonaux. Il a travaillé en toute liberté et son travail est unique. Mon travail est proche de celui de De Kooning, mais il y a des différences bien sur, par exemple, il traite tous les sujets alors que je me concentre principalement sur le portrait. J'ai choisi de vous présenter "Door to the River" un tableau qu'il a réalisé en 1960.

Comment aimeriez-vous que les gens voient votre travail ?


J'aimerais voir mes œuvres dans des galeries, des expositions, mais la technologie se développant, il y a de multiples moyens d'amener les gens à l'art. Internet est une de ces voies. Tous peuvent voir mes œuvres sur Internet. Mais je préfère que l'on puisse regarder mes œuvres dans des magasines d'art ou des livres, c'est davantage un document que n'importe qui peut consulter, que n'importe qui peut lire chez lui, dans sa bibliothèque. C'est cette façon qui a le plus d'influence sur les gens. Et ils ont de l'influence sur ma peinture également. Je peux analyser ma peinture avec ce qu'en pensent les gens, et je serai au courant de ce qu'ils aiment et n'aiment pas. Et ainsi, je pourrai m'améliorer.

Où préférez-vous travailler ?


J'aime travailler dans des endroits où se trouvent d'autres artistes, des gens qui apprécient l'art, ainsi je peux travailler dans de bonnes conditions. Je dois voir d'autres artistes travailler, pouvoir trouver des réponses à mes interrogations, et bien sur, pour bien travailler il faut des bonnes conditions sociales et économiques.

Est-il nécessaire d'avoir suivi une formation classique pour être artiste ?


La formation académique est un guide et une façon d'améliorer votre travail. Il est nécessaire de se renseigner sur le théorique et le visuel afin de voir comment l'art se fait. Si vous pouvez y arriver sans formation académique alors, c'est une autre façon d'entreprendre une carrière artistique. Mais la vraie voie pour devenir un véritable artiste, c'est le travail, beaucoup de travail ainsi que la découverte de quelque chose de nouveau.

Dites nous quelle œuvre issue de votre travail vous avez choisi de présenter ici, et si vous voulez, dites nous en quelques mots ...


J'aimerais vous montrer ce portrait que j'ai réalisé. Parce qu'il a des points communs avec l'image que je vous ai proposé plus haut ( De Kooning) et il comprend les caractéristiques que j'ai mentionné tout à l'heure. C'est une acrylique sur toile de 2008 intitulée "Portrait of a sad man".

Cette peinture fait partie de celles que j'aime le plus. Il y a un visage qui regarde vers le bas, et c'est comme une silhouette, il n'a rien de clairement montré mais on peut 'sentir' qu 'il y a un visage et sentir son expression. Mais ce qu'on voit tout d'abord, c'est une zone sombre à l'intérieur d'une zone claire. Cet aspect donne une dynamique à l'abstraction de la peinture. Le rythme peut aussi être perçu à travers les coups de pinceau. Il ne s'agit pas du portrait d'une personne en particulier, mais de la personne qui est en chacun de nous lorsqu'on est triste. L'œuvre procède du cœur et ses sentiments, au visage, puis à la toile et enfin à l'œil du spectateur.

Vous avez des projets en cours ?


Pour l'instant, je continue à enseigner l'art. Je n'ai pas de projet particulier en cours mais ça va se faire, je pense à quelque chose qui sera en relation avec mes peintures. Vous pouvez voir mon travail sur mon site ainsi que dans une galerie online. Vous pouvez également y acheter des œuvres en m'y contactant.

Que diriez-vous à ceux qui hésitent à visiter des musées ou des expositions artistiques ?


Tout le monde devrait se rendre à des expositions. Parce qu'il y a tellement de belles choses et tellement d'univers artistiques différents. Tous devraient réveiller leur curiosité à ce sujet, les artistes ont des messages importants à nous transmettre.

Et pour finir, où peut-on voir vos œuvres ?


Vous pouvez consulter mon site www.freewebs.com/umitozkanliet mes travaux sont également présentés dans la galerie online Saatchi : http://www.saatchi-gallery.co.uk/yourgallery/artist_profile/Ümit+Ozkanlı/95493.html

Vous y trouverez mes coordonnées si vous voulez me contacter.

Et bien je ne saurais que conseiller à nos lecteurs d'aller vite voir ces toiles pleines de passion et d'énergie. Et bien, merci beaucoup, et quant à nous je vous retrouve bientôt pour d'autres aventures artistico-élucubratives, d'autres interviews et la présentation de mon travail en cours.

vendredi 29 août 2008

A la Rencontre de Cristine Cambrea

INTERVIEW ENGLISH VERSION.pdf

Je suis plus que ravi d'accueillir Cristine Cambrea sur ce blog, sa peinture fait partie de celles qui m'ont fortement motivé et inspiré, son originalité est totale, il vous suffit de laisser votre âme dériver le long de ses lignes courbes harmonieuses et ses couleurs changeantes, laissant les toiles vous emplir d'énergie. Cristine était l'une des artistes qui m'a encouragé à montrer mon travail , et ses commentaires sont toujours du plus grand intérêt. Avec une carrière qui décolle vraiment maintenant et de manière tout à fait méritée, elle est appréciée par de nombreux amateurs d'art.Et comme si cela ne suffisait pas, son discours est apaisant, elle est étonnante à écouter parler, parce qu'elle est d'une sincérité à toute épreuve. Vous ne serez pas déçus, je vous assure, mais si vous le voulez bien, faisons place à l'artiste :

Dis-moi, Cristine, tu peins depuis combien de temps ?

J'ai toujours adoré dessiner, d'aussi loin que je m'en souvienne. Petite fille, je passais le plus clair de mon temps à échapper à mes trois jeunes frères en me réfugiant dans ma chambre. A cette époque-là, Internet n'existait pas, et je n'ai pas grandi avec une télé dans ma chambre, ou des jeux vidéos, je n'avais que mon imagination. J'étais fascinée par M.C Esher, je crois que c'était le seul livre d'art que je possédais quand j'étais gamine.Je regardais ses dessins pendant des heures, en essayant de suivre des yeux ses énigmes visuelles, je m'amusais également à les regarder de loin puis de près, alors mes yeux percevait le dessin d'une façon puis complètement différemment, et ses dessins me fascinaient, à mes yeux, c'était de la magie. Comment est-ce qu'il pouvait dessiner quelque chose qui apparaissait différemment selon la façon dont on le regardait ? J'aimais aussi beaucoup les labyrinthes, et au lieu de tracer le chemin de sortie à l'intérieur, je cherchais le bon trajet avec les yeux ? Mes premières créations furent aussi des labyrinthes que je dessinais au crayon de papier et dans lesquels j'incorporais des mots, puis je suis passé à l'encre, ce que j'ai trouvé plus compliqué puisque je n'avais plus droit à l'erreur, une fois que l'encre était là, je ne pouvais plus gommer. Et c'est là que j'ai commencé à utiliser mes erreurs pour créer des images. Le trait n'était plus une erreur mais un nez, et en ajoutant un œil et une bouche , j'obtenais un visage. Mais si je continuais mon labyrinthe de lignes, alors le visage était caché et cet enchevêtrement de visages dissimulés et de mots se mêlait à l'ensemble. Puis j'ai commencé à dessiner des petits mondes à l'intérieur d'autres mondes, en dessinant de manière obsessionnelle sur chaque centimètre carré du papier. Pendant des années, je n'ai dessiné qu'en noir et blanc, pour aboutir à une certaine maitrise de la technique de l'encre sur papier, dans ce style-là. En gros, c'était des gribouillis évolués . Ce qui m'amusait, c'était lorsque les gens ne voyaient pas les dessins cachés et que je devais leur montrer. C'était là, mais moi seule pouvait les voir. C'est devenu une façon pour moi de conserver des secrets et un peu d'intimité. Je dessinais tout un tas de symboles, lesquels, une fois découverts, permettaient de lire une sorte de journal. Tous mes secrets les plus sombres,mes sentiments les plus profonds, mes expériences, étaient cachés à l'intérieur de ces dessins. Ils sont devenus mon journal intime et je pouvais les laisser en évidence sans que mes parents, ou mes frères puissent y comprendre quoi que ce soit. A l'époque, je travaillais sur une seule et même page pendant des mois. Il ne s'agissait pas de terminer une œuvre, mais de me perdre, et j'ai appris à résoudre mes problèmes de cette façon.Mes dessins pouvaient éloigner la souffrance, de la même manière que l'écriture pour certains. C'était en somme des symboles et des histoires emballés dans les lignes et les motifs.Je ne voulais pas que le dessin soit terminé parce que ce n'était pas tout, j'avais encore des expériences à raconter et à des choses à faire sortir. Je détestais que la page soit remplie et que je sois obligée de recommencer sur une autre.Je les emportais partout où j'allais, je les utilisais pour mettre une barrière entre moi et le monde. Au lycée, c'est dans la classe de dessin que je passais le plus clair de mon temps libre. J'y prenais mon repas, j'y restais aux pauses, et j'ai eu la bénédiction de tomber sur un professeurincroyable qui m'a encouragé à explorer le style que j'étais en train de créer. C'était mon endroit, je n'aimais pas le sport ou les clubs, et comme la plupart des artistes j'étais un peu une sorte d'individu à part – la fille bizarre qui vit dans son monde.

Et comment es-tu devenue artiste professionnelle ?

Je n'avais jamais pensé gagner ma vie grâce à mes créations. Je les réalisais parce qu'il fallait que j'échappe à la réalité, pour réfléchir à ma vie, c'était ma forme de méditation. Ce qui m'a motivé pour en faire mon activité principale a sans doute été l'état désastreux de mes finances. J'avais une boutique d'artisanat importé pendant quelques années et j'ai décidé de fermer le magasin pour vendre les objets sur Internet, sur mon site web et les magasins online dont je me servait pour continuer mon business pendant les rigoureux mois d' hiver dans le Vermont. Alors que j'attendais que mon container d'objets artisanaux arrive de Bali, je me suis retrouvé sans rien à vendre et aucun moyen de gagner ma vie. Le container ne devait arriver que trois mois plus tard et c'était vraiment problématique. Comme la situation était assez déprimante, j'ai commencé à peindre plus souvent , puisque c'était mon échappatoire privilégié. J'ai alors commencé à observer le marché artistique online, et j'ai remarqué que, comme pour la vente d'artisanat sur le web, les artistes réussissaient vraiment très bien à vendre leurs œuvres. Afin de réaliser un test, j'ai créé quelques petites œuvres peintes sur papier 10cm par 15 et elles se sont vendues tout de suite.Je suis passé à la toile et j'ai commencé à créer des œuvres plus grandes – elles se sont vendues aussi. Lorsque le container est finalement arrivé, je payais déjà mes factures grâce à mon art. J'ai fait ça pendant environ un an et et j'ai vendu des centaines d'œuvres sur internet avant même que je montre quoi que ce soit en public. Dans ma ville, le bruit s'est répandu comme quoi j'avais fermé ma boutique d'import d'artisanat et que j'avais commencé à vivre de mon art. Une boutique locale a accueilli une de mes expositions en 2005 et je me suis bien éclaté en parlant de mes œuvres en public. Après quelques semaines d'expo, une galerie locale m'a contacté pour me proposer de me représenter lorsque mon expo dans la boutique serait fini. Ces trois dernières années ma carrière artistique a décollé. Je suis à présent représenté par 8 galeries différentes qui m'ont repéré on ne sait comment et la liste continue de s'allonger. Je continue à exposer sur le net et à vendre sur mon site web, ainsi que dans quelques galeries virtuelles. J'ai appris que lorsqu'une porte se ferme, une autre s'ouvre. J'ai appris également que les choses se passent EXACTEMENT de la façon dont elles doivent arriver. De plusieurs points de vue, c'est une bénédiction que les événements aient tourné de cette façon. C'était le défi à relever au départ, séparer le processus créatif du redouté mais nécessaire aspect commercial. Avec le temps, j'ai appris à séparer les deux. Heureusement, j'ai conservé la joie que procure la création, même si à présent je compte aussi là dessus pour survivre.

D'accord, alors, le plus brièvement possible, qu'est-ce que tu essaies d'atteindre par l'art?

Mon espoir, c'est que mes œuvres incitent les gens à penser, sentir et regarder vers l'intérieur d'eux-mêmes. Qu'ils établissent un lien entre leur vie, leur propre expérience, et les symboles que j'ai créé, et j'espère aussi qu'ils aient le sentiment que la peinture leur adresse la parole personnellement. Pour chaque peinture que je crée, j'ai confiance en l'univers pour qu'il connecte l'œuvre à la personne qui a besoin de ressentir ou d'entendre son message.

Est-ce bien raisonnable d'être artiste ?

Raisonnable ou pas, c'est tout ce que je connais. Je n'en ai fait ma profession que ces dernières années dans des circonstances particulières. Je n'ai jamais créé en me disant que ce pourrait être une carrière. Je l'ai fait car il le fallait, c'était mon refuge hors du monde, et le moyen pour moi de gérer mes problèmes, le stress, l'anxiété et c'était aussi une façon pour moi de comprendre mon subconscient.Les artistes ne devraient juste être sincères, avec les autres et eux-mêmes, et faire ce qui nourrit leur âme. L'énergie que l'on crée en procédant ainsi infuse la peinture et bénit chaque personne qui la regarde. Peignez avec l'esprit clair, lumineux et ouvert et faites passer.

Quels autres artistes vivants admies-tu ? Et peux-tu expliquer pourquoi ?

Étrangement, mes artistes favoris en ce moment sont ceux qui tendent le plus vers la simplicité. Les peintures où j'aime poser les yeux sont des œuvres calmes et sereines. J'aime la couleur et les œuvres très travaillées mais puisque c'est le type de peinture qui m'entoure au quotidien, les peintures que j'accrocherais chez moi doivent être reposante pour les yeux et dégager une énergie tranquille. Récemment je me suis mis a apprécier les BELLES peintures. Ce que je décris est à l'opposé de ce que je crée et suis capable de créer. J'ai beau essayer de mon mieux , je n'arrive pas à produire des peintures calmes et belles. Je suis obsessionnelle de nature et pour moi, laisser un visage ou un monde qui est si évidemment présent signifierait que je ne reconnais pas son existence. Je DOIS peindre ce que je vois, ou pour moi, la peinture n'est pas terminée.

Croyez-moi j'ai essayé, mais le truc c'est que ça me travaille tellement que je cède à l'envie de dessiner ce que je vois. Ainsi, mon artiste préférée en ce moment , c'est mon assistante Shawna Cross. Elle travaille sur des grands formats à l'huile. Elle réalise des abstraits plein d'expression et l'énergie qui s'en dégage ,lorsque je me tiens debout devant ses peinture, me procure un profond sentiment de paix. Sa façon de peindre m'inspire beaucoup également. Souvent, je la trouve sur le sol en train d'écrire ( pas en train de faire des croquis, non, en train d'ECRIRE ) parfois, elle fait ça pendant toute une journée et soudain, sans prévenir, elle se lève d'un bond et attaque sa toile.Elle dit que ça l'aide à comprendre ce qu'elle peint. Pour elle, c'est une expérience symbiotique.Les secrets de ses toiles se cachent dans ses livres et c'est, comment, si tentant de vouloir lire tout ça. Bien sur, je ne me permettrais pas un tel viol mais je suis curieuse de savoir.

Laquelle de vos œuvres voudriez-vous présenter à nos lecteurs ?

C'est ma préférée, elle s'intitule «Obatala », elle rassemble en une pièce toutes les techniques mixtes que j'aime, ainsi que ma spiritualité. « Obatala » est un Orisha (divinité) qui vit dans les montagnes et représente la Sagesse, la Paix et la Pureté.

Comment aimeriez-vous que les gens voient votre travail ?

J'aimerais que les gens se disent que la peinture a été créée juste pour eux. J'adore quand les gens établissent un rapport entre leur propre vie et mes symboles et histoires. Lorsque ça arrive, on ne se sent plus tant dans une carrière égoïste , comme si je réalisais des toiles destinées à les aider à comprendre leur propre vie ou à voir leur monde différemment. J'adore aussi lorsque mes toiles suscitent la créativité chez les gens. Quelqu'un que je connais qui s'adonnait jadis aux arts et que la vie et le quotidien a interrompu, s'est remis à peindre en voyant mon travail. Je suis parfois témoin de réactions étranges et pas mal de gens pensent que je prends des drogues hallucinogènes – ce qui n'est pas le cas, pour dire vrai. C'est toi, Jeff, qui m'a fait un des commentaires les plus gratifiants que j'aie reçu. Tu m'as dit que tu sentais qu'il y avait comme un guide spirituel qui communiquait avec toi à travers la peinture. On ne peut guère attendre mieux que ça.

Et bien, c'était sincère et c'est vrai que c'est une peinture qui ne cesse de vous parler, mais revenons à nos moutons, quel environnement de travail préfères-tu ?


Quand je peins, j'aime être complètement seule. Pour que ça soit parfait, il faut qu'il fasse sombre ou nuit dehors, qu'il y ait du silence et que les téléphones soient éteints. J'ai besoin du silence pour être totalement ouvert à l'univers avec absolument aucune distraction. J'ai besoin d'être sûre que je ne devrai pas arrêter à telle heure et que personne ne va m'interrompre. Avant, je créais une atmosphère avec des bougies, de l'encens et des méditations pour éclaircir mes pensées. Je le fais toujours de temps en temps, mais pour le moment, le simple fait d'aller dans mon espace de travail me met dans l'état recherché. Pour le dessin, c'est exactement le contraire. J'aime dessiner dans le bruit, lorsqu'il fait clair, avec plein de monde autour. Je prends mes peintures à des soirées si possible et je communique avec des gens tout en dessinant assise. Si je suis seule dans le studio, je mets un film et je l'écoute en dessinant. Tout ceci est en fait destiné à me sortir de ma tête et à me distraire. Tout le truc, c'est que je ne pense pas à ce que je suis en train de faire. Dès que je commence à réfléchir à ce que je suis en train de dessiner, je n'atteins plus mon but. Mon but, c'est quoi ? De créer sans la pensée, je fais confiance à mon intuition pour me guider. Et dès que les pensées me viennent, je ne suis plus connectée. Cette connexion, c'est ce dont j'ai besoin dans ma vie. Il y en a qui la trouve dans le sport, la musique ou la danse, moi, c'est l'art. J'ai appris que si je me fies à cela, les peintures sont exactement comme elles étaient censées être. Il m'arrive de ne pas trop les aimer, mais le processus et les réponses qui en découlent sont le plus important pour moi.

Est-ce nécessaire d'avoir suivi un enseignement 'classique' ?


Bon, ça, c'est la question piège..... ça dépend de ce que vous faites. Si vous essayez de faire du réaliste photographique alors, oui, c'est sur. Dans mon cas, je pense que ça me conduirait tout droit à l'asile. Je n'ai ni la patience, ni le tempérament pour travailler comme ça. Moi, les photos, ça me va. Ça ne veut pas dire que je ne suis pas en admiration devant ceux qui peuvent faire ça avec talent mais simplement je ne sais pas faire ça. Mon premier cours de peinture à l'université était un cours de maitrise. Les étudiants avaient tous déjà fait quatre ans de peinture et moi, j'avais pris ça en cours supplémentaire, je ne sais même pas si j'ai validé quelque chose, enfin bref, mais comme j'étais en retard aux inscriptions, le cours de peinture débutant était déjà complet. J'ai apporté mon book au prof et je lui ai demandé si je pouvais me joindre à sa classe. J'ai bien aimé, parce qu'on ne se voyait qu'une fois par mois et en fait, on pouvait faire exactement ce qu'on voulait. On pouvait utiliser l'atelier si on voulait ( ce que j'ai évité – j'aime travailler seule) et ensuite on se réunissait et on critiquait nos travaux. Bon, rapidement, j'étais devenu le sujet de plaisanterie de la classe, parce qu'avec absolument aucune formation en peinture, mon travail semblait être celui d'un enfant, comparé aux autres étudiants. Le dernier jour, le prof m'a pris à part et m'a suggéré d'arrêter les cours d'arts plastiques. Il m'a dit que mon travail deviendrait académique et qu'il finirait par ressembler à ce que tout le monde fait. C'est la première fois que j'ai entendu le terme de 'Outsider Art'. Il m'a conseillé de me renseigner. Ce que j'ai fait, et je pensais que j'avais trouvé ma tribu. Après de plus amples recherches, j'ai découvert que je ne pouvais pas m'identifier à cela non plus., Même si mon travail ressemblait beaucoup à celui des artistes outsiders, je n'étais pas un outsider. J'ai vécu dans des grandes villes toute ma vie, je n'ai jamais été dans une quelconque institution, et je ne raffolais pas de l'usage clinique du terme. Donc, ce n'était pas ma tribu, et j'ai décidé d'arrêter de chercher ma tribu ou une boite ou je pourrais me ranger. Tout ça, c'était parfait jusqu'à ce que je montre mon travail à d'autres. Tout le monde réclame une étiquette. C'est quelle sorte de peinture ? Avec l'aide de mon beau-père et d'internet, je me suis trouvé une étiquette : Art Visionnaire. Après avoir lu l'essai de Alex Grey où il explique ce qu'est l'art visionnaire, j'ai senti comme une case qui m'entourait. Mon procédé de peinture est tout à fait en phase avec l'art visionnaire. Utiliser l'énergie divine pour me guider dans mon travail. C'est un processus spirituel par lequel je débranche le monde et je me connecte au monde spirituel. Des mondes surréalistes avec un procédé visionnaire, j'ai donc maintenant l'étiquette Artiste Visionnaire Surréaliste.

A quoi travaille tu en ce moment, est-ce que tu as des projets ?


Et bien, là, je travaille à répondre à tes questions, auxquelles j'ai mis bien longtemps à répondre et je présente mes excuses pour ma procrastination. Aujourd'hui, c'est une journée 'hémisphère gauche' – emails, envoi de colis, impression de reproductions, etc.... C'est considéré comme un jour de travail. Demain je pourrai jouer et peindre et dessiner. J'ai des peintures en route, sur toile et sur bois. Je travaille aussi à des sculptures dans différentes matières parmi lesquelles le bois flotté, l'argile et d'autres choses encore. Il y a aussi un projet que je ne finirai peut-être jamais mais le procédé m'amuse et je ne suis pas du tout pressée de le voir terminé.

Et bien merci beaucoup pour cette interview passionnante, n'oubliez pas d'aller visiter son site www.ccambrea.com , découvrez l'étendue de son talent, quant à nous on se retrouve bientôt pour de nouvelles aventures artistico-élucubratives.

mardi 8 juillet 2008

Steve en famille d'accueil : ça devait arriver

Il y a des jours radieux  qui font oublier le vent tonitruant et les trombes d'eau du mois de Juillet qui résonnent sur le tuiles de mon toit, juste au dessus de ma tête quand je peins puisque je suis dans des combles, enfin , anciens combles, ce qui signifie que c'est un véritable concours de djembé lorsqu'il pleut, qu'il grêle, ça donne une ambiance de panique et d'insécurité que j'aime assez bien finalement, et lorsque le soleil se pointe, c'est la fournaise et le ventilateur s'époumone à sécher les gouttes qui me glissent le long du dos, le bonheur quoi. Donc aujourd'hui, notre cher Steve, même s'il a été méchant par le passé a promis de bien se tenir chez son nouveau papa collectionneur, je ralais l'autre jour à propos du désert sur eBay en ce mois de Juillet et en fait j'ai quand même déniché des acheteurs, que je remercie de tout cœur. Amis de l'art, nous avons besoin de vous pour faire la nique à un monde qui, si on le laisse faire sans y mettre un peu de fantaisie, va glisser vers le gris, ou l'informe et vers tous les mauvais goûts qui en plus ne sont vraiment le mauvais goût de personne mais d'une moyenne statistique du je m'en foutisme, du ça ira comme ça, donc merci à tous ceux qui encouragent les artistes vivants, et par vivants j'entends ceux qui ne sont pas morts, et je crois qu'il est important de le préciser, car je pense que parfois la nuance n'est pas bien définie, donc voilà pour Steve.

Du coup, me voilà ragaillardi, vous voyez ce que vous faites en achetant de l'art, vous vous procurez du bonheur et moi, je transforme cette joie en énergie et bonne humeur, ce qui me permets de remettre de l'énergie - si chère aujourd'hui- dans le cycle, je suis inspiré et j'ai envie de bien faire, un peu comme tout créateur, qui a besoin de rencontrer son public, d'être un tout petit peu reconnu, parce qu'il se décourage dans le cas contraire et...sans création, on serait toujours avec les bonnes vieilles méthodes qui marchent bien comme ça, sans même penser que même ces bonnes vieilles méthodes ont été des créations à une époque, il s'agit tout simplement alors de ne pas saper le courage de ceux qui veulent que la civilisation avance et deviennent belle et clinquante et étonnante et harmonieuse, joyeuse et tolérante. Rien que ça.

Et donc , posé au milieu des jouets de ma fille Fanny, le tableau pas terminé que je vous présente en début de billet a bien avancé et encore, merci, car c'est grâce à votre soutien à tous que j'essaie de progresser, et si chacun y met un peu du sien ......

Et la peinture dans tout ça?

Ça va grave !!

jeudi 26 juin 2008

A la Rencontre de Virgile Debar

vdebar.pdf (ENGLISH VERSION )

Le monde est empli d'images de toutes sortes et parmi celles-ci, il y a celles qu'on a pas choisi, qui sont destinées à être produites en série pour nous envahir et nous pousser à la consommation. Ce sont ces images -là que Virgile Debar a décidé de déchirer, remodeler, recomposer afin de leur apporter sa touche très personnelle. Les personnages qu'il représente sont libérés, se sont libéré,on sent chez ce peintre une grande énergie, à la fois musicale, impertinente et pleine d'humour. Mais son travail va plus loin, puisque son inspiration vient d'un questionnement artistique et spirituel, Virgile Debar est en perpétuelle recherche, en perpétuelle aventure. Je le reçois aujourd'hui pour vous permettre de découvrir son travail et sa démarche originale.

Quand et Comment avez-vous commencé à peindre, dessiner, sculpter etc?

J’ai commencé très jeune comme tous les gamins je regardais des dessins animés et j’ai commencé à vouloir reproduire ou simplement inventer des histoires en dessin.

Qu'est-ce qui ou qui a motivé votre décision d'en faire votre principale activité ?

Quand j’étais a l’école, je m'ennuyais, je n’aimais pas trop les matières qu’on m’enseignait
Par exemple en français, je devais lire des bouquins qui m'ennuyaient, enfin disons que c’est plutôt les profs qui m'ennuyaient parce que par la suite j’ai lu mais de mon propre gré. Enfin bref j’aimais pas l’école, à part les arts plastiques ou je sentais qu’il pouvait avoir une grande liberté malgré un sujet imposé et comme je me débrouillais bien et que j’étonnais mes camarades et mes profs j’ai continué. Et puis je pense que j’avais beaucoup de chose à dire et que c’était un bon moyen de le faire. Mais je ne savais pas que la peinture pouvait devenir une activité, c’est venu petit à petit.

Le plus brièvement possible, comment décrivez vous ce vous faites (ou essayez de faire) ?

Ça va être compliqué de le faire le plus brièvement.
Mon travail interroge et met en dialogue l’image à grand tirage (publicitaire dans un objectif de consommation) et une écriture personnelle, en l’occurrence ma peinture
J’essaye de faire des images qui ne sont pas communes, car je sais que l’histoire de la peinture existe depuis des millénaires. Par exemple quand je traite le nu, je ne pense pas retomber dans les clichées d’un art désuet, je pense apporter une nouveauté, je ne pense pas être un suiveur pour répondre à certains qui pensent que la peinture n’a plus grand-chose à dire.

Quelle est la place d'un artiste dans la société d'aujourd'hui à votre avis ?

Je ne sais pas trop et pour être franc je m’en moque un peu, j’essaye seulement de me battre du mieux que je peux pour vivre de ma peinture.

Être un artiste est-ce bien sérieux ?

Être Président de la République est-ce bien sérieux ?

Quels autres artistes vivants aimez vous ? Pouvez vous commenter votre choix?

Dans les artistes que je vais citer se sont aussi bien des peintres, que des musiciens ou auteurs de B.D., ou encore écrivains et en plus certains sont morts ou séparés. J’aime bien Jörg Hermle, Robert Crumb, Jean Rustin, Julie Doucet, Nicolas De Crécy, Les Sherrif, Hans Bellmer, Led zeppelin, Iggy Pop, le Velvet Underground, Nirvana, Basquiat, White stripes, les Beruriers Noirs, les Melvins, Zabriskie point, William Burroughs, Rimbaud, Baudelaire ….tous ces gens ont plus ou moins influencé mon travail quand ils m’ont pas rendu sourd à force d’écouter à fond leur musique. (Rires)

Je vous ai demandé de choisir un artiste et l'une de ses oeuvres pour présenter à nos lecteurs ...

J’ai choisi une œuvre de Rustin  qui se nomme femme nue debout, les mains écartées. Parce que c’est un grand peintre qui n’est pas apprécié à sa juste valeur comme par exemple peut l’ être Bacon ; Peut être que ça ne se voit pas au premier coup d’œil mais son travail au delà du fait qu’il m’impressionne m’ a vraiment inspiré

Comment aimeriez vous que l'on regarde vos oeuvres ? Quelle réaction vous a le plus marqué ?

Je n’ai pas a dire comment on doit voir mes œuvres .Dans mes rêves j’espère qu’elle apporte autant d’énergie qu’un bon groupe de musique, vous savez ce genre de groupe qui vous donnent des frissons ou vous font sauter au plafond .Parce que moi, personnellement je n’ai jamais croisé d’œuvre qui m’ait fait cette effet

Dans quel environnement aimez vous travailler ?

Avec des femmes nues (mort de rire)

Est-ce que le fait d'avoir une formation académique est nécessaire ?

Pas vraiment, je pense que ça dépend de ta personnalité, je pense que ce n’est pas un diplôme qui fait de toi un artiste, ça ne fonctionne pas comme un diplôme d’électricien par exemple, J’ai fait un bref passage aux Beaux Arts mais je ne me sentais pas vraiment à l’aise, d’ailleurs dès qu’il y a le mot école, je ne me sens pas vraiment à l’aise. Mais ce qui est bien dans une école d’art, c’est que tu peux profiter des ateliers et éventuellement faire des rencontres.

Laquelle de vos oeuvres avez-vous envie de partager avec nos lecteurs ?

      

Laquelle de vos oeuvres avez-vous envie de partager avec nos lecteurs ?

J’ai choisi Californienne Perspective. Bien que je souhaiterais ne pas trop dévoiler la signification de ce tableau, je vais quand même le faire. On peut percevoir ce tableau comme une fille ouverte sexuellement, non pas comme un objet sexuel mais comme une fille qui assume sa sexualité et avec qui on va passer un bon moment, c’est une Super Woman, le S sur son slip l’indique, ça fait aussi référence à l’origine du monde.

On peut aussi la voir comme une sorte de passage vers le paradis ou l’enfer elle porte une guitare sur le dos comme on peut porter sa croix, elle décidera de si tu atteindra les étoiles ou pas. Ma peinture est bien plus spirituelle et critique qu’on peut le croire .Voila, je n’en dirai pas plus … les gens peuvent y voir ce qu’ils veulent.


Sur quoi travaillez vous en ce moment ? Avez vous des projets ?

Je travaille ma peinture, j’ai des projets d’expos et j’espère pouvoir ne plus me consacrer qu’à cela

Avez vous un message à faire passer aux lecteurs (nombreux on l'espère ) de ce blog ?

Non ! Qu’ils comprennent comme bon leur semble mon travail

Et il me reste à remercier Virgile Debar d'avoir accepté de répondre à mes questions, je vous encourage à découvrir le reste de son travail sur le site de la galerie Serrano

Je vous retrouve un peu plus tard pour d'autres nouvelles nouvelles du front de l'est