Jeff Roland Outsider Art

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Tag - Cristine Cambrea

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jeudi 20 novembre 2008

A la Rencontre de Chrystèle Saint-Amaux

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J'ai fait la connaissance de Chrystèle Saint-Amaux en voguant sur les mers de l'imaginaire, c'est là qu'on peut la trouver. Dans ses univers, tout semble là pour vous accueillir, vous réconforter : les personnages naïfs qui s'amusent entre eux, les couleurs , si harmonieuses et apaisantes, c'est l'univers d'un rêve. Mais ne vous y trompez pas, lorsqu'on se penche sur les détails, on voit apparaître mille surprises, les fonds eux-mêmes sont autant d'univers parallèles. Il y a un coté Petit Prince dans son œuvre, sauf que le petit prince serait ici nourri de couleurs, pétri de références artistiques et de sens esthétique. Assurément, c'est bien de talent qu'on parle ici, celui de nous entraîner précisément là où elle veut qu'on se rende : vers l'insouciance des rêveries enfantines. Mais accueillons plutôt l'artiste ...

Quand et Comment avez-vous commencé à peindre, dessiner, sculpter etc?

J’ai toujours tenu un crayon, du plus loin que je me souvienne en tout cas. Cette activité ne m’a jamais quittée, comme un compagnon fidèle ! Mes premiers cours de dessin ont été pris vers l’âge de 8 ou 9 ans à Douala au Cameroun où ma petite enfance s’est déroulée. Parallèlement à l’expression par le dessin, je suis aussi absolument fascinée par l’image. J’ai passé des heures à feuilleter les mêmes livres illustrés dont je garde énormément de flash en tête aujourd’hui encore. Petite fille, on m’a rapporté, que j’avais découpé dans une grosse encyclopédie un magnifique papillon. Je me suis souvenue qu’il était bleu récemment ! Une belle bêtise à l’époque ! Je me sert du dessin et des images pour exprimer mes sentiments et surmonter mon tempérament un peu angoissé. Je suis un peu touche à tout et le dessin a évolué en aquarelle, puis en collage, puis en acrylique et je prends aussi souvent des chemins détournés en créant des colliers ou d’autres oeuvres à base de couture... Une maman passionnée, en son temps, de patchwork, un papa bricoleur de génie et accumulateur, un papy un peu artiste au fond doivent être la cause de ce besoin incroyable d’exister en créant, en donnant vie à de nouvelles choses encore et encore !?

Qu'est-ce qui ou qui a motivé votre décision d'en faire votre principale activité ?

Tout d’abord, ça n’est pas vraiment mon activité principale aujourd’hui et je le déplore car mon but est de pouvoir en vivre. Concernant la décision d’en faire une partie intégrante de ma vie, là, c’est un peu long à expliquer ! Je n’exprime mon art et n’en suis fière vraiment que depuis peu de temps en fait (2006). Cette capacité à montrer mes travaux m’est venue et finalement devenue nécessaire grâce à la combinaison de deux facteurs qui ont permis à ma vie de changer totalement :

      - d’une part la fin d’un travail d’introspection entreprit suite à de fortes crises d’angoisse incontrôlables et invivables... Je ne m’autorisais pas à être ce que je suis au fond, je n’acceptais pas d’être constamment en quête de créativité, je n’assumais pas mon addiction profonde pour la création.

      - d’autre part les encouragements et le soutien de mes proches, famille ou amis, qui ont cru en moi et poussé à exprimer mon travail un peu singulier en dehors des murs de ma maison.

Petit à petit la confiance en soi naît et j’avoue qu’aujourd’hui mon univers me permet d’exister et de m’épanouir harmonieusement.

Le plus brièvement possible, comment décrivez vous ce vous faites ( ou essayez de faire) ?

J’essaie de transmettre ce que je ressens ou l’idéal auquel j’aspire en ne quittant jamais des yeux l’enfant que j’ai été. Je veux pouvoir offrir à tout ceux qui découvrent ma peinture l’INSOUCIANCE et la SPONTANEITE, ma quête, cette capacité extraordinaire à n’être pas toujours conscient de la réalité qui nous entoure : comme celle des enfants souvent. C’est d’ailleurs les dessins d’enfants avant 5ans qui m’inspirent le plus et dont j’essaie de retrouver les tracés maladroits. Bien que remplis de déséquilibres, de maladresses, d’incongruités et d’associations de couleurs improbables, les dessins d’enfants sont toujours harmonieux.

Quelle est la place d'un artiste dans la société d'aujourd'hui à votre avis ?

Je crois que les artistes d’aujourd’hui comme ceux de toujours d’ailleurs sont des miroirs, des gardes-fous, des alertes, des témoins, des provocateurs... bref, les artistes sont le reflet d’une époque et à mon sens apportent à chaque fois du renouveau. Ils sont des empêcheurs de tourner en rond et évitent à autrui de devenir comme un poisson rouge dans son bocal !

Être un artiste est-ce bien sérieux ?

Justement, cette question a longtemps été mon gros problème ! Ce qui est sûr c’est qu’il faut être artiste ou tenter de l’être lorsque le besoin est là. Pour être plus terre-à-terre, j’ai tendance à dire que ‘Oui’, c’est très sérieux. Surtout lorsque l’on voit l’énergie qu’il faut avoir pour développer son travail... recherches d’expo, de galeries, accrochages et décrochages, vernissages, présence web... outre l’aspect créatif qui est pourtant le propre de l’artiste, il doit également être comme un véritable entrepreneur et se battre pour exister !

Quels autres artistes vivants aimez vous ? Pouvez vous commenter votre choix?

Paradoxalement les peintres que je retiens et qui me fascinent totalement sont viennois tous les deux et plus là malheureusement. Le premier est Gustav Klimt, incroyablement moderne pour son temps : ce qui me plait dans sa peinture est le mélange des portraits traités de façon très impressionniste à mon sens et les détails décoratifs de ses œuvres, toujours très graphiques avec des formes et des couleurs vraiment actuels. Ce qui m’impressionne chez lui, outre l’association magnifique des couleurs notamment des ors, ce sont les thèmes de sa peinture et sa capacité à représenter les liens entre naissance et mort, entre mère et enfant... Le second est Hundertwasser, un contemporain pour ainsi dire car il est mort en 2000. Lui-même influencé par Klimt me semble t-il, sa peinture ressemble à ce que je veux faire passer, elle est insouciante, les traits et les couleurs sont enfantins… Il y a un pont entre son travail et ce que je cherche à transmettre à travers le mien.

Une contemporaine qui me fascine vraiment et que j’ai découverte à travers les interviews de votre blog, Cristine Cambrea. Très impressionnante dans sa façon de travailler et de parler de son art. Très belle découverte pour moi avec ce côté un peu hallucinatoire. Merci Jeff.

       

Comment aimeriez vous que l'on regarde vos œuvres ? Quelle réaction vous a le plus marqué ?

J’aime voir les gens regarder mon travail, l’observer de prés, prendre leur temps pour tout distinguer ; mes œuvres sont souvent remplies de détails que l’on découvre au fur et à mesure que l’on observe le tableau notamment par l’apport des collages qui constituent souvent mes fonds. J’aime que l’on regarde un de mes tableaux et que cette découverte amène un sourire, une gaieté ou une nostalgie. Mon pari est réussi lorsque cela arrive car je sais alors que j’ai touché en offrant ce petit moment de bonheur insouciant et spontané.

Quant aux réactions, elles sont le plus souvent positives mais deux personnes m’ont vraiment surprise. La première fut une réaction très expressive, très volubile, me disant que le bonheur et la joie de vivre lui explosaient à la figure à travers l’oeuvre ! C’est fort quand même ?! On aurait dit un vrai coup de foudre entre elle et l’oeuvre, comme une attirance irrépressible. La seconde réaction que j’ai rencontrée fut celle des larmes, très touchante car très touchée par mon travail, cette personne fut émue à ce point. C’est un souvenir ineffaçable.

 Dans quel environnement aimez vous travailler ?

J’aime, le plus souvent, être accompagnée par la télé, la radio, les enfants qui vivent leur vie à côté en jetant un oeil de temps en temps et en m’aidant de leurs avis. Mais la solitude peut m’aider à travailler sur des œuvres de grandes tailles, plus difficiles à produire pour moi car j’aime le détail et les petites choses. L’inspiration est une chose vraiment spéciale et mon besoin d’être seule ou accompagnée dépend vraiment d’elle.

 Est-ce que le fait d'avoir une formation académique est nécessaire ?

Tout dépend de l’art que l’on exerce ! Mais je dirai plutôt ‘non’, étant parfaitement autodidacte moi-même. Le besoin de création est parfois si fort que la compétence ou l’apprentissage de techniques n’est plus vraiment la chose essentielle.

Pouvez vous commenter l'œuvre que vous avez choisi ?


C’est une de mes œuvres les plus récentes. Mon travail oscille entre des aquarelles simples sur papier de coton et des collages plus denses. Ici, il s’agit de techniques mixtes sur collage, le tout sur toile. Cette œuvre s’intitule “Le Pêcheur d'enfants” (80x80cm), caché en tout petit, en haut à droite dans les cieux. Personnage discret mais pourtant bien là. Bien que le titre soit effrayant (on me l’a fait remarquer), j’ai tenu à le conserver car il évoque le monde des contes de notre enfance comme Barbe Bleue ou Le Petit Chaperon Rouge... des histoires terrifiantes mais constructrices pour grandir... et puis, le monde dans lequel on vit, nous délivre, avec l’omniprésence médiatique, tout plein d’histoires  horribles et cruelles autour des enfants (aujourd’hui encore). Une œuvre traitée comme un contre sens à mon message de fond habituel, l’insouciance.

Sur quoi travaillez vous en ce moment ? Avez vous des projets ?

Je poursuis mon chemin de la création en m’attaquant à de grands formats et en variant les plaisirs en bricolant tout plein de trucs différents. Ma maison est mon cocon et j’avoue que je suis un peu bricol’woman ! ...quant le temps me le permet !

Vous pouvez bien entendu venir voir mon travail sur mon site  www.latelierdezebulon.com

                                                      

    Avez vous un message à faire passer aux lecteurs (nombreux on l'espère ) de ce blog ?

Oui, celui d’aller de l’avant, de toujours chercher dans tout, la petite étincelle qui brille et réchauffe. Mon message est celui du positivisme coûte que coûte. Mon message est celui de s’autoriser à vivre nos envies même si elles sont loin des conventions. Mon message : existez en donnant le meilleur de vous-même.

jeudi 4 septembre 2008

Experimentations Chaotiques

Voilà, alors, d'abord, non, pas encore d'interview aujourd'hui, j'attends que vous ayez bien digéré celui de Cristine Cambrea, jusqu'à le connaitre par coeur, je ferai une interrogation orale dans la semaine... Non, non, non, comme dit ma fille, le stade du Non, stade vital, mais pour en revenir à ce pourquoi j'ouvrais ce billet, il faut revenir un peu en arrière dans la genèse de ce blog, avec souvenez-vous, notre Jean-Claude et ses amis, toile que j'avais fait évoluer en direct en suivant le chaos du début et en cherchant à l'harmoniser, bien..., donc de fil en aiguille j'en suis venu à expérimenter d'autres formes chaotiques de départ, un peu à revers de mon style habituel, en tentant de m'imposer une contrainte supplémentaire : limiter les touches pour délimiter des formes harmonieuses et/ou 'harmonisantes', et limiter le peuplement de personnage des tableaux, car, je sais, ce n'est pas la peine de me le signaler, j'en suis à deux-mille kilomètres, mais mon idéal en termes de peinture se situe plutôt vers la Hollande ancienne, et pour tout vous dire, plutôt du côté de Bois-le Duc, ou Hertogenbosch, ville de, et oui vous avez gagné, Jerome Bosch, si vous ne voyez pas qui c'est, interrompez immédiatement la lecture de ce billet pour vous rendre en haut de votre écran dans la case Google, et tapez Jerome, ou Hyeronymus Bosch, faites un petit tour sur les excellents sites que vous proposera le moteur de recherche qui est votre ami, ou plutôt votre famille parce que les amis on peut les choisir, bref, observez, regardez, puis pour faire au plus vite ensuite, rendez-vous au Prado ( même remarque, si là, ça ne vous dit rien, alors regoogle, allez hop) ou tout au fond dans une petite salle du Palais des Doges à Venise. Non, sérieusement, c'est extrêmement fondamental, si je puis dire , de voir ça, regardez bien à quelle période il a vécu et interrogez-vous sur le surréalisme du 20eme. Bref, on va me dire, mais pour qui qui qu'il se prend suilà, oulala au secours, non, mais simplement, nombre de ses tableaux regorgent de personnages, voilà le rapport et c'est le seul on est bien d'accord, je reviens à ce que je tentais de vous dire mais vous n'arrêtiez pas de vous interrompre avec google ceci ou google cela, faites gaffe, il y a accoutumance, on commence à s'intéresser à un truc et bing, un deuxième truc, on finit par plus regarder la télé, c'est hyper dangereux, enfin je vous aurai prévenu. Donc, là, trois études de domestication du chaos, d'abord, il y a l'allégorie du singe et de l'homme, ou l'homme est un singe qui cache sa rage et sa nature tout au fond de lui-même à ses risques et périls, intitulée "Masters and Servants", puis une étude sur l'afflux de chaos coloré dompté par l'amour, ou " Love Bouquet", et enfin un hommage à deux grands chaoticiens, de l'époque pré-chaotique, titrée " Jean-Michel et Pablo", vous noterez au passage mon affection toute particulière pour les prénoms composés, en particulier les Jean-Quelquechose, étant moi-même membre de l'honorable société des Jean-quelquechose. Voilà, vous n'avez plus qu'à regarder tout ça, et comme d'habitude, n'est-ce pas, laissez moi vos impressions et réflexions, ou gardez les pour vous mais please please please, ne restez pas indifférents, n'importe quelle chanson de variété prise au hasard vous expliquera mieux que moi que l'indifférence, c'est mal, et que l'amour c'est bien. Un bien beau titre pour une prochaine toile, tiens, l'amour, c'est bien....

Masters and Servants

2008 mixte sur bristol 20 x 15

Love Bouquet

2008 mixte sur panneau 27 x 19

Jean-Michel et Pablo

2008 mixte sur bristol 20 x 15

vendredi 29 août 2008

A la Rencontre de Cristine Cambrea

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Je suis plus que ravi d'accueillir Cristine Cambrea sur ce blog, sa peinture fait partie de celles qui m'ont fortement motivé et inspiré, son originalité est totale, il vous suffit de laisser votre âme dériver le long de ses lignes courbes harmonieuses et ses couleurs changeantes, laissant les toiles vous emplir d'énergie. Cristine était l'une des artistes qui m'a encouragé à montrer mon travail , et ses commentaires sont toujours du plus grand intérêt. Avec une carrière qui décolle vraiment maintenant et de manière tout à fait méritée, elle est appréciée par de nombreux amateurs d'art.Et comme si cela ne suffisait pas, son discours est apaisant, elle est étonnante à écouter parler, parce qu'elle est d'une sincérité à toute épreuve. Vous ne serez pas déçus, je vous assure, mais si vous le voulez bien, faisons place à l'artiste :

Dis-moi, Cristine, tu peins depuis combien de temps ?

J'ai toujours adoré dessiner, d'aussi loin que je m'en souvienne. Petite fille, je passais le plus clair de mon temps à échapper à mes trois jeunes frères en me réfugiant dans ma chambre. A cette époque-là, Internet n'existait pas, et je n'ai pas grandi avec une télé dans ma chambre, ou des jeux vidéos, je n'avais que mon imagination. J'étais fascinée par M.C Esher, je crois que c'était le seul livre d'art que je possédais quand j'étais gamine.Je regardais ses dessins pendant des heures, en essayant de suivre des yeux ses énigmes visuelles, je m'amusais également à les regarder de loin puis de près, alors mes yeux percevait le dessin d'une façon puis complètement différemment, et ses dessins me fascinaient, à mes yeux, c'était de la magie. Comment est-ce qu'il pouvait dessiner quelque chose qui apparaissait différemment selon la façon dont on le regardait ? J'aimais aussi beaucoup les labyrinthes, et au lieu de tracer le chemin de sortie à l'intérieur, je cherchais le bon trajet avec les yeux ? Mes premières créations furent aussi des labyrinthes que je dessinais au crayon de papier et dans lesquels j'incorporais des mots, puis je suis passé à l'encre, ce que j'ai trouvé plus compliqué puisque je n'avais plus droit à l'erreur, une fois que l'encre était là, je ne pouvais plus gommer. Et c'est là que j'ai commencé à utiliser mes erreurs pour créer des images. Le trait n'était plus une erreur mais un nez, et en ajoutant un œil et une bouche , j'obtenais un visage. Mais si je continuais mon labyrinthe de lignes, alors le visage était caché et cet enchevêtrement de visages dissimulés et de mots se mêlait à l'ensemble. Puis j'ai commencé à dessiner des petits mondes à l'intérieur d'autres mondes, en dessinant de manière obsessionnelle sur chaque centimètre carré du papier. Pendant des années, je n'ai dessiné qu'en noir et blanc, pour aboutir à une certaine maitrise de la technique de l'encre sur papier, dans ce style-là. En gros, c'était des gribouillis évolués . Ce qui m'amusait, c'était lorsque les gens ne voyaient pas les dessins cachés et que je devais leur montrer. C'était là, mais moi seule pouvait les voir. C'est devenu une façon pour moi de conserver des secrets et un peu d'intimité. Je dessinais tout un tas de symboles, lesquels, une fois découverts, permettaient de lire une sorte de journal. Tous mes secrets les plus sombres,mes sentiments les plus profonds, mes expériences, étaient cachés à l'intérieur de ces dessins. Ils sont devenus mon journal intime et je pouvais les laisser en évidence sans que mes parents, ou mes frères puissent y comprendre quoi que ce soit. A l'époque, je travaillais sur une seule et même page pendant des mois. Il ne s'agissait pas de terminer une œuvre, mais de me perdre, et j'ai appris à résoudre mes problèmes de cette façon.Mes dessins pouvaient éloigner la souffrance, de la même manière que l'écriture pour certains. C'était en somme des symboles et des histoires emballés dans les lignes et les motifs.Je ne voulais pas que le dessin soit terminé parce que ce n'était pas tout, j'avais encore des expériences à raconter et à des choses à faire sortir. Je détestais que la page soit remplie et que je sois obligée de recommencer sur une autre.Je les emportais partout où j'allais, je les utilisais pour mettre une barrière entre moi et le monde. Au lycée, c'est dans la classe de dessin que je passais le plus clair de mon temps libre. J'y prenais mon repas, j'y restais aux pauses, et j'ai eu la bénédiction de tomber sur un professeurincroyable qui m'a encouragé à explorer le style que j'étais en train de créer. C'était mon endroit, je n'aimais pas le sport ou les clubs, et comme la plupart des artistes j'étais un peu une sorte d'individu à part – la fille bizarre qui vit dans son monde.

Et comment es-tu devenue artiste professionnelle ?

Je n'avais jamais pensé gagner ma vie grâce à mes créations. Je les réalisais parce qu'il fallait que j'échappe à la réalité, pour réfléchir à ma vie, c'était ma forme de méditation. Ce qui m'a motivé pour en faire mon activité principale a sans doute été l'état désastreux de mes finances. J'avais une boutique d'artisanat importé pendant quelques années et j'ai décidé de fermer le magasin pour vendre les objets sur Internet, sur mon site web et les magasins online dont je me servait pour continuer mon business pendant les rigoureux mois d' hiver dans le Vermont. Alors que j'attendais que mon container d'objets artisanaux arrive de Bali, je me suis retrouvé sans rien à vendre et aucun moyen de gagner ma vie. Le container ne devait arriver que trois mois plus tard et c'était vraiment problématique. Comme la situation était assez déprimante, j'ai commencé à peindre plus souvent , puisque c'était mon échappatoire privilégié. J'ai alors commencé à observer le marché artistique online, et j'ai remarqué que, comme pour la vente d'artisanat sur le web, les artistes réussissaient vraiment très bien à vendre leurs œuvres. Afin de réaliser un test, j'ai créé quelques petites œuvres peintes sur papier 10cm par 15 et elles se sont vendues tout de suite.Je suis passé à la toile et j'ai commencé à créer des œuvres plus grandes – elles se sont vendues aussi. Lorsque le container est finalement arrivé, je payais déjà mes factures grâce à mon art. J'ai fait ça pendant environ un an et et j'ai vendu des centaines d'œuvres sur internet avant même que je montre quoi que ce soit en public. Dans ma ville, le bruit s'est répandu comme quoi j'avais fermé ma boutique d'import d'artisanat et que j'avais commencé à vivre de mon art. Une boutique locale a accueilli une de mes expositions en 2005 et je me suis bien éclaté en parlant de mes œuvres en public. Après quelques semaines d'expo, une galerie locale m'a contacté pour me proposer de me représenter lorsque mon expo dans la boutique serait fini. Ces trois dernières années ma carrière artistique a décollé. Je suis à présent représenté par 8 galeries différentes qui m'ont repéré on ne sait comment et la liste continue de s'allonger. Je continue à exposer sur le net et à vendre sur mon site web, ainsi que dans quelques galeries virtuelles. J'ai appris que lorsqu'une porte se ferme, une autre s'ouvre. J'ai appris également que les choses se passent EXACTEMENT de la façon dont elles doivent arriver. De plusieurs points de vue, c'est une bénédiction que les événements aient tourné de cette façon. C'était le défi à relever au départ, séparer le processus créatif du redouté mais nécessaire aspect commercial. Avec le temps, j'ai appris à séparer les deux. Heureusement, j'ai conservé la joie que procure la création, même si à présent je compte aussi là dessus pour survivre.

D'accord, alors, le plus brièvement possible, qu'est-ce que tu essaies d'atteindre par l'art?

Mon espoir, c'est que mes œuvres incitent les gens à penser, sentir et regarder vers l'intérieur d'eux-mêmes. Qu'ils établissent un lien entre leur vie, leur propre expérience, et les symboles que j'ai créé, et j'espère aussi qu'ils aient le sentiment que la peinture leur adresse la parole personnellement. Pour chaque peinture que je crée, j'ai confiance en l'univers pour qu'il connecte l'œuvre à la personne qui a besoin de ressentir ou d'entendre son message.

Est-ce bien raisonnable d'être artiste ?

Raisonnable ou pas, c'est tout ce que je connais. Je n'en ai fait ma profession que ces dernières années dans des circonstances particulières. Je n'ai jamais créé en me disant que ce pourrait être une carrière. Je l'ai fait car il le fallait, c'était mon refuge hors du monde, et le moyen pour moi de gérer mes problèmes, le stress, l'anxiété et c'était aussi une façon pour moi de comprendre mon subconscient.Les artistes ne devraient juste être sincères, avec les autres et eux-mêmes, et faire ce qui nourrit leur âme. L'énergie que l'on crée en procédant ainsi infuse la peinture et bénit chaque personne qui la regarde. Peignez avec l'esprit clair, lumineux et ouvert et faites passer.

Quels autres artistes vivants admies-tu ? Et peux-tu expliquer pourquoi ?

Étrangement, mes artistes favoris en ce moment sont ceux qui tendent le plus vers la simplicité. Les peintures où j'aime poser les yeux sont des œuvres calmes et sereines. J'aime la couleur et les œuvres très travaillées mais puisque c'est le type de peinture qui m'entoure au quotidien, les peintures que j'accrocherais chez moi doivent être reposante pour les yeux et dégager une énergie tranquille. Récemment je me suis mis a apprécier les BELLES peintures. Ce que je décris est à l'opposé de ce que je crée et suis capable de créer. J'ai beau essayer de mon mieux , je n'arrive pas à produire des peintures calmes et belles. Je suis obsessionnelle de nature et pour moi, laisser un visage ou un monde qui est si évidemment présent signifierait que je ne reconnais pas son existence. Je DOIS peindre ce que je vois, ou pour moi, la peinture n'est pas terminée.

Croyez-moi j'ai essayé, mais le truc c'est que ça me travaille tellement que je cède à l'envie de dessiner ce que je vois. Ainsi, mon artiste préférée en ce moment , c'est mon assistante Shawna Cross. Elle travaille sur des grands formats à l'huile. Elle réalise des abstraits plein d'expression et l'énergie qui s'en dégage ,lorsque je me tiens debout devant ses peinture, me procure un profond sentiment de paix. Sa façon de peindre m'inspire beaucoup également. Souvent, je la trouve sur le sol en train d'écrire ( pas en train de faire des croquis, non, en train d'ECRIRE ) parfois, elle fait ça pendant toute une journée et soudain, sans prévenir, elle se lève d'un bond et attaque sa toile.Elle dit que ça l'aide à comprendre ce qu'elle peint. Pour elle, c'est une expérience symbiotique.Les secrets de ses toiles se cachent dans ses livres et c'est, comment, si tentant de vouloir lire tout ça. Bien sur, je ne me permettrais pas un tel viol mais je suis curieuse de savoir.

Laquelle de vos œuvres voudriez-vous présenter à nos lecteurs ?

C'est ma préférée, elle s'intitule «Obatala », elle rassemble en une pièce toutes les techniques mixtes que j'aime, ainsi que ma spiritualité. « Obatala » est un Orisha (divinité) qui vit dans les montagnes et représente la Sagesse, la Paix et la Pureté.

Comment aimeriez-vous que les gens voient votre travail ?

J'aimerais que les gens se disent que la peinture a été créée juste pour eux. J'adore quand les gens établissent un rapport entre leur propre vie et mes symboles et histoires. Lorsque ça arrive, on ne se sent plus tant dans une carrière égoïste , comme si je réalisais des toiles destinées à les aider à comprendre leur propre vie ou à voir leur monde différemment. J'adore aussi lorsque mes toiles suscitent la créativité chez les gens. Quelqu'un que je connais qui s'adonnait jadis aux arts et que la vie et le quotidien a interrompu, s'est remis à peindre en voyant mon travail. Je suis parfois témoin de réactions étranges et pas mal de gens pensent que je prends des drogues hallucinogènes – ce qui n'est pas le cas, pour dire vrai. C'est toi, Jeff, qui m'a fait un des commentaires les plus gratifiants que j'aie reçu. Tu m'as dit que tu sentais qu'il y avait comme un guide spirituel qui communiquait avec toi à travers la peinture. On ne peut guère attendre mieux que ça.

Et bien, c'était sincère et c'est vrai que c'est une peinture qui ne cesse de vous parler, mais revenons à nos moutons, quel environnement de travail préfères-tu ?


Quand je peins, j'aime être complètement seule. Pour que ça soit parfait, il faut qu'il fasse sombre ou nuit dehors, qu'il y ait du silence et que les téléphones soient éteints. J'ai besoin du silence pour être totalement ouvert à l'univers avec absolument aucune distraction. J'ai besoin d'être sûre que je ne devrai pas arrêter à telle heure et que personne ne va m'interrompre. Avant, je créais une atmosphère avec des bougies, de l'encens et des méditations pour éclaircir mes pensées. Je le fais toujours de temps en temps, mais pour le moment, le simple fait d'aller dans mon espace de travail me met dans l'état recherché. Pour le dessin, c'est exactement le contraire. J'aime dessiner dans le bruit, lorsqu'il fait clair, avec plein de monde autour. Je prends mes peintures à des soirées si possible et je communique avec des gens tout en dessinant assise. Si je suis seule dans le studio, je mets un film et je l'écoute en dessinant. Tout ceci est en fait destiné à me sortir de ma tête et à me distraire. Tout le truc, c'est que je ne pense pas à ce que je suis en train de faire. Dès que je commence à réfléchir à ce que je suis en train de dessiner, je n'atteins plus mon but. Mon but, c'est quoi ? De créer sans la pensée, je fais confiance à mon intuition pour me guider. Et dès que les pensées me viennent, je ne suis plus connectée. Cette connexion, c'est ce dont j'ai besoin dans ma vie. Il y en a qui la trouve dans le sport, la musique ou la danse, moi, c'est l'art. J'ai appris que si je me fies à cela, les peintures sont exactement comme elles étaient censées être. Il m'arrive de ne pas trop les aimer, mais le processus et les réponses qui en découlent sont le plus important pour moi.

Est-ce nécessaire d'avoir suivi un enseignement 'classique' ?


Bon, ça, c'est la question piège..... ça dépend de ce que vous faites. Si vous essayez de faire du réaliste photographique alors, oui, c'est sur. Dans mon cas, je pense que ça me conduirait tout droit à l'asile. Je n'ai ni la patience, ni le tempérament pour travailler comme ça. Moi, les photos, ça me va. Ça ne veut pas dire que je ne suis pas en admiration devant ceux qui peuvent faire ça avec talent mais simplement je ne sais pas faire ça. Mon premier cours de peinture à l'université était un cours de maitrise. Les étudiants avaient tous déjà fait quatre ans de peinture et moi, j'avais pris ça en cours supplémentaire, je ne sais même pas si j'ai validé quelque chose, enfin bref, mais comme j'étais en retard aux inscriptions, le cours de peinture débutant était déjà complet. J'ai apporté mon book au prof et je lui ai demandé si je pouvais me joindre à sa classe. J'ai bien aimé, parce qu'on ne se voyait qu'une fois par mois et en fait, on pouvait faire exactement ce qu'on voulait. On pouvait utiliser l'atelier si on voulait ( ce que j'ai évité – j'aime travailler seule) et ensuite on se réunissait et on critiquait nos travaux. Bon, rapidement, j'étais devenu le sujet de plaisanterie de la classe, parce qu'avec absolument aucune formation en peinture, mon travail semblait être celui d'un enfant, comparé aux autres étudiants. Le dernier jour, le prof m'a pris à part et m'a suggéré d'arrêter les cours d'arts plastiques. Il m'a dit que mon travail deviendrait académique et qu'il finirait par ressembler à ce que tout le monde fait. C'est la première fois que j'ai entendu le terme de 'Outsider Art'. Il m'a conseillé de me renseigner. Ce que j'ai fait, et je pensais que j'avais trouvé ma tribu. Après de plus amples recherches, j'ai découvert que je ne pouvais pas m'identifier à cela non plus., Même si mon travail ressemblait beaucoup à celui des artistes outsiders, je n'étais pas un outsider. J'ai vécu dans des grandes villes toute ma vie, je n'ai jamais été dans une quelconque institution, et je ne raffolais pas de l'usage clinique du terme. Donc, ce n'était pas ma tribu, et j'ai décidé d'arrêter de chercher ma tribu ou une boite ou je pourrais me ranger. Tout ça, c'était parfait jusqu'à ce que je montre mon travail à d'autres. Tout le monde réclame une étiquette. C'est quelle sorte de peinture ? Avec l'aide de mon beau-père et d'internet, je me suis trouvé une étiquette : Art Visionnaire. Après avoir lu l'essai de Alex Grey où il explique ce qu'est l'art visionnaire, j'ai senti comme une case qui m'entourait. Mon procédé de peinture est tout à fait en phase avec l'art visionnaire. Utiliser l'énergie divine pour me guider dans mon travail. C'est un processus spirituel par lequel je débranche le monde et je me connecte au monde spirituel. Des mondes surréalistes avec un procédé visionnaire, j'ai donc maintenant l'étiquette Artiste Visionnaire Surréaliste.

A quoi travaille tu en ce moment, est-ce que tu as des projets ?


Et bien, là, je travaille à répondre à tes questions, auxquelles j'ai mis bien longtemps à répondre et je présente mes excuses pour ma procrastination. Aujourd'hui, c'est une journée 'hémisphère gauche' – emails, envoi de colis, impression de reproductions, etc.... C'est considéré comme un jour de travail. Demain je pourrai jouer et peindre et dessiner. J'ai des peintures en route, sur toile et sur bois. Je travaille aussi à des sculptures dans différentes matières parmi lesquelles le bois flotté, l'argile et d'autres choses encore. Il y a aussi un projet que je ne finirai peut-être jamais mais le procédé m'amuse et je ne suis pas du tout pressée de le voir terminé.

Et bien merci beaucoup pour cette interview passionnante, n'oubliez pas d'aller visiter son site www.ccambrea.com , découvrez l'étendue de son talent, quant à nous on se retrouve bientôt pour de nouvelles aventures artistico-élucubratives.

mercredi 27 août 2008

Les Manigances

Alors voilà la toute dernière production, que j'ai intitulé "Les Manigances" en hommage à ces gens qui s'acharnent pour vous faire changer d'avis lorsque votre décision est prise, mais pour eux, ça n'a pas d'importance, Ils savent ce que, eux, ils veulent, et mettront tout en œuvre pour vous impressionner, vous influencer, vous caresser dans le sens du poil, vous menacer, vous amadouer, bref, vous conduire dans un état de confusion dans lequel vous serez fébrile et prêt à tout pour vous débarrasser des gêneurs, y compris remettre en cause votre décision, ils sont forts quand même, en plus, pour ne pas trop culpabiliser, vous vous direz qu'ils avaient raison et que c'était bien vous qui étiez dans l'erreur. Sinon question support, c'est une petite toile de 20 sur 20 cm, et la technique est mixte bien entendu, c'est obligatoire depuis 68.

Je n'oublie pas que j'ai des devoirs de vacances, et je suis en train de traduire pour vous la passionnante interview d'une artiste américaine de grand talent, extrêmement originale, tant par la démarche que par ses productions, des peintures qui touchent l'âme et la caresse dans le sens du poil, ou alors il y aurait manigance, non, Cristine Cambrea est sincère et ce n'est qu'une affaire d'heure avant que vous puissiez la découvrir.

Voilà, encore mille merci de votre fréquentation, et pour vos encouragements aussi. Allez on s'embrasse !

jeudi 21 août 2008

A la Rencontre de Mu

Mu interview ( englishversion ).pdf

Il est temps pour moi de vous présenter une artiste à laquelle je tiens particulièrement, et qui fait déjà partie du petit musée de l'imaginaire : il s'agit de Muriel Yapo, dite Mu. Ses toiles sont pleines d'une grâce toute en rondeur, de douces formes féminines dansantes, de couleurs pleines et envoûtantes. Une toile de Mu se reconnaît au premier coup d'œil, tant avec évidence, elle produit une œuvre personnelle et originale, en constant développement. Mais faites-vous votre propre idée en découvrant cette artiste ici, ou je la reçois afin de nous éclairer sur sa démarche et vous donner envie de vous perdre dans les univers courbes et sensuels de Mu.

Chère Mu, pouvez-vous raconter à nos lecteurs comment vous avez commencé le dessin ?

Comme tout le monde, je pense ! J’ai commencé à dessiner dès que j’ai pu prendre un crayon dans les mains et à « sculpter» dès que j’ai touché ma première pâte à modeler. Je n’ai jamais pu arrêter depuis.
Durant ma première année de maternelle j’ai même été jusqu’à tailler mon index avec un taille crayon pour voir si en sortait une mine de couleur !!! Le hurlement de l’institutrice à la vue du sang et la douleur ressentie lors de cette expérience m’ont laissé un souvenir mémorable !

Et qu'est-ce qui a motivé votre décision d'en faire votre principale activité ?

Beaucoup de paramètres ont motivés cette décision. Les principaux ont été : ma forte sensibilité que j’ai apprise à apaiser en m’exprimant artistiquement, le talent de mes parents pour tous ce qui concerne les travaux manuels, mon malaise et mon ennui à l’école et enfin La sensation de liberté que cela me procure.
Mais en tout état de cause, c’est une vocation qui est née très jeune.

Comment expliqueriez-vous votre travail, que voulez-vous faire ?

Je raconte tout simplement mon histoire. Une danse d’émotions que j’exprime par le langage des formes et des couleurs. Le destin n’a pas voulu que je puisse procréer et des douleurs physiques sont associées à cela. Optimiste de nature, j’ai décidé d’utiliser mes pinceaux comme un exutoire pour en faire ma force.

Dans le monde de  2008, quelle peut être la place de l'artiste à votre avis ?

Je pense que la place de l’artiste dans la société est proportionnelle à celle qu’il veut bien s’accorder à lui-même. D’ailleurs je suis certaine que pour chaque être humain il existe une place de choix. Il suffit de la trouver…

Mais réellement, être une artiste ,est-ce bien sérieux ?

C’est certain que si l’on décide d’être banquier, architecte, comptable ou autre, on dira nécessairement que ce sont des métiers plus « sérieux ». En fin de compte, ce sont surtout des codes bien rassurants. Le plus important, c’est d’être en accord avec soi-même en faisant dans la vie ce qui nous vient du cœur. ça, c’est très sérieux je trouve!

Quels autres artistes vivants aimez vous ?

Robert Combas par exemple. Je trouve sa peinture puissante et pleine de liberté. Ces toiles sont bien chargées, les couleurs sont bien utilisées. J’adore !
Sa peinture s’inspire de la culture populaire et j’aime particulièrement quand l’art est accessible à tout le monde.
Pour illustrer mon choix, je vous propose d'admirer «  La signature Combas devenue à moitié bleue à moitié verte. » , une acrylique sur toile de 215cm x 145cm.

Comment aimeriez vous que l'on regarde vos œuvres ?

Je suis toujours touchée lorsque mon travail suscite de l’émotion. Quelle qu’elle soit d’ailleurs. J’aime aussi que les personnes aient la liberté d’y trouver ce qu’ils veulent voir.

Quelle réaction vous a le plus marqué ?

Voir les larmes coulées de quelques uns…

Dans quel environnement aimez vous travailler ?

En y réfléchissant bien, l’endroit où je me sens le mieux pour lancer mes premières idées sur papier est tout simplement mon lit et dans le silence.
Pour le reste, je peux m’installer partout mais j’ai besoin de solitude et de lumière.
Le silence fait place à la radio qui m’accompagne ainsi que mon chien « Jazz » qui ronfle pendant ce temps-là ! Ah, c’est dur la vie de chien…

Est-ce que le fait d'avoir une formation académique est nécessaire ?

L’expression artistique fait partie de chacun de nous depuis la nuit des temps. Elle est intrinsèque à la nature humaine. Libre donc à celui qui veut s’adonner aux Arts de le faire sans filet.

Laquelle de vos œuvres avez-vous choisi de présenter à nos lecteurs ? Pouvez-vous en dire quelques mots ?

Elle s'intitule « Vers un autre jour » (60x120)

Il s’agit d’une acrylique sur toile qui date de 2005. Elle décrit par la forme et l’élan que prend cette femme ainsi que tout ce qui l’entoure ; les épreuves qu’elle a du surmonter et l’avenir qui s’annonce radieux (en haut à droite du tableau).
Justement, on peut y voir des couleurs plus claires, des soleils qui rayonnent, une main tendue vers elle, un oiseau qui vole en ombre chinoise (certains d’ailleurs y voient une tête d’éléphant).
Les corps qui s’entassent et se tordent sous le personnage principal montrent toutes les souffrances physiques et psychologiques endurées. Elle les enjambe comme si elle passait au-dessus de tout ça.
Le personnage à gauche, couleur or, représente toutes les forces positives qui l’a font avancer.
Des tous petits personnages apparaissent en haut à gauche. Ce sont les « autres » qui font dorénavant partie du passé et qui ont peut-être marqué sa vie.
Voilà, j’espère que ces quelques indices vous permettront d’éclaircir un peu la lecture de cette toile.

Sur quoi travaillez vous en ce moment ? Avez vous des projets ?

Je tente de trouver la matière idéale pour sculpter sans faire de bruit dans un petit espace. Je suis en train d’essayer plusieurs matières. Je prépare aussi une surprise sur E-bay pour septembre !

Avez vous un message à faire passer aux lecteurs (nombreux on l’espère) de ce blog ?

Et bien, n’hésitez surtout pas à m’envoyer vos commentaires via mon site mu.peintre.free.fr.

Et je vous convie, chers lecteurs et lectrices à vous précipiter vers ce site pour faire encore mieux connaissance avec Mu, que je remercie de sa disponibilité, et de sa patience, car j'ai été un peu longuet à publier cette interview, mais voilà qui est fait, et d'ailleurs dans les jours qui viennent une autre artiste sera présente sur le blog pour présenter son travail, il s'agit de Cristine Cambrea, une peintre américaine qui a ,elle aussi, un style absolument unique et réalise des tableaux aux formats surprenants. Voilà, sinon, c'est toujours pareil, j'avance petit à petit mais je n'oublierai pas non plus de parler de Bann'Art 2008, en vous invitant à me suivre vers le sommet du village où se situent les célèbres écuries. Je profite de ce moment pour remercier de tout cœur tout ceux et celles qui suivent à la fois mon travail et mes rencontres d'artistes, et je vous encourage à laisser davantage vos impressions à l'aide du lien contact, afin de mieux se connaitre et de mieux répondre aux attentes de tous et toutes. Voili voilou, en ce mois d'aout grisaillou, continuons à vivre entouré d'art sous toutes ses formes, pour être pleinement là, en vie, emplis, épanouis et joyeux. Amen. Pardon, j'étais enfant de chœur dans une autre vie , malheureusement pas à Florence, dont je vous reparlerai aussi. Allez Jeff, tais-toi et raconte carrément ou va te coucher, comme me disais ma grand-mère en faisant irruption dans ma piaule d'ado, c'est pas une heure pour faire de la musique, mais mais, y a pas d'heure pour ce qui est bon.